Dans la poussière du soleil
Genre: Euro-Western (hors spagh) , Drame
Année: 1970
Pays d'origine: France / Espagne
Casting:
Maria Schell, Daniel Beretta, Jacques Anton, Colin Drake, Bob Cunningham, Karin Meyer, José Calvo (Pepe Calvo), Perla Cristal...
Aka: In the Dust of the Sun / Dust in the Sun / Il sole nella polvere
 

Dans le petit village de San Angelo, situé à la frontière du Texas et du Mexique, Joe Bradford fait régner la terreur. Il a fait torturer à mort son frère Willy et épouse de force sa femme Gertie. La bande de Joe Bradford profite de l'impunité post Sécession pour piller et violer...

 

 

Produit en 1970, tourné la même année à Alméria mais sorti seulement en mars 1973 sur les écrans français, Dans la poussière du soleil tient plus de la curiosité qu'autre chose. Scénariste, entre autres, de la série des "Gendarmes", Richard Balducci réalisera juste après "4 Souris pour un hold-up" (alias "Trop jolies pour être honnêtes"). Mais c'est l'actrice Maria Schell qui produit à l'époque cette adaptation de "Hamlet", en plus d'y jouer le rôle de la mère du personnage shakespearien. Le titre anglais prévu à la base ne trompait du reste pas sur la marchandise : Hamlet 71.
Au final, malgré qu'il soit français, fait singulier dans le genre "Ouesterne", le film de Balducci sortit dans une indifférence quasi générale, critique comme publique.

 

 

Il faut dire que Dans la poussière du soleil est loin d'être une réussite. L'adaptation est plutôt fidèle et tous les éléments du théâtre de la cruauté sont transposés dans l'Ouest américain, mais si la mise en scène n'est pas honteuse en soi elle est tellement impersonnelle, manque tant de relief, qu'elle n'imprime pas dans la rétine. Du coup, ce qui se passe à l'écran passe à la trappe. Les acteurs, pas mauvais pour autant, en font d'ailleurs les frais, Maria Schell en premier lieu, très mal mise en valeur.

Daniel Beretta en Joe "Hamlet" Bradford fait pâle figure (on le reverra dans "La Poursuite implacable" de Sollima, non loin de Bernard Giraudeau, mais aussi, plus tard, dans "Aphrodite" et Les Prédateurs de la nuit). Karin Meier y campe Maria "Ophélie" Edwards. Mannequin d'origine danoise, sa carrière au cinéma a commencé juste avant chez Balducci avec "La Honte de la famille" (1969) puis, aux côtés de Simón Andreu dans l'hispano-tunisien "Gallos de pelea" (Combats de coqs) ; on la retrouve peu après chez Claude Mulot (Les Charnelles, 1974); François Jouffa ("La Bonzesse", 1974) et Gérard Kikoïne ("L'Amour à la bouche", 1974) avant de tourner dans un épisode des "Brigades du Tigre" puis de disparaître complètement des écrans à partir de 1975. Finalement, le seul acteur à tirer son épingle du jeu d'une bobine où les caractères - aux contours pourtant marqués qui semblent comme s'effacer d'eux-mêmes - c'est Bob Cunningham dans le rôle de papa Joe "Claudius" Bradford. Il est le seul personnage à exister vraiment à l'écran, enfin jusqu'à ce qu'il y passe (ou pas), bref avant la vengeance du fiston (et ex-neveu). Un acteur de second plan doté d'une présence assez forte, déjà aperçu dans Opération Opium, on le croisera à nouveau dans "Tremblement de terre" et "La Cible étoilée".


C'est donc tout le problème de Dans la poussière du soleil que de ne jamais parvenir à susciter l'intérêt, faute à l'absolue pauvreté de sa réalisation, laquelle semble atteindre une sorte d'abstraction, totalement involontaire. Constat d'autant plus déplorable qu'on sent bien que les intentions sont là ; en témoignent le parti-pris de livrer une adaptation "sale" de la pièce de Shakespeare, de se servir des codes du western spaghetti pour pondre une anthologie constituée de sadisme et - comme son titre l'indique - de poussière. Du coup, d'un fratricide initial naît cette soif de vengeance propre au western, une vengeance à demi-parricide donc. Dans cette tentative de Richard Balducci chacun a un compte à régler avec autrui, tandis que les choix se font cornéliens (mais pas trop quand même). Viol, flagellation, meurtre et vengeance sont donc au programme d'une pellicule sans âme, qui se contente - montage sec et heurté (mal)aidant et somme toute, faute de mieux - de lourder sa riche et porteuse idée comme on renverserait un plat de fayots avec, comme moment fort, une baston de saloon entre putes alors que le couple "illégitime" est, selon Hamlet Bradford, en train de consommer dans l'une des chambres situées à l'étage.

Le final - tragique comme il se doit - tombe hélas lui aussi à plat (faut dire que voir Don Camillo se pointer juste après un duel fatal fait un drôle d'effet !). Vient se greffer la musique de Francis Lai qui aurait pu faire décoller la chose, mais finit par ressembler à ces chapeaux de cowboys mus par le vent, à ras de terre et par petits bonds, dans la poussière d'un soleil qui tente obstinément de percer sans jamais y parvenir...

 

 

Bref, quitte à choisir parmi les trois transpositions de la même pièce en western européen, optez plutôt pour "Un doigt sur la gâchette" de Gianni Puccini ou "Django porte sa croix" d'Enzo G. Castellari !

Mallox

 


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