Werewolf in a Girls' Dormitory
Titre original: Lycanthropus
Genre: Lycanthropie , Fantastique , Policier
Année: 1962
Pays d'origine: Italie / Autriche
Réalisateur: Paolo Heusch
Casting:
Barbara Lass, Carl Schell, Curt Lowens, Maurice Marsac...
 

Après un générique bien pop 60's (avec une chanson rock nommée "Ghoul in School" !), un professeur de biologie arrive dans un pensionnat pour filles délinquantes, afin d'y assurer son nouveau poste dès le lendemain. Mais entre temps, dans la nuit, un drame va se dérouler : une des jeunes filles va être assassinée dans la forêt avoisinante, visiblement par un loup, mais c'est pas sûr. Désormais, il faudra retrouver le coupable, tandis que quelques autres agressions vont avoir lieu, frappant principalement ceux qui semblent être liés au meurtre de la jeune fille ou qui s'y intéressent de trop près (ce qui n'est pas le cas des policiers, d'ailleurs).
Alors, qui est l'assassin ? Est-ce Swift, l'omniprésent directeur ? Est-ce Sir Alfred Whiteman, bienfaiteur du pensionnat, qui a passé son temps à abuser de la jeune fille, et qui aurait cherché à mettre fin au chantage qu'elle lui imposait depuis quelques temps ? Est-ce Lady Whiteman, femme cocu jalouse ? Est-ce Walter, le concierge (et impressionnant sosie de Peter Lorre), qui touche des pots-de-vins de la part des jeunes filles pour qu'il leur ouvre la grille en pleine nuit ? Est-ce le nouveau professeur de bio, récemment innocenté d'une mystérieuse accusation de meurtre sur une jeune fille ? Qui qu'il soit, cet assassin prend en tout cas la forme d'un loup-garou à la pleine lune, ce qui permet a d'éventuels témoins de ne pas le reconnaître malgré un maquillage assez sommaire avec un dentier aux canines proéminentes et avec quelques touffes de poil rajoutées sur le visage de l'acteur.

 

 

Le propos horrifique du film est assez léger, mais permet tout de même à Paolo Heusch de placer une petite métaphore sur la tolérance. Car la personne souffrant de lycanthropie ne vit pas ça très très bien, et ses souffrances morales seront réelles, du moins vers la fin du film, lorsque le scénario n'aura plus à dissimuler la véritable identité du monstre. Certes, nous ne sommes pas dans la superbe Nuit du Loup-Garou de Terence Fisher (datant de l'année précédente, ce n'est sûrement pas un hasard), mais on s'en rapproche. Ainsi, un des personnages affichera pendant tout le film une certaine compassion envers le loup-garou, puisque même sans savoir sa véritable identité il saura tout de suite que le pauvre homme doit vivre un vrai calvaire en son fort intérieur. Pour être loup-garou, le meurtrier malgré lui n'en reste pas moins homme, et quand on y pense, on se dit que c'est vrai, le pauvre, sa vie ne doit pas être facile... Autre ébauche de propos, qui cette fois délaisse quelque peu le côté horrifique pour plonger dans l'intrigue policière : la lycanthropie serait selon certains avis le résultat d'une trop vigoureuse activité hormonale non satisfaite, ce qui dans un pensionnat de jeunes filles semble assez d'actualité. C'est un indice en plus pour l'enquête.


C'est d'ailleurs bien l'aspect policier qui constitue la préoccupation majeure du réalisateur et de son scénariste Ernesto Gastaldi (alors à l'orée d'une brillante carrière dans le bis italien). Les fausses pistes sont aussi nombreuses que le nombre de suspects potentiels évoqués plus haut dans le texte, et la présence d'un complice encore plus actif que le loup-garou lui-même ne viendra rien arranger. D'autant plus que les nombreuses fausses pistes se croisent et se recroisent, donnant lieu à de véritables sous-intrigues censées complexifier encore davantage l'enquête (je pense notamment à ce qui relève de l'histoire de chantage et d'adultère) en faisant intervenir des alliances et complots entre des personnages qui à la fin se révéleront être totalement innocents du meurtre de la jeune fille. Sauf pour illustration de ces fausses-pistes, les cadrages se font généralement sous le niveau de la tête, et dissimulent ainsi l'identité du complice, qui agit également de nuit, dans un éclairage plutôt travaillé, et de façon gantée.


Nous sommes là dans les prémices du giallo, genre qui trouvera l'année suivante son premier représentant reconnu avec Mario Bava et sa "Fille qui en savait trop". D'ailleurs, Werewolf in a Girls' Dormitory possède lui aussi sa fille qui en savait trop en la personne de Priscilla (Barbara Lass, première épouse de Roman Polanski), héroïne du film et amie de la victime qui mène sa propre enquête en compagnie du prof de bio, et qui subira une nuit l'assaut du loup-garou (elle sera sauvée grâce à un chien, féroce ennemi du lycanthrope).

 

 

A vrai dire le tout m'est apparu plutôt ennuyeux et exagérément alambiqué (surtout que du coup, il sera logique que le coupable soit celui auquel on s'attend le moins), mais ceci dit la médiocre qualité de la vidéo visionnée a peut-être joué pour ma mauvaise impression. Et dernière chose, à destination des érotomanes : le titre est tout de même un peu mensonger, et le loup-garou ne mettra jamais les pattes dans le dortoir fille. Ne vous attendez donc pas à de fraîches jouvencelles courtement vêtues agressées par une bête en rut.

 

Note : 5/10

 

Walter Paisley

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