Horrible Cas du Docteur X, L'
Titre original: X : The Man with the X-Ray Eyes
Genre: Science fiction
Année: 1963
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Roger Corman
Casting:
Ray Milland, Diana Van Der Vlies, Harold Stone, John Hoyt, Don Rickles...
 

Le docteur James Xavier (Milland) n'est pas le chef des X-Men (encore que le comic soit apparu la même année) mais est un brillant scientifique travaillant dans le domaine de l'optique. Ses recherches l'ont poussé à découvrir la solution miracle qui permettra à des yeux humains de voir à travers la matière. Problème : il se prend lui-même pour cobaye. Si les résultats de ses recherches s'avèrent fructueux, ils vont en revanche lui rendre la vie invivable...
The Man with the X-Ray Eyes n'est en réalité qu'une grande métaphore biblique. Démarrant sur la même base que le Frankenstein de Mary Shelley (et que finalement beaucoup de films de science-fiction des années 50), il nous présente un scientifique qui désire égaler Dieu, ici en ce qui concerne la perception intégrale des choses.

 

 

Il y arrivera, mais n'étant qu'un simple humain, il ne pourra supporter ce qu'il voit, quand bien même ses intentions sont louables (voir par exemple à travers la chair des gens pour repérer leurs maladies). La connaissance des choses ira donc de paire avec une lumière insupportable adressée à sa rétine. Une lumière symbole d'un degré de connaissance qui ne lui était pas ouvert, d'où son aveuglement et sa volonté, vers la fin du film, d'être de nouveau plongé dans les ténèbres, et donc de revenir à un statut d'humain basique... La connaissance scientifique est donc belle et bien limitée.
Une telle intrigue aurait pu être lourde, n'eut-elle été traitée sur la tonalité qui est celle de Corman. Ainsi, si ce propos religieux paraît évident, principalement lors de la dernière scène du film, il s'accompagne d'une description de la déchéance d'un grand homme qui, paradoxalement, s'enfonce au fur et à mesure que sa connaissance s'accroît. Après avoir été un médecin réputé, il sera lâché de ses collègues (sauf d'une belle blonde), avant de finir en monstre de foire. Pourtant, malgré cela, il n'abandonnera pas sa quête pour le savoir, ses gouttes pour les yeux, c'est à dire ce qui lui permet de voir par-delà la matière, s'apparentant très vite à une drogue.
Pas beaucoup d'humour à signaler donc, si ce n'est pour une scène évidente : celle du stade où il se met à voir à travers les vêtements (les voyeurs seront déçus : on n'y voit que des dos et des jambes). Pas une mauvaise chose. La mise en scène de Corman souffre cela dit d'un manque de moyen et de technologie évident. Les plans subjectifs, vus justement par les yeux du héros, sont filmés en "spectorama" : sorte de vision des spectres lumineux assez grossière, d'autant plus qu'elle est vue à travers une sorte de pupille mal foutue, et assez peu nécessaire, si ce n'est pour souligner que l'on est bien dans la vision du docteur Xavier.

 

 

Heureusement, Corman n'en abuse pas trop, si ce n'est vers la fin. Cela donne un certain côté psychédélique au film, qui fait mal au crâne, mais qui au moins retranscrit bien le monde insupportable dans lequel le héros est plongé. Les autres visions, celles à l'intérieur même des corps, sont cette fois totalement cheap : ce sont carrément des dessins scientifiques qui sont insérés et floutés derrière des filtres censés rendre tangible la vision derrière la peau... On trouve aussi quelques stock-shots de fête foraine, assez peu discrets, mais pas non plus très gênants.
Niveau stéréotypes, on y trouve aussi quelques personnages secondaires plus ou moins importants : les vilains médecins qui refusent de soutenir leur collègue, le dirigeant du stand de foire qui ne pense qu'à l'argent, le pauvre peuple désemparé par la maladie... Corman semble s'en foutre un peu, de tous ces gens-là, et tout ce qui l'intéresse n'est finalement que de mettre son personnage principal dans des situations précises.
Le film est donc beaucoup plus intéressant par son propos que par sa forme, sa courte durée entraînant également des raccourcis scénaristiques flagrants (comment est-ce que Xavier parvient à se couper du monde et à ne pas être retrouvé, alors qu'il est devenu une attraction célèbre ?). Bref, un film intéressant, mais probablement trop ambitieux pour l'époque, et encore trop ancré dans le cinéma des années 50. Un remake fut un jour prévu par Tim Burton, mais le projet tomba à l'eau. Dommage.

 

 

Note : 6/10

 

Walter Paisley
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