Satan's Baby Doll
Titre original: La Bimba di Satana
Genre: Erotique , Horreur , Esprits , Possession
Année: 1982
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Mario Bianchi
Casting:
Jacqueline Dupré, Mariangela Giordano, Aldo Sambrell, Joe Davers, Giancarlo Del Duca, Alfonso Gaita, Marina Hedman...
Aka: A Girl for Satan / Sexorgien im Satansschloss
 

"Satan's Baby Doll" est le remake non caché de "Malabimba", qui fut tourné trois ans auparavant par un autre Bianchi, Andrea de son prénom. Dans un château isolé en haut d'une vallée, six personnes se recueillent auprès de la dépouille de Maria, la femme du châtelain. Ces personnes sont Antonio Aguilar, le veuf en question, Ignacio, le frère cadet d'Antonio, un invalide muet en fauteuil roulant, et Miria, la fille d'Antonio et Maria. On rajoute Sol, une religieuse qui s'occupe du frère handicapé et de Miria (adolescente perturbée et rebelle), un domestique et Juan, le médecin de la famille, et le compte est bon.
Sept personnages au total, en comptant la morte, voilà pour les protagonistes. Durant tout le film (qui dure à peine 1h15), on ne verra personne d'autre (donc aucun risque de s'embrouiller dans une quelconque intrigue). On apprend très vite que Maria absorbait des quantités importantes de valium, était en proie à des crises d'hystérie et aurait donc succombé à une attaque cardiaque. Par ailleurs, la châtelaine était aussi une fieffée nymphomane, qui se tapait tout le monde, du médecin à la religieuse, et allant même jusqu'à faire une petite gâterie au frangin invalide pour le consoler de son triste sort (tiens, encore un point commun avec "Malabimba", sauf que dans ce dernier la scène était montrée). Bref, pas besoin de s'appeler Sherlock Holmes pour se rendre compte que Maria a été assassinée, mais par qui ? On sait que ce n'est pas sa fille, dans la mesure où celle-ci va être l'instrument de sa vengeance. Communiquant par télépathie, Maria ordonne à sa fille de tuer tous les occupants du château. Ce qu'on appelle une vengeance radicale, un peu du style "Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens", épisode peu reluisant de l'Eglise Catholique.
Seul le domestique semble avoir compris ce qui se passe et face au danger, il va tenter un exorcisme dans la crypte où repose la défunte. Mais cela suffira-t-il à empêcher la vengeance de Maria de s'accomplir ?

 

 

Inutile de tourner autour du pot, ce "Satan's Baby Doll" est en tous points inférieur à l'original. S'il demeure un incontestable film d'exploitation, il n'offre pas grand chose de plus par rapport à "Malabimba". Jacqueline Dupré, qui remplace Katell Laennec, n'apporte pas cette lueur de vice et de dépravation qu'avait l'héroïne du film d'Andrea Bianchi. Au contraire, son jeu s'avère être bien mécanique, sans réelle inspiration. Marina Hedman, dans le rôle de la défunte revenant d'entre les morts, remplit certes le cahier des charges niveau érotisme, mais la hardeuse ne tient pas la distance face à la prestation livrée par Patrizia Webley dans "Malabimba". Par contre, seule actrice jouant dans les deux films (le même rôle, d'ailleurs), Mariangela Giordano tire encore mieux son épingle du jeu dans cette copie un peu pâle. Agée de 45 ans à l'époque, cette actrice peu connue (on a pu la voir aussi dans "Le Manoir de la terreur") expose encore plus ses charmes, pour notre plus grand plaisir. On lui doit les meilleures scènes du film, notamment celle, particulièrement trouble, où elle s'occupe de la toilette du frère invalide.
L'érotisme est donc très présent dans ce film, mais ici point d'inserts pornographiques comme dans "Malabimba". Mario Bianchi se rattrapera largement par la suite, tournant des dizaines de films X de troisième zone, dont pas mal avec Marina Hedman, connue aussi sous d'autres noms comme Frajese ou Lotar. L'actrice fut souvent sollicitée par Joe D'Amato lorsqu'il avait besoin de scènes porno dans ses films (pour l'exportation dans certains pays, souvent), comme par exemple dans "Emanuelle in America" ou "Images in a Convent". On a pu la voir aussi dans "Play Motel", avant qu'elle ne sombre dans le hardcore pur et dur, où elle croisera en plusieurs occasions une autre reine du bis déchue : Karin Schubert.

 

 

Chez les hommes, on retiendra la présence d'Aldo Sambrell, qui a tourné dans une flopée de westerns et éternel second couteau dans les films de Sergio Leone, entre autres. Enfin, la "bimba de Satana" : Jacqueline Dupré, aura un destin semblable à celui de Katell Laennec, à savoir que l'on ne la verra plus du tout à l'écran par la suite.
Notons, pour apporter une touche positive à un film assez décevant dans l'ensemble, paraissant traîner en longueur malgré sa courte durée, que, en dehors de la prestation remarquée de Mariangela Giordano, on appréciera une belle photographie et une musique pas désagréable de Nico Catanese, un mélange de hard gothique et de rock progressiste qui colle bien à l'ambiance du film. Pour le reste, malgré quelques passages réussis, le fan de cinéma bis préférera l'original à la copie.

 

 

Note : 5,5/10

 

Flint
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