Possédée du vice, La
Titre original: Il dio serpente
Genre: Fantastique , Drame , Exotisme , Erotique
Année: 1970
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Piero Vivarelli
Casting:
Nadia Cassini, Beryl Cunningham, Sergio Tramonti, Evaristo Marquez, Galeazzo Benti...
 

Paola (Nadia Cassini) est une superbe jeune femme venant de convoler en justes noces avec un riche homme d'affaires accusant deux fois son âge : Bernard Lucas. Il emmène la belle italienne sur un domaine qu'il possède au bord de la mer des Caraïbes. Une vie oisive commence pour Paola, avec au programme ballades touristiques, bronzing sur le yacht, réceptions huppées... Très vite, elle fait la connaissance de Stella (Beryl Cunningham), une institutrice antillaise qui appartient à une secte religieuse locale. Elle ne tarde pas à parler à Paola des coutumes locales, à savoir le vaudou, et de cette religion païenne où cohabitent plusieurs divinités ainsi que les zombies, c'est-à-dire les morts-vivants.

Paola paraît très intéressée par ce folklore, si différent du christianisme. Un jour, elle se rend seule sur une petite île, et se retrouve bientôt nez-à-nez avec un serpent. Elle se confie à Stella, cette dernière décide de l'emmener à la rencontre d'un féticheur. Le sorcier apprend à Paola que le serpent est en réalité Jambaya, le Dieu de l'amour, qui a choisi cette forme pour apparaître devant elle. Avant de partir, le féticheur remet un talisman à Paola. Troublée par cette expérience, elle demande à Stella de l'emmener sur le lieu d'une cérémonie en l'honneur du Dieu Serpent.

 


Oublions le titre français parfaitement inapproprié, car le personnage incarné par une Nadia Cassini alors au tout début de sa carrière n'a pas le vice dans la peau, et n'est pas victime d'un cas de possession. Le film de Piero Vivarelli, auteur d'un sympathique "Mister X" et d'un médiocre "Satanik", n'a rien d'horrifique, et son côté fantastique a plutôt tendance à basculer dans l'onirisme. Rien d'étonnant à cela, étant donné que le vaudou est le thème central de cette oeuvre méconnue, et que par conséquent les rêves et les hallucinations y ont une place prépondérante. La démarche du cinéaste est au départ plutôt louable, puisqu'elle consiste à confronter deux cultures totalement opposées : le christianisme des Blancs, et le paganisme des Noirs. Monothéisme et polythéisme se rencontrent ainsi sans s'affronter, Vivarelli prenant soin de ne pas prendre parti pour l'un ou pour l'autre. Ce souci de prôner la tolérance dans la religion se double d'une ode à l'amour interracial. Si, au début du film, Stella sort avec un Noir, et Paola est mariée à un Blanc, la fin verra Stella s'unir avec l'ex petit ami de Paola, alors que Paola (veuve après que son mari ait été victime d'un accident d'avion) trouvera le véritable amour auprès du fameux Jambaya.

En dehors de la tolérance, le réalisateur cherche à démontrer le rôle prépondérant de la destinée au sein de chaque individu. L'idée est certes intéressante, mais en définitive l'exploitation de celle-ci n'en est pas moins gâchée dans son traitement. Les scènes de farniente où les deux héroïnes se dorent sur une plage, ou vont se balader, sont longues et répétitives, générant ennui et lassitude. Et surtout, l'ensemble ressemble plus à un dépliant publicitaire d'un tour operator qu'à un véritable film d'auteur. Ainsi passe-t-on du film touristique au mondo, par le biais d'une séquence de vaudou fort réaliste mais qui n'évite malheureusement pas le sacrifice non simulé d'une chèvre. Un peu agaçants également ces gros plans où le metteur en scène s'attarde sur un paquet de cigarettes où une bouteille de whisky, achevant de donner cette désagréable impression que les sponsors sont omniprésents.

 

 

Bref, "La Possédée du Vice" risque de décevoir les amateurs de cinéma de genre. La seule audace de Piero Vivarelli consiste à mettre en quelque sorte le vaudou et le catholicisme sur un pied d'égalité.

Pour le reste... L'érotisme, très présent dans l'esprit de l'oeuvre, ne se concrétise pas à l'écran. Il est bien plus suggéré que montré, avec cela dit un certain savoir faire. Reconnaissons au réalisateur le talent pour mettre le corps d'une actrice en valeur, en l'occurrence celui de la superbe Nadia Cassini (de son vrai nom Gianna Müller), alors âgée d'à peine vingt ans, et qui avait épousé l'année précédente le Comte Igor Cassini, âgé quant à lui de cinquante quatre ans, et dont c'était le quatrième mariage. Nadia Cassini ne s'illustrera guère dans le cinéma par la suite, sa notoriété se limitant à des premiers rôles dans quelques sexy-comédies, mais qui ne lui permettront pas de se mettre au niveau d'une Edwige Fenech ou d'une Gloria Guida.

Quant à Beryl Cunningham, on la verra dans d'authentiques bisseries, quelques années plus tard, dont "Le Continent des Hommes-Poissons" et le médiocre "Les Exterminateurs de l'An 3000", de Giuliano Carmineo.

Deux belles actrices, des superbes paysages des Caraïbes, une scène de vaudou efficace avec danses rituelles, transes et hystérie collective, et une partition musicale agréable d'Augusto Martelli sauvent à peine le film de l'ennui. A voir en dégustant un J&B, sponsor (officiel ?) de cette "Possédée du Vice".

 

 

Note : 6/10

Flint
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