Mangler, The
Genre: Horreur
Année: 1995
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Tobe Hooper
Casting:
Robert Englund, Ted Levine, Daniel Matmor, Jeremy Crutchley...
 

En 1995, le réalisateur de "Massacre à la tronçonneuse" se trouvait dans une période pour le moins artistiquement discutable : une préquelle à "Freddy" complètement ratée en 1988, un débilissime "Red evil terror" (et son bout de tissu hanté) en 1990, et un abominable "Night terrors" en 1993. Ce fut le début de la fin pour un Tobe Hooper qui par la suite demeurera un habitué de la télévision, malgré son association avec John Carpenter pour de relativement sympathique "Body bags".

 

 

"The Mangler" pouvait dès lors faire figure de renaissance pour l'ancienne gloire de l'horreur. Libéré de toutes les contraintes de la télévision, il se pencha donc sur une nouvelle de Stephen King, écrivain phare de l'horreur et soutien du réalisateur lorsque celui-ci livra sa (médiocre) adaptation de Salem en 1979. Hooper s'adjoignit également une nouvelle fois les services de son Robert Englund, alors en rupture de Freddy. Dream team ?
Non. L'idée d'adapter "The Mangler" est en elle-même assez malvenue, non seulement car il est toujours ardu d'adapter une simple nouvelle, mais surtout parce que l'histoire en elle-même est très casse-gueule... Une gigantesque essoreuse industrielle possédée par un démon et servie par le funeste patron d'une blanchisserie crasseuse (Englund). Le ridicule plane sur cette intrigue, mais évite pourtant d'y sombrer totalement, si ce n'est pour quelques scènes. Nous ne sommes pas là en présence d'un véritable nanar.

 

 

Déjà parce que la machine se révèle plutôt bien faite et bien mise en contexte : l'atmosphère l'environnant est sale, putride, enfumée. Soit ce qui fait la marque de fabrique de Tobe Hooper. Ensuite les meurtres commis par la machine se révèlent furtivement gores et malsains (relevant un peu du même sentiment qui s'empare du spectateur témoin d'un accident corporel mortel). Hooper insère de plus assez de distance dans sa mise en scène pour éviter d'être trop pris au sérieux : il n'y a pas de complaisance, de scènes véritablement gratuites comme tout bon nanar (ou même navet) pourrait en présenter.
Des scènes inutiles, oui (le personnage de Englund séduisant une ouvrière pour en faire son acolyte qui ne servira jamais à rien, ou encore l'épisode du frigo hanté), mais gratuites non. Le scénario est au moins positif sur ce plan-là : il fallait le signaler, tant par ailleurs il se révèle mauvais. Les personnages sont on ne peut plus stéréotypés : une espèce de caricature de policier tout droit sorti des films noirs d'antan (un solitaire à la voix rauque et fumant cigarette sur cigarette). Son sidekick de beau-frère, un hippie ésotérique. Une jeune vierge destinée à être sacrifiée. Un vieux photographe cancéreux... Seul Englund et son maquillage tire son épingle du jeu, via une interprétation intéressante. Tout ce petit monde meuble en fait le film comme il peut. De façon stupide, certes, mais il fallait s'en douter à la vue d'une intrigue à la base si mince.

 


"The Mangler" ne tirera pas Hooper du mauvais coton qu'il filait, mais se révèle cependant moins mauvais que ce que le réalisateur avait fait précédemment. Un film à classer au rayon des oeuvres traitant d'objets hantés : "The refrigerator", "Cubbyhouse" (et sa cabane de jardin diabolique) et bien entendu les meilleurs du lot, les "Amityville" traitant de maison de poupées, de miroir ou d'horloge du diable...

Note : 4/10

 

Walter Paisley
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