SOS jaguar, opération casse gueule
Titre original: Poliziotto sprint
Genre: Poliziesco
Année: 1977
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Stelvio Massi
Casting:
Maurizio Merli, Angelo Infanti, Giancarlo Sbragia, Lilli Carati, Glauco Onorato...
Aka: Highway Racer
 

L'inspecteur Palma, membre de la "Brigade Mobile", est passionné de vitesse, mais c'est une véritable tête brûlée et son imprudence va entraîner la mort de son coéquipier !

 

 

La présence du duo Maurizio Merli (acteur) / Stelvio Massi (réalisateur) pouvait laisser croire que nous étions face à l'un de ces films violent et hargneux tendance "Dirty Harry", dont les duettistes allaient se faire la spécialité (Un Flic rebelle, La Cité du crime, Il Commisserio di ferro, Un Flic explosif, Magnum Cop, Catene). Mais la vraie inspiration, cette fois, vient surtout ici du "French Connection" de Friedkin, pour le côté têtu du flic et la poursuite en voitures (qui se démultiplie dans ce Poliziotto Sprint). Merli, exceptionnellement imberbe, (sans moustache donc !) ne prétend pas exercer une quelconque justice expéditive. Laissant ses penchants réactionnaires de côté, il essaye simplement de montrer à tous sa supériorité au volant !
La première partie ne met guère en valeur le cador des policiers italiens, présenté comme un gros bourrin qui trafique le moteur de sa voiture pour avoir plus de vitesse ; une initiative qui coûtera la vie à son coéquipier et le mettra en mauvaise posture face à ses supérieurs ! Mais les exactions d'un gang utilisant des Citroën DS vont forcer sa hiérarchie à réintégrer le policier. Cependant, ce dernier devra subir un entraînement spécifique afin de pouvoir conduire une Ferrari 250 GTE, utilisée par la police dans les années 60 pour un cas similaire, et référence à la véritable "Squadra Mobile" commandée par le Maréchal Armando Spatafora, qui reçut à l'époque une série de voitures de la firme Ferrari (3 ou 5) !

 

 

L'acteur Maurizio Merli (1940-1989) sera l'une des incarnations du genre (poliziotteschi). Quelques mauvaises langues diront qu'il interprétait avec beaucoup de conviction ce rôle de commissaire parce que ses idées n'étaient pas tellement éloignées de celles de ses personnages, une symbiose tellement forte que l'acteur disparut avec le genre qui le rendit mondialement célèbre. Pourtant, sa filmographie comprend une trentaine de films dont un western atypique : "Mannaja : l'homme à la hache", mais seuls les seize polars qu'il tournera semblent avoir réellement compté.
En fin de compte, si la présence de Merli est incontournable, les véritables protagonistes du film sont Rémy Julienne et son équipe, aidés pour la logistique par la véritable "Squadra Mobile" qui fournira les diverses Alfa Romeo Giulia utilisées comme voitures de police. Le cascadeur va accomplir un travail remarquable (en démolissant quand même six véhicules de police !) et spectaculaire. A noter que Julienne travaillera sur plusieurs productions italiennes à cette époque (Blazing Magnum, L'uomo che sfidò l'organizzazione, Le Témoin à abattre, Salut les pourris...), films qui bizarrement disparaissent volontiers de certaines filmographies, alors que son travail, notamment sur Blazing Magnum / Una magnum special per Tony Saitta est des plus épatants !

 

 

Pas de coups de feu intempestifs, de viols crapuleux ou de kidnappings d'enfants dans ce polar urbain de bonne facture, techniquement réussi et spectaculaire, le film se suit sans déplaisir. Le duel entre le flic et le braqueur (on ne peut ici employer le terme de méchant, tant celui-ci est éloigné des stéréotypes du genre) est pour une fois d'un tout autre enjeu, le but n'étant pas d'envoyer le méchant en prison ou de le tuer, mais bien de le battre à la course. Lors du final entre les deux hommes, le criminel (démasqué) se présente devant le commissariat au volant de sa voiture, pas pour se livrer, mais pour chercher son adversaire dans un dernier baroud d'honneur. Et lorsque l'un des deux trouvera la mort dans un saut final mémorable (devinez qui ?), c'est avec plein de regrets, d'amertume et de respect que le survivant regardera flamber la voiture de son adversaire.
Une quête qui semble tellement imprégner les protagonistes du film que rien d'autre ne compte, comme le prouve le rôle anecdotique de Lilli Carati (L'alcove, La Prof du bahut), totalement artificiel (merde les gars, on a oublié la femme !). Rarement un poliziottesco aura donné la part belle à un tel respect mutuel entre flic et voyous. Une partie en revient à l'interprétation d'Angelo Infanti (Black Emmanuelle), impeccable dans son rôle de gentleman braqueur et driver. De son côté, entre mâchoire serrée et regard d'acier, Merli s'éloigne quelque peu de son habituel rôle – croisement improbable entre Bronson (pour la justice expéditive) et Eastwood (pour le reste) - sans tomber dans la caricature et avec un soupçon de subtilité !

 

 

The Omega Man




En rapport avec le film :

# Quand les distributeurs français s'embrouillent avec les titres, cela donne ce qui suit :

- Opération Jaguar / Italia a Mano Armata, de Marino Girolami
- SOS jaguar, opération casse gueule / Poliziotto Sprint, de Stelvio Massi
- Opération Casseur / SOS Jaguar Opération Casseur / Napoli Violenta, d'Umberto Lenzi

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