Women in Cages
Genre: Women In Prison
Année: 1971
Pays d'origine: Etats-Unis / Philippines
Réalisateur: Gerry De Leon
Casting:
Pam Grier, Jennifer Gan, Roberta Collins, Judith M. Brown...
 

Dans la foulée de Big Doll House, Roger Corman, fidèle à sa réputation, remet le couvert pour un nouveau WIP, réalisé cette fois par un vieux routier du cinema philippin, Gerardo de Leon (appelez-le Gerry, c'est plus pimpant). Mêmes décors de prison paumée dans la brousse d'une république bananière corrompue, et mêmes acteurs : la blonde Roberta Collins, la rousse Judith M. Brown et la future égérie de la blaxploitation Pam Grier. Pour l'occasion, cette dernière passe de l'autre côté des barreaux et devient la gardienne en chef de cette prison en piètre état.
Cependant, le film est assez différent de Big Doll House et se révèle plus proche du commun des Women in Prison. Les prisonnières sont ainsi moins rebelles, et plus enclines aux crises de larmes. Notamment la nouvelle détenue, qui croit dur comme fer que son copain philippin viendra la libérer de son enfer, malgré qu'elle se soit retrouvée là en raison des magouilles menées par lui, qui d'ailleurs cherche en plus à faire assassiner son ancienne belle en soudoyant les autres détenues de la même cellule.

 

 

Le film se révèle bien moins guilleret que Big Doll House, et cette fois la torture est belle est bien présente, même si elle n'est pas tout à fait explicite : écartèlement, séances de fouets, électrocution... Il faut dire que Pam Grier, dans son rôle de matrone, occupe la tête d'affiche, contrairement à la principale gardienne de Big Doll House. C'est ce qui explique aussi que cette fois, l'habituel abus des prisonnière à des fins sexuelles et lesbiennes soit de mise. Tout n'est pas cependant gratuit, puisque De Leon explique le caractère assez extrême de cette matrone par son passé, marqué d'un exil rompant avec sa condition de femme noire en Amérique, victime du racisme, d'un viol et de la misère de Harlem. Logique que du coup, le personnage se montre plutôt raciste à l'égard des américaines blanches qui ont atterri dans son établissement. La blaxploitation se met timidement en place et Pam Grier deviendra logiquement sa représentante la plus charismatique quelques années plus tard.


Mais revenons aux femmes en cages, pas franchement heureuses dans leurs cellules. Ce sont encore une fois les américaines rassemblées dans une même cellule qui constituent le centre d'intérêt du réalisateur (avec Pam Grier, évidemment). Roberta Collins est une junky tenace prête à tout pour sa dose, tandis que Judith Brown joue les utilités et qu'une autre actrice, non-américaine (non présente dans Big Bird Cage, ou au moins pas dans un rôle important) incarne la favorite de la gardienne. Ces trois personnages sont vaguement développés, mais l'orientation un peu plus dramatique du film met en avant leurs fortes carences d'actrices. La tristesse, la douleur, la surprise, tout ça n'est pas très bien rendu et il est assez difficile de s'intéresser aux états d'âme de femmes incarnées par des actrices qui n'appelaient pourtant qu'à rejouer les sauvageonnes de Big Doll House (côté qu'on retrouvera un peu sur la fin, cependant). Enfin bon, après tout, ce qui leur est demandé, c'est surtout d'être sexy, et au moins ça c'est réussi : non seulement le film présente bien plus de nudité que Big Doll House (même si jamais en dessous de la ceinture), mais il joue aussi beaucoup la carte de la suggestion, avec notamment des poses plutôt lascives et des crêpages de chignon ma foi sympathique.

 

 

En revanche, gros bémol pour l'actrice principale, la nouvelle venue et la quatrième prisonnière de la cellule "américaine" : non seulement elle se révèle bien plus prude que les autres, mais également le choix de l'actrice elle-même est peu judicieux, tant cette grande rouquine longiligne se révèle horripilante et qu'en plus son personnage sera à l'origine de toute une intrigue bateau sur une pseudo conspiration dont on se contrefout, et qui dans le final donnera lieu à une improbable bifurcation du film vers une espèce de sous-James Bond torché à la va-vite afin de rajouter dix minutes de film.


Malgré quelques surprises scénaristiques venant apporter une légère dose d'ironie et de sadisme à l'ensemble, Women in Cages est à mon sens un peu inférieur à Big Doll House. Trop classique, trop porté sur un humanisme facile et sur des sous-intrigues vaseuses. Pas forcément désagréable à regarder (merci à mesdames Grier, Collins et Brown), mais en tout cas sans rien de transcendant. Manque de tonicité et d'originalité, tout ça.

 

Note : 5/10

 

Walter Paisley
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