Sexe Interdit, Le
Titre original: Sexual aberration - sesso perverso
Genre: Erotique , Document
Année: 1979
Pays d'origine: Italie / Panama
Réalisateur: Italie / Panama
Casting:
?
 

"Madame, votre couple stagne ? Le manque de piquant ou pire l'abstinence vous empêtre dans un marasme sexuel sans précédent ? Monsieur, votre conjointe ne vous satisfait plus ? L'ennui s'est emparé du lit conjugual ? Rassurez-vous, un remède subsiste et ce remède miraculeux, il se pourrait bien que le Docteur Mattei en soit le détenteur. Son nom ? Le "Sex-shot foireux". Avec le "Sex-shot foireux", le bon Docteur Mattei, entre deux doses prescrites de stock-shots coitaux vous garantit l'épanouissement de vos désirs les plus fous, alliés à toutes sortes de pratiques érotiques bidons propices à la fertilité de l'imagination, et ce, sans tabou aucun. Et même le tabou laid. Voir notre cassette promotionnelle pour plus d'informations."

Le mondo-sex bidon par excellence. S'étalant sur un peu moins d'une heure, "Le sexe interdit", de l'indécrottable Bruno Mattei, se veut une étude à la fois pédagogique et exhaustive sur presque toutes les facettes de la sexualité à travers le monde, avec une nette prédilection pour les pratiques les plus prohibées. Seulement, pour mettre en image le tout, le petit Bruno a un souci : il dispose de peu de pécules à investir. Comment diable payer les frais de déplacement ? Le matériel photographique ? Les pots-de-vins aux autorités pas trop médisantes ? Pourquoi aussi aller se tracasser l'existence aux quatre coins du globe quand on peut tout torcher à proximité de chez soi dans des studios tout moisis ?
Et en cas de perplexité trop prononcée chez le spectateur, le Bruno a tout prévu : quelques stock-shots exotico-ethniques savamment ajustés et l'illusion est parfaite. Encore faut-il ne pas se planter dans les formats d'image, on y reviendra plus tard. Introduites par deux narrateurs (un homme et une femme), défilent ainsi une cinquantaine de saynètes variant de cinq secondes pour les plus courtes à deux minutes maximum dans lesquelles des comédiens anonymes mettent en pratique un large éventail de perversités érotico-crapoteuses décrites dans les bouquins et les thèses de Freud et de sa bande, les Prof. Von Krafft-Ebing et Gilbert Tardyman pour ne citer qu'eux, avec également un détour vers Sade et Masoch.
Bien entendu, tout n'est que simulation ici, exception faite de rares vidéos d'archive. Morceaux choisis : première séquence, une dominatrice jouant du talon, debout sur un homme nu, feint de lui aplatir les roubignolles ; un hermaphrodite pour de faux (faut voir l'appareillage caoutchouteux qu'il / elle se trimballe entre les cuisses) partage sa couche avec une catin ; une émasculation au couteau en Afrique, réelle à moitié seulement (en clair, jusqu'au moment crucial , où curieusement, le pan et scan fait place au cinémascope pendant que la queue en latex du malheureux est tranchée d'un coup de lame) ; enchaînement approprié avec une opération du sexe par des médecins japonais : un simple morceau de barbaque tripatouillé par des scalpels et filmé en gros plan (détail qui tue : le plan d'une bite en érection flottant dans une bouteille de formol attendant sagement sa greffe) ; une cérémonie en Nouvelle-Calédonie, où pour les besoins de "la fête de la fertilité", des indigènes s'enfoncent violemment des bouts de bambou dans le nez dans le but de renforcer leur puissance sexuelle (seule véritable séquence authentique et ça fait assez mal) ; un homme déguisé en prêtre bénit le corps d'une femme reposant dans un cercueil puis s'allonge en dessous de la dépouille, les bras en croix et mate le cul nu de la macchabée dépassant d'une ouverture dans la boite (débilissime) ; un homme embrasse le corps d'une jeune femme malade, ravagée par la vérole (segment bref mais dégueulasse) ; un autre est au pieu avec une octogénaire à poil ; une femme fait l'amour avec un estropié puis variations : avec un trisomique puis un bossu.


Autre passage totalement con : dans une chambre d'hôpital, un débile mental dont le visage est recouvert de mousse à raser, est hilare devant un couple à poil se faisant face mais incapables de se toucher par la faute d'une ceinture élastique passée à leur taille ; plus loin, un masochiste se prenant pour un tapis de bain humain attend étendu au sol que trois coquines faisant trempette commune dans une baignoire achèvent leur toilette pour se faire piétiner, avant de plonger sa tête dans l'eau souillée ; dans un jardin, un timbré atteint de pygmalionisme pénètre une statue d'ébène pourvue d'une fente là où il faut ; dans le même ordre d'idée, un homme tronche sa compagne plâtrée des pieds à la tête ; un narcissique s'admire dans une glace puis se pogne très fort en pensant à lui-même se caressant devant son reflet ; petite virée à Singapour (enfin, normalement) où pour parvenir à l'orgasme, une prostituée s'insère dans le minou deux boules de mercure ; retour au bercail (façon de parler) avec une femme qui se fait plâtrer les seins pour en envoyer le moule à ses nombreux admirateurs ; plus glauque : un violeur récidiviste abuse dans une grange d'une pauvrette puis, sitôt tiré son coup; lui administre des coups de pelle dans le vagin.
Puis, scène des plus étranges qu'on jurerait issue d'un film d'épouvante des années 50, entièrement colorée en ton sépia, où une femme est poursuivie dans une forêt puis baisée par un malade dissimulée derrière un masque cyclopéen ; les membres d'une secte satanique s'accouplent devant un squelette en flammes ; ça se corse sérieusement par la suite avec tout d'abord un homme suçant les orteils d'une femme aux pieds crasseux ; une autre à califourchon sur son mari pisse dans une coupe de champagne avant que ce dernier en répande le contenu sur son visage ; variation logique avec cette fois, Madame, le cul au dessus du faciès de Monsieur qui expulse une chtite merdasse (en plastique) que le poisseux gaillard prendra soin d'étaler un peu partout sur son anatomie ; cannibalisme en Guinée, vraie il semblerait, où une veuve pioche généreusement dans l'orbite vide rongée par les asticots de son cadavre d'époux ; acte de nécrophilie ensuite sur la personne d'une jeune défunte qu'un amoureux des natures mortes dévêt dans un premier temps, puis éventre et vide de ses entrailles ; enfin, on achève ce tour d'horizon de croquignolerie joyeusement crétine par le dernier stade obligatoire de tabou déviant, à savoir la zoophilie : un serpent s'immisce pour de faux dans l'entre-cuisses d'une danseuse ; des putes orientales prennent du bon temps en caressant des clébards et des chèvres ; une donzelle est en passe de se faire prendre par un berger allemand sur un plumard sous les yeux de son conjoint qui, excité par la scène, visite à son tour le cul potelé : mais ce n'est pas fini.


L'affaire, visiblement réprimée par la loi locale, se termine au commissariat où l'acte est reconstitué devant un parterre de gendarmes qui en profitent pour se rincer l'oeil ; enfin, deux amoureux observent un cheval crachant sa purée sous la croupe de sa partenaire de jeu, ce qui les motive à folâtrer dans une écurie, sous les regards dubitatifs des animaux garés dans leur box. Ce vaste programme se conclue sur les ébats d'un couple superposés avec des vues du cosmos, l'air de dire qu'une connerie inter-sidérale (et sidérante) vient de défiler sous nos yeux écarquillés. Merci Doc Mattei, qui remettra d'ailleurs le couvert juste après avec l'inédit "Sesso perverso, mondo violento".

 

Throma
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