Retour du chinois, Le
Titre original: The Protector
Genre: Polar , Action
Année: 1985
Pays d'origine: Etats-Unis / Hong Kong
Réalisateur: James Glickenhaus
Casting:
Jackie Chan, Danny Aiello, Roy Chiao, Victor Arnold, Kim Bass, Richard Clarke, Saun Ellis, Ronan O'Casey, Bill Wallace, Moon Lee...
Aka: Wai lung maang taam / Wei lung meng tan
 

Billy Wong, officier de la police new-yorkaise, perd son co-équipier lors d'une fusillade dans un bar. Comme punition pour avoir désobéi et venger son partenaire, il doit servir de garde du corps lors d'un défilé de mode, mais la jeune femme qu'il devait protéger est enlevée sous ses yeux. Avec son nouveau partenaire, il va devoir partir enquêter à Hong-Kong et retrouver la jeune femme.

 

 

Dans les années 80, Jackie Chan a réussi le pari de devenir une star en Asie sans jamais faire oublier le petit dragon. En effe, au lieu de vouloir imiter l'inimitable, il a su imposer son propre style, mélange d'humour et d'acrobatie, hommage direct à l'opéra de Pékin et au burlesque américain. Seule ombre au tableau : le public occidental et en particulier anglo-saxon semble avoir du mal à adopter le bondissant chinois. Seule la France sortira régulièrement les films de Jackie en vidéo et même quelques fois en salle. En 1980, Raymond Chow, le producteur de Chan, décide de financer "Le Chinois / The Big Brall", un film qui aurait dû propulser son poulain sur le marché américain ; mais le résultat fut des plus décevants. Le seul succès notoire à l'époque demeure sa participation à "L'Equipée du Cannonball". En 1985, Chow décide de financer une autre tentative avec l'aide du réalisateur / producteur James Glickenhaus, et cette association incongrue reste l'un des mystères de la co-production internationale. En effet, l'univers du cinéaste new-yorkais est bien loin de celui du chinois. Les fans de Jackie Chan considèrent volontiers ce film comme l'un des plus mauvais de sa filmographie, et c'est une erreur car il ne faut pas considérer ce film comme un Chan mais bien comme un Glickenhaus !

Dès la fusillade dans le bar, le ton est donné ! Les poches de sang explosent en éclaboussant les murs, et les câbles projettent les cascadeurs aux travers de la pièce ou dans une vitrine. Le tout filmé avec complaisance à coups de ralentis ; pas de doute, nous sommes en plein dans l'univers du réalisateur américain. Mais ce qui étonne, outre cette surenchère de violence peu coutumière chez le brave Jackie, sauf dans "Crime Story" autre film maudit, c'est la présence de nudité féminine. Rien de bien méchant me direz-vous, mais en Asie c'est suffisant dans certains pays pour être taxé de pornographie. Ce qui entraînera la réalisation d'une version soft alternative. De plus, le film n'est pas encombré (du moins dans la version occidentale) par cet humour cantonais auquel les occidentaux sont semble-t-il assez hermétiques (scènes que certains distributeurs français supprimaient, même dans les Bruce Lee). C'est Danny Aiello qui joue ici le pendant comique du film, et certaines de ses réflexions sont de purs moments de bonheur. Son personnage sert de "sidekick" au héros et désamorce quelque peu la violence de certaines scènes. Essuyant un reproche pour ne pas avoir empêché le kidnapping, le bougre répond : J'ai quand même sorti mon arme, chef. Autant sortir votre queue, lui répond son supérieur. Ah non, quand je sors ma queue c'est pour m'en servir ! Classe, et imparable !

 

 

Si on n'atteint jamais la perfection et l'efficacité des combats de "Police Story" ou "Armor of God", deux des meilleurs Jackie Chan, c'est parce que le film ne s'est pas adapté aux méthodes chinoises. En effet, les scènes de combats sont filmées à l'américaine avec cinq caméras à la fois, le montage faisant le reste. A Hong-Kong, Jackie Chan monte le film en le tournant, les combats sont disséqués et filmés étape par étape. Une méthode plus longue et rigoureuse mais qui donne d'excellents résultats. C'est la grande différence entre Jackie Chan et Bruce Lee. En effet, le petit dragon connaissait parfaitement la mentalité des américains pour avoir vécu aux Etats-Unis. Lorsqu'on lui proposa "Opération Dragon", il imposa ses méthodes et son équipe. Jackie, quant à lui, a essayé de s'adapter aux méthodes américaines sans succès.
Après "Le droit de tuer" et le décevant "Soldat", "Blind Glick", qui semble s'améliorer de film en film, nous revient en pleine forme. Une fois de plus, les morts violentes et brutales sont nombreuses. On retiendra entre autres une excellente séquence de fusillade dans un bar, une autre fusillade dans la chambre d'hôtel, où Danny Aiello surgit comme un diable de la salle de bain en mitraillant son agresseur. Celui ci tombe alors dans le vide, en percutant sur toute sa longueur l'enseigne lumineuse accrochée à la façade (hommage à "Game of Death"), avant de s'écraser sur une voiture. La suite n'est pas triste : un méchant prisonnier dans la carcasse de sa voiture préfère y mettre le feu que d'être pris ; un indicateur est retrouvé empalé (une mort différente et plus noble lui sera réservée dans la version chinoise). Les cascades sont plus soignées et mieux réalisées (voir le saut à moto au milieu des joncs) et surtout le tout est filmé sans temps mort. Car c'était le gros défaut du "Soldat", on s'ennuyait sec entre les scènes d'actions. Malheureusement, pour le petit Chinois le film n'eut pas l'effet escompté. Dépité, il retourna à Hong-Kong où il continua une riche carrière (la série des "Police Story, "Armor of God"...), jusqu'au succès totalement inattendu de "Rumble in the Bronx", mais cela est une autre histoire.

 

 

The Omega Man


A propos du film :


# Il est bien évident que le public asiatique n'est pas prêt à voir jouer son idole dans un film qui mélange nudité et violence ; à Hong-Kong le film de Glickenhaus se retrouverait illico dans la fameuse catégorie III et serait carrément banni dans d'autres pays asiatiques. Inconcevable que Chan perde ainsi des millions de fans, c'est pour cette raison qu'il existe deux versions du film : une pour le marché occidental qui est celle exploitée chez nous avec sexe et violence, et une version plus "soft" pour le marché asiatique, qui hérite d'une classification de niveau II. Cette version propose de nombreuses nouvelles scènes tournées par Chan et son équipe avec des acteurs locaux, alors que d'autres sont gardées (tout le début du film à New-York, le salon de massage, l'attaque des containers et le final) mais remontées et allégées de toutes traces de nudité.
Le meilleur exemple est cette scène ou l'on voit comment les trafiquants dissimulent la drogue dans des melons :


Version US : plusieurs jeunes femmes nues (pour éviter qu'elles ne volent la drogue) se chargent de couper les melons pour y dissimuler la drogue. Chaque femme s'occupe d'une opération précise, emballage, pesée...
Version HK : une seule femme s'occupe de tout, elle introduit les sachets de drogue grâce à un pistolet à air comprimé. Rapide, moderne et efficace.

* Version HK colonne de gauche VS Version US colonne de droite :

 

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