Machine à tuer, La
Titre original: Project: Kill
Genre: Thriller , Action , Science fiction
Année: 1976
Pays d'origine: Etats-Unis / Philippines
Réalisateur: William Girdler
Casting:
Leslie Nielsen, Gary Lockwood, Nancy Kwan, Vic Silayan, Vic Diaz, Galen Thompson, Carlos Salazar, Pamela Parsons...
Aka: Total Control (vidéo) / The Guardian (titre prévu originellement) / The Specialist (Finlande)
 

John Trevor, un des chefs suprêmes d'un service de police "Top Secret US", dégoûté du régime et de la discipline exigés par cette administration, notamment par les manipulations mentales ayant cours afin de former des assassins aux Philippines, démissionne sans prévenir puis s'enfuit. Aussitôt, Frank Lassiter, son plus proche collègue, est envoyé à Manille pour le ramener à tout prix, avant qu'il ne puisse, peut-être, transmettre des informations de la plus haute importance. S'ensuit une chasse à l'homme à travers le monde, où dangers et guet-apens surgissent à chaque instant...

 

 

Soit, à l'écran Project: Kill multiplie pas mal les tares : les scènes de restaurant et les discussions anecdotiques abondent, les personnages y sont stéréotypés à l'extrême, les expressions selon les situations, trop marquées et le scénario un peu confus. On peut facilement se mélanger les pédales entre le gang philippin pourchassant Gary Lockwood et l'autre, filant Leslie Nielsen, le plus improbable restant les instructions données par Interpol à l'ex lieutenant de John Trevor, Frank Lassiter, après un long moment à le pourchasser (et tout juste avant l'heure de bobine), lui spécifiant que s'il ne peut le ramener, qu'il le tue (alors que nous, spectateurs, étions jusque là certains qu'il était "dressed to kill", bref...).
Nancy Kwan y paraît nunuche ("On pense toujours à soi-même", "Toi, y'en a gentil, moi t'aider, moi donner mon corps à toi"). On pourra également lui reprocher un certain manque de rythme, ce dernier se faisant trop souvent anémique ou anémié par ces mêmes séquences de restaurant ou de coucoucheries. Enfin, quelques dialogues tellement tirés par la perruque qu'ils en deviennent un peu risibles : le "Je sais quelles sont vos intentions !" que Pamela Parsons lance à Gary Lockwood avant qu'il ne prenne l'hélicoptère, alors que tout le monde les a décelées depuis belle lurette, ou lorsque le type se prend une méchante raclée et que Gary Lockwood, son assaillant, arrêté juste avant qu'il n'en fasse de la chair à pâté (parce que le punching-ball humain peut être utile à la police et à Interpol), se fend d'un "Commissaire... je ne lui ai pas donné un seul coup mortel !". Ceci étant, en poussant un brin plus loin le raisonnement, on voit mal un type sans dents cracher le morceau...

 

 

On peut néanmoins concéder à Project: Kill quelques bons points : une gifle assénée de façon gratuite par Pamela Parsons à Gary Lockwood avant que ce dernier ne lui roule une pelle pour la peine, une bonne grosse dose d'action distillée en dos de chameau entre deux scènes chiantes avec des poursuites en bagnoles, des fusillades, des passages à tabac avec un soupçon de sadisme et de violence graphique, ainsi qu'un duel final façon western dans lequel Lockwood lourde le pire "cri de la hyène qui tue", au ralenti. Sans oublier des personnages fantasques dans une intrigue qui ne l'est pas moins, frôlant même la science-fiction avec ses junkies, dopés pour être à la fois programmés et ultra-violents.
La Machine à tuer peut d'ailleurs se targuer, alors que Hollywood est en pleine époque du complot et de la paranoïa, d'être le premier film à évoquer les agissements tenus secrets de différents services gouvernementaux en mettant en scène, bien avant "La Mémoire dans la peau" ou le roman de Robert Ludlum qu'il illustre, des agents servant de cobayes consentants à des expérimentations chimiques ayant pour but de les transformer en super soldats et super agents, via des manipulations chimiques telles que le MK-Ultra, projet secret para-légal, voire illégal, de la CIA des années 1950 à 1970 et visant à développer les techniques de manipulation mentale, dévoilé par la même CIA en 1975.

 

 

Restent également des acteurs sympathiques qu'on a plaisir à retrouver : outre Leslie Nielsen qui pratique ici le kung-fu-manchette deux-en-un à la perfection (et qui tournera à nouveau avec William Girdler en 1977 pour Day of the Animals, ce bien avant de sauver la reine, le président et Hollywood) et Gary Lockwood (L'épée enchantée mais plus connu pour "2001, l'odyssée de l'espace" ou de par sa présence dans moult séries télé dont Night Gallery), on y retrouve notamment Vic Diaz, figure quasi-légendaire des productions philippines (Beast of the Yellow Night, Beyond Atlantis, Raw Force, Sudden Death, Une femme dangereuse, Attaque à mains nues), ici parfait en chef de gang. Quant à Nancy Kwan, déjà présente aux côtés de Vic Diaz dans Ongles rouges et cuisses d'acier de Robert Vincent O'Neillon, on ne peut hélas pas affirmer que sa prestation tout en faux-semblants soit convaincante. Au niveau casting, elle reste le maillon faible de Project: Kill et l'on fera en revanche une petite place aux plus méconnus Galen Thompson, en charge ici du scénario et habitué aux seconds rôles (Le Couloir de la mort, "Les Mercenaires de l'espace") ainsi qu'à Pamela Parsons dont c'est le seul et unique film.

 

 

Réalisé par William Girdler (Three on a Meathook, Abby, Asylum of Satan, The Manitou, Grizzly, ...), Project: Kill connut une distribution plus que chaotique : écrit à la base par David Sheldon, également producteur de la chose, puis réécrit par Galen Thompson, le film devait connaitre une carrière internationale, exploitant la notoriété de ses deux acteurs principaux et celle de Nancy Kwan, mais sera, une fois fini, prématurément enterré : la Inter-Ocean Films qui devait le distribuer trainait à n'en plus finir, si bien qu'une autre société (La Sterling Cie) prit le relais. Sauf que le meurtre inattendu d'origine mafieuse de son patron occasionna un imbroglio juridique qui lui fut fatal, générant un énorme conflit de succession et stoppant net sa distribution internationale. Ce n'est que par l'intermédiaire de Doro Vlado Hreljanovic, PDG de Picturmedia, que le film fut distribué, mais directement sur le marché vidéo aux USA, et seulement au début des années 80 dans d'autres pays. Encyclociné indique qu'il fut exploité en province par la Sami Films. Probablement tardivement à regarder les films pris en charge par la société et leurs dates d'exploitation ("Scorchy, agent fédéral" avec Connie Stevens, réalisé en 1976 lui aussi et projeté en salles en 1980, mais aussi "Shaolin contre Wu Tong" de Liu Chia-liang en 1983). Il a en tout cas été édité en VHS en France d'abord chez VIP, puis respectivement chez CEC, UVD (United Video Distribution), Socaï (recyclant la jaquette UVD), Carrère, puis chez ces margoulins de Initial / Horizon Home Video * doté d'un horrible visuel (en plus d'une autre édition, probablement Prism Pictures ou Prism Vision (encore Initial donc...) , vendue sous le manteau et reprenant le visuel de "L'heure du crime" avec Kiefer Sutherland **).

 

 

Quoi qu'il en soit, plus proche de par son scénario d'un Sudden Death, lui aussi avec Vic Diaz, ou d'un Robert Clouse dans un jour très moyen que des "3 jours du condor" ou plus encore du "Tueur d'élite" de Peckinpah, auquel on peut aussi l'affilier, La Machine à tuer est une petite mécanique qui se laisse voir sans déplaisir mais sans non plus se montrer véritablement palpitante. A vous de voir si l'occasion venait à se présenter !


Mallox



*

 

**

 

***



Le film en VHS sur VHSdb

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