Singe du diable, Le
Titre original: The Devil's Gift
Genre: Horreur , Epouvante , Fantastique , Agressions animales
Année: 1984
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Kenneth J. Berton
Casting:
Bob Mendelsohn, Vicki Saputo, Struan Robertson, Bruce Parry, Madelon Phillips...
 

Une vieille dame se livre, dans une vaste et vieille demeure, à des incantations d'ordre diabolique. La maison et ses objets se mettent à trembler avant que la demeure ne finisse par littéralement exploser. Juste avant, une peluche en particulier avait prévenu l'orage : un singe à cuivres qui les fit résonner...

 

 

... Nous voici en pleine banlieue middle class américaine. Des jouets sont achetés au magasin du coin et le fameux singe à cymbales se retrouve dans cette famille qui vient d'emménager avant d'échoir à Mickael, leur jeune enfant de neuf ans. Bientôt, c'est la débandade et en guise de crémaillère, le singe à cymbales se fait apocalyptique. Grâce à des pouvoirs de télékinésie, il parvient même à enculer les mouches au passage, tant et si bien que le papa commence à devenir dingue. La maman a aussi remarqué que ses plantes se mettaient toutes à crever les unes après les autres ! Mais jusqu'où ira ce singe en peluche tout droit sorti des enfers ?

 

 

Attention, ce film, qui n'a strictement rien d'un nanar (hormis si l'on se chatouille sous les bras à sa vision), est exécrable ! Il s'agit d'une vague adaptation déguisée d'une nouvelle ("Le singe") de Stephen King, parue juste avant. On la doit au producteur/réalisateur indépendant Kenneth J. Berton, auteur de deux films, celui-ci puis un second avec Ernest Borgnine en 1996, "Les nouvelles aventures de Merlin l'enchanteur", sorte de contes de la crypte dans lequel on retrouvait en condensé le film ici présent. C'est dire toute l'ambition d'un réalisateur qui, non seulement fait preuve de zéro degré d'imagination, mais recycle qui plus est le néant qu'il a lui-même engendré.

A l'écran, c'est toutefois l'occasion de découvrir quelques acteurs méconnus, voire carrément inconnus, avant de les oublier après le générique de fin (si l'on tient jusque là). Quid de Bob Mendelsohn (le papa) dont c'est le premier film, et que l'on retrouvera ensuite dans deux ou trois séries parmi lesquelles "Falcon Crest" avant de disparaître des écrans ? Quid de Vicki Saputo (la maman), dont c'est le seul film jusqu'à un nouveau rôle en... 2011, dans "Rubicon's Broken", un thriller en pleine post-production qui devrait se retrouver en marché direct to vidéo ? Quid de Struan Robertson (l'enfant), ici tête à claque comme la plupart des gamins mal employés dans ce genre de production et qui reprend le travail lui aussi seulement depuis 2011 comme technicien du son ? A la vision de The Devil's Gift, un seul constat s'impose : cette bobine fut en effet un vrai cadeau diabolique, à la fois pour ses acteurs qu'elle semble avoir desservie, mais aussi pour le spectateur, car, tenez-vous bien, il ne se passe presque rien dans Le singe du diable !

 

 

Rien, ou presque. Citons donc les passages les plus marquants de ce film qu'on peut donc inscrire, à l'instar d'un "Teddy", dans le sous-genre du film de peluches qui tuent (lui-même dépendant d'un autre genre, celui des jouets diaboliques : "Dolls", "La poupée du diable", etc.)
Passé le déferlement fantastique du début, tout droit sorti du Poltergeist de Hooper/Spielberg, le film stagne au minimum quarante cinq minutes avant qu'un événement digne de ce nom se manifeste. Ca y est, après avoir subi l'emménagement de cette banale petite famille, l'achat de jouets dans un magasin spécialisé, moult séquences où Michael joue avec sa tuture à pédales, les plantes se mettent enfin à crever ! Bouh ! Les gros plans sur le singe en peluche - qui soit dit en passant passe une bonne partie du film sur le frigidaire de la cuisine, là où chacun met ses peluches, il va de soi - affluent. Ok, ce singe avec ses gros yeux et ses grosses dents a vraiment une sale gueule, mais tenter d'en faire un objet diabolique, comme c'est ici le cas, tombe systématiquement à plat. Mal dirigé, à l'instar des autres interprètes du film, les légères contorsions du singe à cymbales et ses légers claquements de cuivre tombent à plat. Et que dire des scènes absurdes où le père se retrouve coincé dans sa douche à se prendre un déluge bien peu spectaculaire d'une substance non identifiée (de la boue ? de la merde ? un peu de sang ? cela relèvera du mystère malgré qu'on devrait logiquement frémir à cet instant...). Que dire du même homme tentant d'écraser une mouche qui le gêne, en lui tournant autour, qui n'y parvient pas mais qui devant lui voit le singe pulvériser Jeff Goldblum (?) lorsque le brachycère passe entre ses diaboliques instruments de fanfare si ce n'est qu'il s'agit peut-être du meilleur moment du film, ou tout du moins du plus intrigant. S'ensuivra donc toute une partie où le père prendra conscience de la source du mal dans son foyer avant de tenter par tous les moyens (surtout les plus cons) de s'en débarrasser. Inexorablement, à l'instar des mains coupées diaboliques ("The Hand", Les doigts du diable...), la peluche, au lieu de revenir d'elle-même, se fera carrément déterrer et ramener en taxi pour continuer de hanter sans qu'on sache trop pourquoi la même famille.

 

 

Inepte, crétin, mal fichu, sans rythme, Le singe du diable est une véritable connerie à regarder uniquement dans un moment d'égarement. Soit, trois ou quatre passages sont plutôt risibles (compter parmi eux une ou deux scènes de dialogues stupides entre les deux voisins, qui, faute de mieux, avouent bien s'aimer - mais attention au doublage sans doute très approximatif et peut-être franco-québécois pour le coup), mais aller au terme des 87 minutes que dure cet épouvantable horrifique à zéro de tension constante tient plus de l'expérience que d'un pur plaisir de cinéphile ou cinéphage. Quant aux amateurs de frissons, de scènes sanglantes voire gores, d'atmosphères inquiétantes, ils peuvent passer leur chemin en toute quiétude.

 

Mallox

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