Invasion des soucoupes volantes, L'
Titre original: Starship Invasions
Genre: Science fiction
Année: 1977
Pays d'origine: Canada
Réalisateur: Ed Hunt
Casting:
Robert Vaughn, Christopher Lee, Daniel Pilon, Tiiu Leek, Helen Shaver, Henry Ramer, Victoria Johnson, Doreen Lipson, Kate Parr...
 

Le capitaine Ramenes (Christopher Lee) décide, à l'aide de son armée d'extra-terrestres patibulaires, de prendre le contrôle de la Terre en exterminant tous ses habitants.
Pour cela, ils prennent le contrôle des esprits de leurs victimes grâce une savante technique de faisceaux lumineux, les obligeant alors à se suicider. Le professeur Duncan (Robert Vaughn), spécialiste des phénomènes spatiaux paranormaux, luttera contre cette invasion en s'alliant avec un autre groupe de visiteurs de l'espace, quant à eux plutôt amicaux.
Cet expert en OVNI s'efforcera alors de combattre ces ignobles créatures avant qu'elles ne parviennent à accomplir leur terrible mission. Mais pourront-ils, même en unissant leurs forces, arrêter l'horrible Rameses et ses cohortes avant qu'il soit trop tard ? Vous le saurez en regardant... ce film pas terrible.

 

 

Et oui ! Vous l'aurez compris à l'énoncé du résumé. Pendant que vous lisez cette petite chronique, une guerre est en train de se jouer dans l'espace entre deux races d'extra-terrestres, l'une d'elles s'échinant à nous exterminer, l'autre à nous sauver ! C'était tout du moins le cas en 1977 lorsque Ed Hunt tenta de surfer sur la même vague que le hit de Spielberg, "Rencontres du 3ème type". Je dis bien tenter, car on ne peut pas dire que cette livraison galactique, bien trop terre-à-terre, soit une réussite ; et si quelques passages font un bel effet aux mirettes, d'une manière générale elle demeure assez pauvre et répétitive, sans parler du manichéisme assez grotesque qu'elle recèle dans sa petite soucoupe, avec notamment cette bataille acharnée entre gentils extra-terrestres et méchants envahisseurs dont les motifs réciproques restent, tout du long, très généralistes, pour ne pas dire flous.
Au crédit de Ed Hunt, cependant, le fait d'avoir de la suite dans les idées puisqu'à y regarder de près, on s'aperçoit que durant toute sa petite carrière, celui-ci s'est intéressé aux ovnis, aux créatures venues de l'espace ou même à l'influence que d'autres astres peuvent avoir sur notre comportement, ce qui nous vaudra d'ailleurs une réussite de sa part et peut-être son meilleur film : "Les tueurs de l'éclipse", ce, en 1981.
Ailleurs, ce sont quelques titres qui retiennent l'attention, tels "Mutation" (M-3 : The Gemini Strain, 1978), un documentaire dédié aux ovnis (Flying Saucers Are Real! / UFO's Are Real, 1979), "Alien Warrior" (1985) qui mélangeait invasion extra-terrestre et film de gangs, puis "Manipulations" (The Brain, 1988), dans lequel un savant se servait d'un organisme géant venu d'ailleurs pour manipuler les pensées de ses congénères. Un thème, si l'on peut dire, que l'on retrouve donc déjà dans "Starship Invasions", puisque nos salopards de première, entraînés par un Christopher Lee semblant jouer à un jeu vidéo, s'escriment à shooter leurs ennemis tout en générant, grâce à un faisceau, une vague de suicides au sein de la population.

 

 

Je ne prendrai pas trop de précautions avec les manettes, ni de constellations détournées, pour affirmer ici que "Staship Invasions", malgré un titre prometteur et la présence de certains acteurs renommés, ne vaut pas tripette.
Le talent de Christopher Lee a été plus ou moins bien exploité tout au long de son immense carrière et cette exploitation "ufoienne", même si elle ne saurait être retenue contre lui, ne contribue en rien à la qualité de cette même carrière. Finalement, comme suggéré plus haut, Hunt se contente le plus souvent de le cadrer puis de le zoomer en gros plan en train de faire les gros yeux, ou bien de profil, en train de canarder de la navette ennemie. Ça ne va guère plus loin. Quant à Robert Vaughn, un acteur de moindre talent tout de même (ce qui ne veut pas dire que je ne l'aime pas), il semble assoupi lorsqu'il ne se promène pas entre sa petite cabane de chercheur solitaire et le petit bois alentour. On ne peut pas dire, en tout cas, que sa présence soit ici très charismatique.
Non, "L'invasion des soucoupes volantes" ne vaut que pour quelques séquences rigolotes un brin dégénérées, en même temps que pour son petit cachet graphique à tendance pop psychédélique. Il conviendra donc de saluer le travail de Mark Irwin qui contribuera à d'autres films de genre comme "Spasms" de William Fruet, "Scanners", "Dead Zone", "Videodrome" ou "La mouche" de Cronenberg, ou même encore "The Blob" version 88.

 

 

N'oublions pas non plus une excellente musique signée Gil Melle (Mellé) ("Embryo", "La sentinelle des maudits", "La plage sanglante"...) qui contribue elle aussi à ce petit cachet un poil anachronique.
On retiendra donc, non sans une certaine indulgence, les quelques moments drôles qui émaillent "Starship Invasions". Ainsi, ce fermier qui se fait enlever dans son champ en début de film avant de se retrouver avec une extra-terrestre à poil pour consommer dans une navette digne de Sibor et Bora ou de Brok et Chnok. Finalement, peu de personnes ne s'étonneront plus que cela, ensuite, de son histoire, surtout pas notre professeur Duncan campé comme un radis par Robert Vaughn. Quelques dialogues assez étonnants, comme ceux de notre capitaine Rameses, qui se mettra martel en tête de pourchasser "la femelle qui conduit cette voiture !". Des soucoupes volantes se promenant régulièrement de manière assez naturelle, et la plupart du temps de jour, près de nos habitations et cités sans que grand monde ne s'en émeuve non plus. Des bastons finales en plein ciel entre nos deux groupes dissidents d'extraterrestres qui donneront l'impression aux plus anciens d'entre-nous de se refaire des parties de Computer Space, et puis c'est, à ce qu'il me semble, à peu près tout ce que je pourrais dire de cette petite série B, certes fauchée, mais qui ne fait pas trop d'effort pour déployer un arsenal d'imagination très conséquent, et qui, par conséquent, pour une aventure spatiale, reste le plus souvent au ras des pâquerettes.

 

 

Mallox

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