Terreur des morts-vivants, La
Titre original: Terror
Genre: Horreur , Slasher , Sorcellerie
Année: 1978
Pays d'origine: Grande-Bretagne
Réalisateur: Norman J. Warren
Casting:
John Nolan, James Aubrey, Caroline Courage, Sarah Keller, Glynis Barber, Peter Mayhew...
Aka: Delirium House (Italie), El ente diabólico (Espagne), Killing House (Allemagne)
 

Londres 1978 : le producteur Garrick montre, en projection privée, à sa cousine Anne, à ses amis et à ses collaborateurs, la fin du film d'horreur et d'épouvante qu'il vient de réaliser sur une sorcière qui a maudit sa famille, 200 ans plus tôt. Cette projection réveille immédiatement sa malédiction, d'une manière sanglante et incontrôlable.

Terror ou La Terreur des morts-vivants de Norman J. Warren ne doit surtout pas être confondu avec Zombi Holocaust alias La Terreur des zombies (Italie - 1980) de "Frank Martin" (en réalité Marino Girolami) : leurs titres francophones d'exploitation et leurs dates de sortie française furent en effet assez proches. [NDLR - Aucun rapport non plus avec "Terreur des morts vivants" ("The Terror"), adaptation d'une pièce d'Edgar Wallace réalisée en 1938 par Richard Bird, même si les deux œuvres ont en commun une absence totale de morts-vivants !]

 

 

Ce film du cinéaste anglais Norman J. Warren, écrit en collaboration avec l'excellent scénariste David McGillivray qui travailla aussi avec Pete Walker, notamment sur le génial House of Whipcord, alias Flagellations ou Mutilator en France (1973) n'est peut-être pas "l'un des derniers grands films anglais d'horreur des années 1970 produit par un indépendant" comme l'écrivait Harvey Fenton dans le remarquable livre collectif "Ten Years of Terror - British Horror Films of the 1970's" (éd. Fab Press, London 2001) préfacé par Norman J. Warren lui-même, mais il mérite d'être découvert car ce titre certes inégal s'avère régulièrement intéressant et, parfois, franchement surprenant.

 

 

La facilité plastique (le début du film est un "film dans le film") comme scénaristique (l'hypnose, le suspense gratuit de la séquence avec Peter Mayhew, la copie souvent récurrente du giallo italien, notamment "Suspiria") qui semble affecter sa première partie d'une manière rédhibitoire, est heureusement rachetée et largement compensée par une dernière partie démentielle. Ce qui était laborieux devient brusquement virtuose ; ce qui était téléphoné devient inspiré ; ce qui était copié devient original. Deux idées très bien réalisées permettent notamment à La Terreur des morts-vivants de passer ponctuellement du stade de l'assez bon à celui du très bon : celle de la pellicule tueuse et celle de la voiture tueuse. Comme d'habitude, de telles idées auraient pu ne rien donner sous la direction d'un quelconque tâcheron (d'autant moins que la seconde n'est pas originale : voir The Car (Enfer mécanique) de Elliot Silverstein produit et distribué l'année précédente) mais Warren leur permet de vivre d'une manière impressionnante.

 

 

Il faut connaître l'histoire du cinéma anglais d'assez près pour saisir certaines allusions, par exemple celle de la scène érotique de la baignoire, tournée dans le studio du héros. Selon Fenton, elle serait une allusion autobiographique : Warren aurait connu un patron de studio tout aussi paranoïaque durant le tournage de "Her Private Hell" (1967) ! Peut-être faut-il aussi y voir, tout bonnement, une attaque du cinéaste fantastique contre ses confrères œuvrant dans "l'érotisme bon marché" (comme dit le dialogue français) à la même époque. On aura une idée de ce qu'étaient de telles productions érotico-comiques en lisant le remarquable livre de David Mc Gillivray lui-même. Ce scénariste a, en effet, bien connu ce milieu dont il a restitué l'histoire et les points de contact avec le genre fantastique dans son bref mais passionnant livre "Doing Rude Things: History of the British Sex films 1957-1981" (éd. Sun Tavern Fields, London 1992).

 

 

La Terreur des morts-vivants est moins original, au sein de la filmographie de Norman J. Warren, que son remarquable "Prey" alias "Le Zombie venu d'ailleurs" (1977) ou que son célèbre Inseminoid (1980) qui fut d'ailleurs - ici nous sommes d'accord avec Fenton - le dernier grand film fantastique anglais de la décennie. Voir La Terreur des morts-vivants est cependant non moins nécessaire filmographiquement que passionnant historiquement.


À la fin du second paragraphe de son avant-propos rédigé pour le livre "Ten Years of Terror - British Horror Films of the 1970's" évoqué plus haut, Warren donne une clé de la séquence du bureau du producteur de La Terreur des morts-vivants. Sur le mur on peut en effet y contempler les affiches d'un succulent double-programme : Satan's Slave (1976) de Norman J. Warren et Thriller (Thriller - en grym film) (Suède 1972) de Bo Arne Vibenius avec Christina Lindberg. Ce double-programme londonien avait tout bonnement concrétisé pour Warren son passage de la catégorie B à la catégorie A au sein du cinéma d'exploitation anglais de cette période. En 1978, il avait donc tenu à immortaliser matériellement sa présentation, en guise de clin d'œil aux cinéphiles.

 

 

Autant de bonnes raisons de découvrir (ou redécouvrir) une œuvre aujourd'hui uniquement disponible en France dans une édition DVD déjà datée et hélas bien décevante en comparaison de la superbe édition HD dont elle bénéficie aux États-Unis (voir fiche DVD).


Francis Moury



En rapport avec le film :



# La fiche du dvd Néo Publishing


# Quelques captures en plus
(Les captures proviennent du DVD américain édité en 2018 par Vinegar Syndrome) :

 


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