Jungle 2000
Titre original: Eva, la venere selvaggia
Genre: Fantastique , Aventures
Année: 1968
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Roberto Mauri
Casting:
Brad Harris, Esmeralda Barros, Marc Lawrence, Ursula Davis, Aldo Cecconi, Adriana Alben...
Aka: Kong island / King of Kong island
 

Burt Dawson (Brad Harris), mercenaire en vadrouille en Afrique est laissé pour mort par son équipier, Muller (Marc Lawrence), après que ce dernier lui ai ajusté une balle dans le dos. Le temps passe et le désir de revanche de Burt n'a cessé de grandir, jusqu'au moment fatidique de la découverte de la cachette de Muller, terré semble-t-il quelque part dans la jungle de Nairobi. La vendetta, toutefois, ne sera point aisée car le traître, non-content de diriger un groupuscule de mercenaires, emploie à son compte quelques gorilles robotisés au moyen d'une puce électronique implantée dans leur cerveau. Muller, ne rechignant jamais à en faire trop dans l'infamie, capture par dessus le marché la charmante Diana (Ursula Davis) dont est épris ce grand couillon de Burt, qui redouble de hargne à débusquer ce fils de chien. Dans les tréfonds de la jungle, il fera la connaissance d'une guenon anormalement désirable en la personne d'Eva (Esmeralda Barros), sauvageonne en parfaite symbiose avec la faune et la flore locale qui l'aidera à pénétrer dans le repaire de son vieil ennemi.

 

 

Dans le sillon direct de Samoa, reine de la jungle avec Edwige Fenech, vient la même année ce Jungle 2000, aventurette exotique joliment ringarde, fauchée comme les blés du Kenya, ou plutôt de la campagne italienne, puisqu'il s'agit du véritable lieu de tournage. A cadre faussé, stock-shot à volonté, forcément, pour rester dans la tradition des films de jungle des années 30, 40. Une supercherie dans laquelle la toute petite bande érotique "Frissons africains" de Louis Soulanès en 70, avait su ne pas se vautrer par exemple. Toute l'équipe du film avait pris la peine, par respect pour le spectateur qui a horreur d'être pris pour un con, de se déplacer sur le continent africain.


Dans le film de Roberto Mauri, ce n'est pas le cas. Entre deux escapades dans la "jungle", on se contente de simuler une présence hostile dans les parages, on montre du doigt un danger hors-champ et pouf ! un stock-shot d'un représentant quelconque de la faune de là-bas, accompagné généralement par des commentaires ballots dont cette affligeante remarque due à la con-con de Diana, observant deux lionceaux se chamaillant : "tu as vu ce lioooon ? on dirait un ours en peluuuuche." (sic). Les cimes de la duperie sont atteintes lors d'une très longue virée en jeep sur un chemin de terre au milieu de la savane. Des animaux y sont cadrés, dans un paysage aride et plat à perte de vue. Problème : lorsque c'est au tour des occupants du véhicule d'être filmés, l'arrière plan défilant derrière eux laisse percevoir une végétation plus importante et des hautes herbes. Clou de la séquence : un noir accompagnant l'expédition laisse échapper un "Y'a bon la chasse" bien senti en désignant un sentier. Oui, parce que Jungle 2000" manie aussi à merveille le racisme primaire.

 

 

Outre le language "petit nègre", les quelques protagonistes noirs présents dans le récit sont tous des porteurs de bagage et / ou se révèlent bien couards face au danger. Danger personnifié notamment par les gorilles contrôlés par Muller, dont il faut souligner la qualité des costumes, conçus avec soin par Jolanda Buzan, peu réalistes bien sur mais bien moins risibles par exemple que le gorille dépeint dans le Karzan, maitre de la jungle du nullard Demofilo Fidani.
C'est plutôt Marc Lawrence qui nous laisse échapper un sourire ici, imperturbable face à ses esclaves simiesques gesticulant comme des forcenés et calfeutré dans son laboratoire de pacotille. Un acteur de talent au physique patibulaire si particulier et à la carrière truculente, capable d'alterner les gros succès du cinéma ("La lettre du Kremlin", "Marathon man") avec les zèderies les plus insondables (Pigs, les monstres sanglants, Cataclysm, le cauchemar sans fin). Face à lui, un Brad Harris égal à lui-même, c'est à dire tout en muscles et en délicatesse. La touche sexy est assurée, quant à elle, par ces dames du casting, qui n'en manquent pas une pour se trémousser en petite tenue, voire sans tenue du tout dans le cas d'Eva, dont il serait mufle de ma part d'omettre de parler de son interprète, la brésilienne Esmeralda Barros, délicieusement rondouillarde ; une des divas du bis européen à la beauté exotique que l'on recroisera plus tard dans pas mal de westerns almériens et surtout dans le taré "Les vierges maudites de Dracula" de Luigi Batzella, aux côtés d'une autre déesse du genre, Rosalba Neri. Dans Jungle 2000, Mauri a la brillante idée de la faire déambuler dans son plus simple appareil. Quand même, quelle émotion, ces scènes au ralenti où elle gambade joyeusement dans la nature, les doudounes ballottant dans tous les sens !

 

 

Après avoir pesé le pour et le contre, difficile de trancher. Disons qu'en raison d'un rythme quand même pas des plus pétillants, Jungle 2000 s'adresse plutôt aux chevronnés du bis, ou plus généralement, à des individus dotés d'une forte tolérance.

 

Throma
A propos du film :


# Version française distribuée en vidéo par Topodis en 83 puis reprise par D.E.C plus complète que le montage américain sous le titre de Kong island ou King of Kong island (dispo notamment dans les coffrets au rabais "Treeline"). Il manque des plans furtifs sur l'anatomie d'Esmeralda Barros et surtout les 2 scènes émouvantes où elle court au ralenti entièrement dénudée.
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