Destination planète Hydra
Titre original: 2 + 5 : missione Hydra
Genre: Science fiction
Année: 1965
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Pietro Francisci
Casting:
Leonora Ruffo, Mario Novelli, Roland Lesaffre, Kirk Morris, Leontine May, Alfio Caltabiano, Nando Angelini...
 

Un berger sicilien (on le supposera, vu qu'il est armé et à cheval) voit une fusée atterrir devant lui puis s'enfoncer dans le sol. Un générique plus tard, le spectateur peut admirer les formes sculpturales de la peu connue Leontine May (Leontina Mariotta pour l'état-civil), celles encore plus sculpturales des principaux monuments de la ville de Rome, dans des séquences touristiques complètement gratuites, et un press-book des photos de tournage des films de Pietro Francisci du temps où il mettait en scène des péplums à "gros" budgets.
Le personnage de Leontine s'en va voir son papa, scientifique de haut niveau, en compagnie de son fiancé au brushing discutable, qui se trouve être aussi le second de son paternel. Tous les deux travaillent sur les particularités géologiques du sol à l'endroit du présumé atterrissage spatial. Ils vont d'ailleurs se rendre sur place en compagnie de leur fille et fiancée respective, soit la même personne si vous avez bien suivi. Boum ! re-séquence touristique mais vue du ciel, ce qui nous permet de constater que Rome est vraiment une très belle ville...

 


Alors... il y a deux façons de voir ce film : au premier degré et... Non, franchement impossible de le regarder comme ça ; d'ailleurs, il est clair que même si ce n'est pas une franche parodie (encore que) ce film est à prendre au minimum au second degré. Il est en effet évident dès les premières séquences qu'il n'a jamais été dans les intentions de Pietro Francisci de tourner un film sérieux.
Bref, c'est du bis agréable qui, comme je viens de l'écrire, ne se prend pas au sérieux, même s'il est un peu lent à démarrer. Mais dès qu'apparaît notre trio d'extraterrestres mené par la sublimement (le mot n'est pas trop fort) belle Leonora Ruffo, on a droit à un déluge scénaristique de n'importe quoi du plus bel effet, partant dans tous les sens sans jamais trouver son but, un peu comme le vaisseau (et quel vaisseau) extraterrestre du film. Le scénario est une sorte de "gloubi-boulga" de références d'à peu près tous les films SF de l'époque, qu'ils fussent américains ou soviétiques, avec même une séquence tirée directement du tchèque Ikarie XB 1. On a également droit à un final eschatologique, avec mauvais trucages photos et Toccata de Bach en fond sonore, avant un épilogue "renaissance du monde" sous le signe de l'amour, avec comme cadre coucher de soleil et cocotiers.

 

 

Je m'en vais d'ailleurs citer mon camarade Bigbonn, grand spécialiste des nains et par extension du cinéma asiatique bis, mais aussi de la SF fauchée mais imaginative, y compris dans son recyclage des idées des autres :
"Après un atterrissage un peu hasardeux et un peu par hasard sur une étrange planète, l'équipe à présent unie des Terriens et des Hydriens (?) se fait attaquer par des hommes singes bien ridicules ! 1 point. Le vaisseau spatial ressemble à un jouet vraiment très basique et ses vols spatiaux sont parfaitement ringards. 1 point. La fille du professeur est très mimi et a un très joli cul qu'elle sait mettre en valeur dans ses tenues moulantes. 1 point. Les séquences d'apesanteur et de sorties dans l'espace n'ont peur de rien et sont plutôt réjouissantes. 1 point.
Les exemples donnant des points (sur l'échelle du bis agréable) à ce film aux effets spéciaux pas tellement spéciaux, mais plutôt très fauchés, sont légion, comme on disait du temps de Jules César à Rome (dont les vestiges de cartes postales encombrent d'ailleurs une bonne partie du début du film, très et trop touristique)."

 

 

Voilà. J'ajouterai, comme l'a fait remarquer mon camarade Bigbonn, que les effets spéciaux... enfin disons plutôt les trucages... que les trucages (donc) ne dépareraient pas dans un épisode de "Raumpatrouille Orion", ce qui n'est pas peu dire. J'ajouterai encore que la costumière a par contre été très inspirée, et que les tenues des deux protagonistes féminines sont particulièrement seyantes ; et que si (comme l'a fait remarquer mon camarade Bigbonn) Leontine May a un très joli cul, Leonora Ruffo, elle, est sublimement belle (oui, je l'ai déjà écrit).
Sinon, on a aussi des Chinois qui ne servent à rien, un peu comme Fleur Pèlerin au ministère de la culture (tiens, d'où me vient cette association d'idée ?), mais leur chef a droit à la meilleure réplique du film : "Nous sommes des orientaux".

Un mot sur le casting : Leonora Ruffo est sublimement belle (je ne sais pas si je l'ai dit) et mon collègue Bigbonn, qui est à la fois esthète et observateur, tient à ajouter que Leontine May a un très joli cul. Sinon, je ne crois pas que la mono-expressivité de Kirk Morris (Adriano Bellini) ait été aussi bien utilisée ailleurs que dans ce film. Roland Lesaffre, qui est arrivé au cinéma parce qu'il était dans la même unité des FFL que Gabin en 1944, et à Cinecitta parce qu'il était l'époux de la japonaise Yoko Tani, "star" du cinéma de genre européen, a l'air quant à lui de ne pas trop savoir dans quoi il est tombé. On a aussi droit à une apparition en noir et blanc (ou plutôt en gris et gris) d'un Gordon Mitchell s'exprimant dans un sabir incompréhensible !
Et pour finir, je citerai mon autre collègue Flint : "Un petit bijou de SF kitsch avec un sympathique score de Nico Fidenco".

 

 

Sigtuna

 

A propos du film :

# Les petits malins d'Hermes Productions (les escrocs seraient peut-être plus juste) avaient sorti le film en vidéo sous le titre "Starbird, la bataille des galaxies". Evidemment, la jaquette ne correspondait à rien. Quant au résumé, "une bataille sans merci va opposer les prisonniers avec leurs tortionnaires dans toutes les galaxies", il n'était là que pour tromper le loueur de cassettes...

 

En rapport avec le film :

# La fiche dvd Artus Films de Destination planète Hydra

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