Nuits de l'Epouvante, Les
Titre original: La Lama nel corpo
Genre: Giallo , Gothique
Année: 1967
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Elio Scardamaglia (sous le pseudo de Michael Hamilton)
Casting:
William Berger, Françoise Prévost, Mary Young, Barbara Wilson, Philippe Hersent, Harriet Medi, Germano Lengo, Delphi Maurin...
Aka: The Murder Clinic / Night of Terrors
 

A Norfolk, en 1870, le Docteur Robert Vance dirige une clinique pour malades mentaux. La bâtisse, vaste manoir perdu au milieu des bois, est également habitée par Elizabeth Vance, femme de Robert, et plusieurs domestiques, parmi lesquels Charlotte, la gouvernante, et aussi Walter et Ivan, hommes à tout faire. Mary vient compléter le personnel de la clinique, en tant qu'infirmière tout juste arrivée en ce lieu qui semble bien inquiétant dès la tombée de la nuit, une impression qui n'est pas seulement due à la présence des pensionnaires qui y sont soignés. Des malades bien perturbés qui ne tardent pas à être victimes d'un tueur vêtu de noir, cagoulé, et qui commet ses forfaits avec un rasoir.
Le premier corps, découvert dans les jardins près d'une fontaine, est enterré discrètement par le Docteur Vance, et personne ne vient prévenir la police. Qui plus est, tout le personnel semble savoir ce qui se passe, et cette complicité vis-à-vis de leur employeur en est la preuve formelle. Seule Mary ignore de quoi il retourne, manifestement, et elle va bien évidemment essayer de savoir qui a tué la pauvre Jeanne (la première victime).

 

 

C'est alors qu'un nouveau personnage fait son apparition dans la clinique. Une belle jeune femme, qui dit s'appeler Gisèle, et prétend avoir eu un accident alors qu'elle voyageait en carrosse. En vérité, il s'agit d'une condamnée parvenue à s'échapper lors de son transfert, et qui a tué son gardien. Arrivée par hasard aux abords de la clinique, elle a surpris de Docteur Vance au moment où celui-ci enterrait le cadavre de Jeanne dans une grotte. Jeux de séduction et de chantage vont être très vite les atouts de Gisèle, qui n'a pas froid aux yeux et ne paraît pas effrayée par le climat pesant qui règne en ces lieux.
Pourtant, il y aurait de quoi s'inquiéter, entre l'attitude suspecte des domestiques, le comportement non moins étrange des pensionnaires de la clinique, sans oublier ces bruits curieux que l'on entend régulièrement au premier étage, comme si une personne marchait, alors que cette partie du manoir est censée être déserte.
Parallèlement à son poste de directeur de la clinique, le Docteur Vance poursuit des recherches dans son laboratoire, des expériences de greffe de la peau sur des rats pour être précis. Il semble que tous ces travaux menés en secret (bien qu'encore une fois les domestiques n'ignorent rien des occupations de leur maître) aient un rapport avec la mystérieuse personne rodant dans les couloirs à l'étage supérieur. Et comme on a formellement interdit à Mary, puis à Gisèle, de visiter cette partie de l'édifice, il va sans dire que Robert Vance cache en ces lieux un terrible secret. Un secret qui va être bien difficile de protéger, tant les deux jeunes femmes vont s'évertuer à découvrir la vérité, pour des raisons différentes, et ce au péril de leur vie.

 

 

Réalisé en 1967, alors que le genre gothique décline et que le giallo commence quant à lui à émerger, "Les Nuits de l'Epouvante" peut se définir comme une synthèse de ces deux courants. L'auteur en est Emilio Scardamaglia, un nom peu connu pour la plupart d'entre nous, et pour cause : l'homme est avant tout producteur de métier, et ce film restera comme son unique réalisation. Mais derrière ce personnage presque anonyme se trouvent deux noms beaucoup plus familiers, responsables du scénario : Luciano Martino et Ernesto Gastaldi. Là, on est en terrain connu, et l'on n'est donc pas surpris, finalement, de constater que ce mélange de genres s'avère plutôt réussi, et possède quelques ingrédients que l'on retrouvera souvent dans le cinéma bis : l'univers psychiatrique, le secret de famille jalousement gardé, le tueur vêtu de noir, encagoulé et le rasoir en tant qu'arme du crime. Tous ces aspects sont ici réunis dans un cadre gothique, ce vaste manoir isolé au milieu de la forêt, et le théâtre de crimes sordides rendus efficaces par l'isolement des protagonistes. Cela dit, n'oublions pas que nous sommes en 1967, donc les meurtres se déroulent hors-champ et l'ambiance prime sur l'horreur.

 

 

Le spectacle est plutôt agréable, puisque le film, en dehors d'un scénario qui tient la route, parvient à jongler habilement entre l'horreur et l'intrigue policière. Au niveau du casting, c'est un très jeune William Berger qui compose le Docteur Vance, avec brio. A ses côtés, plusieurs héroïnes aussi jolies que talentueuses, peu connues, exceptées Françoise Prévost, que l'on retrouvera quelques années plus tard dans le sympathique "Un joli corps qu'il faut tuer" d'Alfonso Brescia, petit bijou d'humour noir (chose plutôt rare chez Brescia). Et puis, dans le rôle de l'inquiétante gouvernante, qui d'autre que Harriet Medin pouvait interpréter le rôle. L'actrice aura joué en maintes occasions les gouvernantes austères dans le cinéma gothique, aux côtés de Barbara Steele dans "L'Effroyable Secret du Docteur Hichcock" et sa fausse suite "Le Spectre du Docteur Hichcock" de Riccardo Freda, mais aussi dans "Les Trois Visages de la Peur", "Le Corps et le Fouet", et "Six Femmes pour l'Assassin" de Mario Bava. On a pu la voir dans un registre beaucoup plus drôle, quelques années plus tard, dans "Death Race 2000".
"Les Nuits de l'Epouvante" fait donc partie des quelques gialli ayant pour cadre le XIXème siècle, une curiosité qui mérite qu'on s'y attarde. Quarante ans après sa sortie, il a certes pris un petit coup de vieux, mais le charme opère toujours. Malheureusement, il s'agit une fois de plus d'un film inédit en dvd, et dont la vhs éditée par Master Productions en 1983 est bien difficile à se procurer. Si vous tombez dessus par hasard, n'hésitez pas, malgré une jaquette peu attirante au premier abord.

 

 

Note : 7/10

 

Flint
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