Parasite (The Dark Side of the Moon)
Titre original: The Dark Side of the Moon
Genre: Science fiction
Année: 1990
Pays d'origine: États-Unis
Casting:
Robert Sampson, Will Bledsoe, Joe Turkel, Camilla More, John Diehl, Wendy MacDonald, Alan Blumenfeld...
Aka: 2022 l'odyssée de la terreur / 666 il triangolo maledetto
 

2022, un vaisseau spatial de maintenance, en orbite autour de la Terre, subit une mystérieuse panne de courant et dérive dès lors vers le côté obscur de la Lune. À court de carburant et d'oxygène, l'équipage repère l'épave d'une vieille navette spatiale de la NASA flottant dans l'espace. Deux des hommes de l'équipage décident de l'explorer dans l'espoir de récupérer du matériel.

 

 

Voilà l'exemple type des "direct to vidéo" à petit budget qui pullulaient sur les étals des vidéoclubs dans les années 90 (*). Parmi ces innombrables productions, certaines sortaient du lot, ce qui est le cas ici. L'histoire est intéressante, les acteurs ne sont pas mauvais et, malgré un budget étriqué et l'époque à laquelle il fut tourné, les effets spéciaux tiennent la route. Comme souvent dans ce genre de productions, le casting est essentiellement composé de "faciès" connus. C'est le cas de Robert Sampson (Robot Jox, "Re-Animator"), de Joe Turkel ("Blade Runner", "The Shining"), de John Diehl ("Pearl Harbor", "Stargate") ou bien encore de Camilla More (l'une des jumelles de Vendredi 13 : Chapitre final).

 

 

Le film de D.J. Webster semble être une conjonction d'influences aussi diverses que variées. Une petite production qui trouve son inspiration dans divers aspects de la pop culture dont son titre qui est une référence au mythique huitième album de Pink Floyd. Le vecteur essentiel reste toutefois le cinéma avec des films comme "Alien, le huitième passager", Lifeforce de Tobe Hooper, "The Thing" de John Carpenter mais aussi le téléfilm "Le Triangle du Diable" (Satan's Triangle, 1975). La littérature est également convoquée et, outre le fameux et fumeux "Le Triangle des Bermudes" de Charles Berlitz, on remarque l'ombre omniprésente de Lovecraft. Bien entendu, si les proportions ne sont pas bien respectées, ce genre de recette copieuse peut s'avérer indigeste, mais si les ingrédients et influences sont phagocytées et maîtrisées, on peut a contrario obtenir quelque chose de très consommable. On peut pour l'exemple citer le script de "Alien" qui est un recyclage à peine dissimulé de "Darkstar", les deux films étant scénarisés par Dan O'Bannon. De plus, ce dernier n'a pas hésité à piocher allégrement dans diverses nouvelles et dans de vieux films de science-fiction des années cinquante dont It! The Terror from Beyond Space ! Comme le disait Antoine Lavoisier : "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme !".

 

 

Pour récapituler, le script mélange occultisme, religion et science-fiction. Une sorte de galop d'essai pour les scénaristes, les frères jumeaux Carey et Chad Hayes, qui plus tard pondront les scénarii de "Les Châtiments", "The Conjuring 1 & 2" et "The Crucifixion" (2017). À l'époque, en tout cas, leur scénario passait pour relativement novateur et les spectateurs qui s'attendaient à un clone fastidieux de "Alien", façon "Créature" ou Inseminoid, furent pris à revers par le détournement des stéréotypes en vigueur (avec notamment l'alien classique remplacé par le diable !).
Notons que le tout est agrémenté, voire rehaussé par quelques belles idées : l'ordinateur de bord est un androïde féminin aux formes ravageuses répondant au doux nom de Lesli, le Triangle des Bermudes possède un double sur la Lune, le vaisseau où se déroule l'action se situe entre les deux, le diable est banni du côté obscur de la Lune et, enfin, le vaisseau est la 666ème victime à disparaître, ce qui nous vaut un magnifique dernier plan lunaire.

 

 

Bref, cette histoire illustrant un vaisseau prisonnier entre le triangle des Bermudes et son reflet sur la Lune tient ses promesses. The Dark Side of the Moon, alias 666 il triangolo maledetto (les Italiens ont tout compris !) est certes un peu bavard par moments et peine à créer un véritable suspens, mais il réussit à distiller une atmosphère pesante. Pour ne citer qu'un détail, les lentilles de contact jaunes (idée utilisée par William Peter Blatty pour "L'Exorciste, la suite" sorti la même année) font leur effet à peu de frais. Évidemment, pour apprécier ce genre de spectacle, il convient de faire preuve d'un minimum de compréhension et d'indulgence (il serait ridicule de juger un film de 1990 à l'aune des tendances et des techniques actuelles, a fortiori pour le genre SF !). En revanche, si d'emblée vous vous sentez réfractaire au manichéisme d'un tel scénario ou si vous le trouvez désuet, inutile de perdre votre temps, passez votre chemin ! En tout bien tout honneur, j'aurais, cher lecteur, tendance à vous conseiller de vous laisser tenter par ce petit péché filmique sans prétention, vous en récolterez une certaine délectation perverse... Amen !

 

 

The Omega Man

 

 

(*)

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