Robe blanche de Pamela, La
Titre original: The Two Worlds of Jennie Logan
Genre: Thriller , Fantastique
Année: 1979
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Frank De Felitta
Casting:
Lindsay Wagner, Marc Singer, Alan Feinstein, Linda Gray, Henry Wilcoxon, Joan Darling, Irene Tedrow, Peter Hobbs, Constance McCashin...
Aka: La double vie de Jennie Logan / Les deux Mondes de Jennie Logan / The Double Life of Jenny Logan
 

Jennie Logan a du mal à pardonner à son mari une infidélité récente mais l'aime cependant profondément, tandis que lui fait tout pour se faire pardonner et reconstruire leur couple. Nouvellement installés dans une vieille maison victorienne, Jennie découvre dans le grenier une magnifique robe qui très vite la fascine. Elle décide de la réparer puis de la porter. Dès lors sa vie va basculer dans d'étranges aller-retours entre deux époques avec, peut-être, la capacité à changer certains destins dont le sien...

 

 

Tiré du roman de David L. Williams intitulé "Second Sight", The Two Worlds of Jennie Logan appartient à la catégorie des bobines faisant s'entremêler voyage à travers le temps et histoire romantique qui défie, ou bien le passé, ou bien le présent, quand ce ne sont pas les deux. Il y a du reste une similitude singulière entre "Jennie Logan" et le très beau "Quelque part dans le temps" (Somewhere in Time) imaginé par Richard Matheson puis adapté en 1980 par Jeannot Szwarc. Afin d'éviter les confusions temporelles, signalons que le roman de Matheson a été publié en 1975 tandis que celui de Williams fut édité en 1977, soit deux ans après. Nul procès à faire à l'un comme à l'autre, d'ailleurs à ce petit jeu d'amour fou projeté dans le passé, il n'y a qu'à citer le magnifique "Portrait of Jennie" de William Dieterle. Ce dernier date de 1948 et leur met trente ans dans les dents. Il semble avoir été l'une des sources d'inspiration du roman de Matheson, "Le Jeune homme, la mort et le temps", tandis que pour celui qui nous concerne, il n'y a qu'un croquis puis une robe blanche et un vieux tableau à franchir pour passer d'une Jennie à l'autre. "Portrait of Jennie" fut d'ailleurs écrit par un romancier méconnu en France, un certain Robert Nathan...

 

 

Frank De Felitta n'est décidément pas manchot. Après avoir participé au script de Population zéro, excellent au demeurant, puis d'être plus tard la source littéraire de Audrey Rose comme de L'Emprise, il lui arrive de passer derrière la caméra, le plus souvent pour la télévision. Ainsi lui doit-on au moins deux réussites du petit écran : Danger Doberman ! qu'il réalise en 1973 et Les Fleurs de sang qui date de 1981 et jouit encore aujourd'hui d'une belle côte. Entre les deux, il tourne ce The Two Worlds of Jennie Logan, moins connu mais non moins réussi.

En effet, The Two Worlds of Jennie Logan conjugue avec bonheur les thèmes de l'amour fou, de la dualité et du voyage dans le temps avec, pour ce dernier pan, la possibilité offerte dans un dernier segment et, une fois les découvertes faites au passé comme au présent, de modifier le cours des choses et ainsi d'éviter un assassinat pur et simple. Seulement, à vouloir changer l'Histoire, on peut aussi la créer pour s'apercevoir au final qu'on a juste été l'acteur d'une boucle temporelle réelle dont les tenants et les aboutissants demeurent immuables, comme une fatalité, un destin dans lequel le rôle qu'on croyait jouer nous implique intégralement avec ce mirage initial, celui de se croire spectateur.

 

 

Rares sont les cinéastes à avoir gagné leur pari de conjuguer romantisme, allers et retours temporels et thriller pur, ce que De Felitta transforme parfaitement. Il part d'une trame a priori banale, celle d'un couple en déliquescence qui emménage dans une nouvelle demeure puis, petit à petit, parvient à instiller une ambiance mystérieuse, un suspens indicible mais envoûtant pour achever son récit dans un complot qu'on tente de déjouer. Sur le registre d'un meurtrier pourchassé, Nicholas Meyer avait parfaitement réussi son thriller science-fictionnesque fantaisiste avec "Time After Time", sorti sur les écrans la même année. Pourtant, Les deux Mondes de Jennie Logan n'évolue pas tout à fait dans le même monde ni même dans celui plus onirique d'un "The Ghost and Mrs. Muir". Il offre un délicieux mélange de films de fascination ("Laura"/"Jennie"/"Pandora"), de suspens ménagers complotistes à tendance paranoïaque ("Rebecca"/"Gaslight") qui feront aussi les beaux jours de la Hammer ou du giallo, ainsi que de flirter avec la possession.

 

 

Produit avec un budget modeste pour la CBS par Joe Wizan (Prime Cut, Refroidi à 99%, Audrey Rose, Dark Night of the Scarecrow, Fire in the Sky...), cette Double vie de Jennie Logan n'a certes pas la splendeur et la magnificence des œuvres hollywoodiennes citées dans cette petite chronique mais elle se défend de manière assez remarquable dans sa catégorie.

Il n'y a rien à redire à propos de l'impeccable prestation de Super Lindsay Wagner Jaimie, et ses partenaires se montrent au niveau ou à peu près. En premier lieu, sa rivale Linda 'Dallas' Gray (Les chiens fous) qui arbore une tête de garce comme on les aime (mais les meilleures féministes restent les hommes, à n'en pas douter) ; Plus Starsky que Hutch, Alan Feinstein est un peu moins convaincant quoique sa composition soit tout à fait honorable en mari dépassé par les événements ; quant à Dar l'invincible (Marc Singer), téléporté en 1899, il fait un putain de carnage chez ces dames du temps jadis sans même sortir son... arsenal de séduction.
Une réussite intemporelle ? Peut-être bien.

 

 

Mallox

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