Saturday Night Special
Genre: Porno , Polar , Thriller , Rape and revenge
Année: 1976
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Sam Bloch
Casting:
Jamie Gillis, Jeffrey Hurst, Georgette Jennings, George Payne...
Aka: Atraco infame / The Love Lords (Version US Soft Corps)
 

Une équipe d'escrocs - petit gang bang sans grande envergure - prépare de longue haleine un hold-up. Le but étant de voler des diamants dans une petite compagnie d'assurances. "Le million, le million !" clament-ils dans cette Roue de la fortune qui tournera à l'infortune, remplacée, hélas, par Le Juste Prix : en effet, baisés après avoir tué malencontreusement le gardien des lieux, ils se retrouvent bloqués (belle idée du réal Sam Bloch !) à prendre en otage les employés. Faut dire que parmi eux, deux bêtes sexuelles féroces étaient infiltrées : l'une se servant de ses dents pour violer les otages, l'autre d'un sécateur pour tailler les troènes (sans procès ni tribunal de la haie). Fichtre, après avoir regardé La fille dans la porcherie, voilà votre humble serviteur déjà de retour chez des sauvages !

 

 

Ça commence à l'arrière d'une voiture, comme une tétée pour bébé et sur fond de rock progressif, mais pour le moment, sans réels glissements du plaisir. Le couple, encore non identifié à c't'heure, se mélange la bouche avant que l'homme ne donne sa langue au chat.
Entre-nous, faut bien le dire comme c'est : à l'écran, pour le coup peu solaire et sans voir le quart d'une lune, le type s'éternise en préliminaires et s'escrime bien trop longtemps sur ce bout de téton qui, lui, a durci depuis belle lurette sans qu'on ait vu le bout de notre queue frétiller le moins du monde. Cinq minutes pour ôter culotte et dévoiler le pot-aux-roses, on peut trouver chat un peu long. A fortiori (et a posterieuri aussi) sur une durée totale de métrage de 62 minutes 33 secondes.
Le clou est enfoncé lorsque, toujours dans l'anonymat le plus total, l'homme, qu'on soupçonne donc être un bandit au regard du titre du film, se fend enfin d'un petit braquage façon perçage de coffre-fort. Petit hic toutefois, le mec se gratte le cul, ce dernier occupant façon 16:9ème l'écran, puis remonte un peu son jean pour pilonner madame. On a vu des présentations plus gratifiantes que ce cul poilu anonyme faisant office de présentations.

 

 

"Culte !", "Jouissif !!!", "A must seen !", "Une bonne grosse bite dans le cul !", tels sont les qualificatifs qu'on trouve à propos de Saturday Night Special. Nous voici appâtés, on n'a donc pas envie de se faire enculer.
Comme le chantait le poète écorché vif mais brutal : "Ils s'aimaient à l'arrière des taxis, peu importent les années, et peu importent les villes, c'est Paris, Moscou Berline, Berline l'enchanteresse, 99% fois sur 100, la femme s'emmerde en baisant. Qu'elle le taise ou bien le confesse, c'est pas tous les jours qu'on lui déride les fesses". Ou un truc de ce genre. En même temps, je vous dis ça car je me fais un peu chier. Devant moi : plan d'arbres qui défilent en contre-plongée. Merci pour eux. 10 minutes au compteur.

Ça y est ! Sam Bloch (mais pas trop) prend enfin son pied sur la pédale d'accélération et nous retrouvons nos trois protagonistes : le couple et le chauffeur aux abords d'une piscine, en train de parler à un quatrième, sorte de ponte mafieux ayant la particularité originale de ressembler à une sorte de ponte mafieux. "Be careful !", c'est son mot d'ordre ; il s'agit, on le comprend à demi-mots, d'un coup diamantaire à 1 million de dollars dont notre chef de gang souhaite sortir sain et sauf. Bref, discrétion exigée et tout le bazar.
On se demande, dans ce cas, ce que fiche à quelques mètres d'eux sa jeune pouliche alternant bronzette sur transat, étalage d'huile solaire et baignade dans la piscine. Une infiltrée ? Peut-être bien. Une pénétrée, assurément ! Encore que ce dernier point G soit contredit juste après puisque la jeune femme participant au coup et qui vient de prendre quelques bons coups dans la Cadillac qui les a amenés, l'a rejointe dans sa chambre pour une inattendue séance saphique.

 

 

Voici qu'on se retrouve dans le bureau d'assurances prêt à se faire dévaliser, aussi triste que le centre de sécurité sociale de Bourg-les-Foins, dans lequel le chef, coincé entre deux moustachus vintages, sermonne sa jeune employée : "Quand vas-tu enfin évaluer le niveau de sécurité dont cet office doit faire preuve ?". Bref, le chefaillon trouve ça fort de café de ne pas faire preuve de plus de vigilance, à faire pénétrer n'importe qui ici sans appuyer sur le clitoris de sécurité et lui promet, dans le même temps, de bientôt se retrouver sur le trottoir à chercher un zob, enfin du boulot quoi, si cela continue ainsi. Faut bien dire aussi qu'à ce moment, y a du mou dans la gâchette de ce Saturday Night Special qui manque de calibres et de trous de balles.

"Bonjour bonjour, les p'tites rondelles, y a d'la joie !" clamait le chanteur gai Charles Trenet, presque tondu après la libération ; oui, certes, mais quand la chair est absente, mamelle a beau danser le long des golfes de Julien Clerc, la douce transe est absente elle aussi ; quand bien même bercée de tant d'insouciance.
Heureusement que l'un des moustachus l'invite dans son bureau pour une partie de jambon ("Jamón, jamón" style !) agrémentée, pour le spectateur, d'un solo de guitare bien plus effréné que cette dernière. L'occasion en tout cas de se remémorer le bon vieux temps où les boxers n'existaient pas et où les slips kangourou distendus possédaient encore leur charme. Un temps révolu où - on le constate aussi - garder ses chaussettes pendant l'acte d'amour n'avait rien de rédhibitoire. S'ensuit des plans macros de pénétration puis d'éjaculation : à la vue du montage, un brin heurté, difficile d'affirmer que les ustensiles appartiennent aux acteurs montrés juste avant et le doute subsiste quant à l'utilisation éventuelle de stock-shots ou d'échangisme matériel. Marrant aussi cette manie, alors qu'on sait que le chat - bien qu'aimant mouiller - craint l'eau, de voir ce sperme exploser façon kamikaze, sur le pubis et à l'extérieur du minou. Une éjaculation, soit dit en passant, si précoce qu'on n'a même pas le temps de voir son propre kiki durcir. Ô surprise, tel un pompiste, le type a de la réserve, il lui en reste ! D'où une nouvelle ingérence à l'américaine au pays des barbus. Faut dire que, comme son titre l'indique, il parait assez logique qu'on puisse tirer ici plusieurs coups d'affilée.

 

 

La suite, euh... faisons court, de toute manière c'est le calibre qui compte, et contentons-nous d'en énumérer les meilleurs passages (à tabac - ceci n'est pas un calembour) : chez les gangsters, la femme ayant couché avec une autre semble s'être fait prendre en flagrant délit et se prend une tarte de jalousie par le Junk Gun de la bande (Jamie Gillis). Un plan sur un réveil qui fait tic et tac, censé instiller suspens (attention, l'heure du hold-up approche !). Une Cadillac sur une nationale. Un chef de gang qui fait un chaleureux au-revoir de la main à ses hommes. Une femme qui classe des archives dans un bureau tout gris. Bref, tout le monde, à défaut d'être à poil, a l'air de se faire chier royalement. Jusqu'au moment où cela se débride enfin, la joyeuse bande cesse de s'enfiler pour enfiler ses masques et braquer l'office (du reste peu catholique) qui semblait sombrer dans la dépression à force d'ennui.
Tarantino s'en serait inspiré pour "Sperme Friction" et "Les Huit Salopes" que ce n'en serait pas étonnant, à plus forte raison lorsqu'on connait la propension du cinéaste à partouzer tout ce qu'il trouve.

 

 

Dans Saturday Night Special, à défaut de bites dans des chattes, le premier coup de feu sera donné à bout portant sur le boss de la petite compagnie d'assurances. Un boss qui mettra une bonne minute avant de rendre l'âme à coups de "Argh, ah, ha, oh, ahhhh...", sorte d'ultime orgasme avant de rejoindre le paradis des putes et autres grosses catins de banquiers ou d'assureurs. Finalement, si seuls les anges ont des ailes, seuls les braqueurs ont des couilles au cul.
Pas de fist-fucking non plus dans une bobine dont le titre fait référence à une arme de poing. En revanche, en tant que féministe impénitent, outre une attaque au sécateur, je ne peux que vous conseiller la scène du viol de l'employée, un viol sauvage et beau. Encore que, la vache, on ait un peu mal au seins pour elle. Bien que répétitive (la pauvre se faire pétrir et surtout écraser la tronche à tout va sur un divan seventies peu confortable), il s'agit sans nulle goutte de la meilleure scène du film : glauque, infâme autant qu'interminable, elle est si répulsive que bien des zgegs se recroquevilleront à ce moment là. Soyez-en avertis. A fortiori lorsqu'on nous re-balance ensuite le même plan de pénétration que celui évoqué ci-dessus jusqu'à ne plus savoir quoi appartient à qui (ou le contraire). Décidément, à retranscrire les faits ici, je m'aperçois qu'il y a plus d'une couille dans le potage !

 

 

On retrouve donc, en tête d'affiche (du reste, la tête pas que là) et dans le rôle complètement barge du junk gun, homme de main furieusement allumé, l'incroyable Jamie Gillis qui souille ici tout ce qu'il peut avec un rictus pour le moins carnassier, ce juste avant le tout en lavement Waterpower, par rapport auquel Saturday Night Special peut se voir comme son brouillon. Un acteur-égérie dont tous les chemins de psychovision mènent à l'homme (The Vixens of Kung Fu, 800 Fantasy Lane, The Ecstasy Girls, Coed Fever, Aunt Peg, Dracula Exotica, Body Love...).
Autant dire qu'il fait tout l'intérêt (du cul) de ce pornard du pauvre. Il n'est pas trop mal soutenu par Jeffrey Hurst ("Fantasex"), notre moustachu de sévices et enculeur de cons qui recroisera Jamis Gillis pour "Femme ou démon" puis "The Ganja Express", pellicule remplie de pipes. Citons George Payne ("Gorge profonde II") en acolyte de braquage doté d'un masque de babouin. Enfin, parmi les dames les plus actives ici, on note la présence de Georgette Jennings dont Saturday Night Special fera office de snuff puisque, après cette première incursion dans un "hardcore" à petit budget (et malgré les recherches assidues de George C. Scott) jamais ensuite on ne la reverra.

 

 

En tout cas, tout cela est bien dommage : tenter de faire un film de cul avec une véritable histoire de casse pour finir par livrer un film sans trop de sexe en plus de ne pas casser des briques, c'est pas de cul ! D'ailleurs, croyez-le ou non, on y fait même l'amour sous couverture ! Un comble ! Quant à la troisième et avant-dernière pénétration en gros plan, bon, là, rien à redire, on voit bien qu'on a changé de couilles et de chibre, mais déception nuptiale devant un manque aussi béant d'imagination. Sans compter que le spectateur peut aussi en avoir marre de se faire gicler en pleine face...
Finalement, on en revient à ce qu'en disait cet érudit pornographe de Jacques Siclier à l'époque, dans l'émission "Le masque et la lune", ce après avoir crucifié ses 2 T sur papier Q dans Télérama : "Pris en sandwich de manière tout à fait délectable entre Who Killed Cock Robin? et Forced Entry, la moralité de Saturday Night Special est inattaquable. Ça jute, ça gicle, même si toutefois, ça manque d'un peu de clitoris !".

 

 

Quelques détails techniques pour les plus amoureux transat du genre : attribué au mystérieux Sam Bloch qui, contrairement à son crédit en tant que réalisateur passant de l'achat au débit, certaines sources chaudes attribuent la paternité de Saturday Night Special (retitré "Magnum Force dans l'minou" en Wallonie profonde) à Roberta Findlay. Rien à voir en tout cas avec le romancier-scénariste américain, ni avec d'autres quelconques Roberts. Il n'en demeure pas moins, selon ces mêmes spécialistes, qu'il s'agit là d'un "Must" du panpan-cucul et des polars façon "j'te fais l'trou with my gros calibre". Quant à son producteur crédité, Robert Petroff, bien que pétri de bonnes intentions (en témoigne un générique fait de brassage mammaire), son unique pénétration comme producteur de porno peut être considérée comme un tir à la visée un peu courte. Sans jamais tomber dans le scato, en plus d'être mal branlée, cette livraison à tendance rape & revenge s'avère être un film assez merdique. Additionné d'une morale à faire frémir François Filou, voire même d'exciter une fois de plus la jalousie chronique de notre consanguine nationale notoire baisant avec son moustique de cousin, la bien née Miss Christine Brouttin, Saturday Night Special fait, en quelque sorte, un peu chier la bite. On saluera malgré tout l'initiative d'instiller du "glauque comme on aime", qui fait mal aux paupières. A ce propos encore, pas de quoi piquer un fard non plus.
Il convient à l'évidence de le regarder en famille pour une efficacité maximale.

 

 

Mallox

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