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Sorties Dvd | 23 Mars

Propriété Privée chez Carlotta Films

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Cette rareté signée Leslies Stevens et mettant en scène Warren Oates dans son premier grand rôle au cinéma est disponible en dvd et blu-ray depuis début mars...

Sorties Dvd | 22 Mars

Bluff - histoire d'escroqueries et d'impostures

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Ce méconnu signé Sergio Corbucci avec Anthony Quinn et Adriano Celentano sort le 28 mars prochain chez ESC Editions dans la nouvelle collection "Edizione Maestro"...

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4 Westerns pour 1 Castle

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On connait Ulzana's Raid du gros Bob, idem pour L'homme de la sierra, on connait peu James Neilson mais fort bien James Stewart. En revanche, il reste une grande partie de la filmo du grand William Castle à découvrir. Ce sera l'occasion d'en découvrir un chez Elephant Films : La Caverne Des Hors-la-loi...

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Le Sable était Rouge chez Sidonis

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C'est le 7 mars que sortira en dvd et en blu-ray cette sorte de grand film précurseur des "Platoon", "Soldat Ryan" et autres "Ligne rouge" réalisé par l'auteur de "La Proie nue"...

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Bébé Vampire chez Artus Films

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C'est dans sa collection "Horror US 70's" que sortira ce rejeton qui ne suce pas que son pouce, démoulé aux forceps par John Hayes, l'auteur de Destruction planète terre, avec l'aide de Michael Pataki et de William Smith...

Sorties Dvd | 1 Mars

Wild Side est "Amer"
Écrit par Mallox   

Distribué dans un nombre très limité de salles, le film de Hélène Cattet et Bruno Forzani avait su néanmoins se tailler un beau succès d'estime. Il sortira le 27 Octobre prochain chez l'éditeur Wild Side.

 

Sélectionné et primé dans près de 50 festivals internationaux, salué par la critique, AMER est une expérience sensorielle érotisante et fantasmagorique.


Le couple de réalisateurs Hélène Cattet et Bruno Forzani revisite avec audace et talent les codes esthétiques du giallo, tel qu'il était conçu dans les années 60 et 70.

Voyage hallucinatoire fascinant, cette perle rare du cinéma de genre français risque de vous hanter longtemps...
Un objet de cinéma unique, à découvrir absolument.

 

 

AMER - 2009

Réalisé par Hélène Cattet et Bruno Forzani
Avec Cassandra Forêt, Marie Bos, Charlotte Eugène-Guibbaud...

Synopsis :

Une petite fille effrayée par une villa trop silencieuse.
Une adolescente attirée par de mystérieuses présences rôdant dans son village.
Une femme qui revient défier ses fantômes sur les lieux de son enfance.
Les trois âges clés de la vie tourmentée d'Ana.
Un voyage charnel entre réalité et fantasmes oppressants où plaisir et douleur s'entrecroisent...

 

 

 

CARACTERISTIQUES TECHNIQUES DVD :

Format Image : 2.35, 16/9e comp. 4/3
Format son : Français DTS 5.1 et Dolby Digital 2.0

Durée : 1h27

# Bonus :
- La fin de notre amour : court métrage des deux réalisateurs (9')

Prix public indicatif : 19,99 Euros le DVD

Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salles



* Sortie le 27 octobre 2010


Sur le site de l'éditeur :

 




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ENTRETIEN AVEC LES REALISATEURS HELENE CATTET ET BRUNO FORZANI

Pourquoi cette fascination pour le giallo ?
Bruno : Ca vient de Ténèbres de Dario Argento. Quand j'étais gamin, j'étais fasciné par une affiche du film dans mon vidéo club à Menton ! J'ai découvert tout son cinéma au fur et à mesure et je suis devenu accro, notamment aux Frissons de l'angoisse, LE giallo parfait, son chef-d'œuvre...
La musique, les meurtres baroques, les femmes italiennes... Le giallo, c'était un mix unique entre le cinéma d'exploitation et le cinéma expérimental. Dans les années 60/70, des réalisateurs comme Argento, Mario Bava ou Sergio Martino osaient des séquences de meurtres très graphiques, des séquences érotiques ou psychédéliques qui faisaient vraiment décoller leurs films. Il y avait beaucoup de liberté, de désinvolture et de subversion aussi, avec une fétichisation assez poussée de la mort et du sexe. Ces réalisateurs prenaient le risque d'expérimenter dans un contexte très commercial.


Hélène : A nos yeux, ce côté fétichiste et hyper graphique du giallo renferme une forte valeur émotionnelle. Comme AMER est un film sur le désir et la découverte de la sexualité, ce langage de série B italienne qui joue avec la tension érotique, la pulsion de mort, nous convient parfaitement. Dès nos courts-métrages, à travers les codes du giallo, on a pu explorer des thèmes plus personnels, plus intimes, comme l'autodestruction, la relation de couple, la peur de l'autre... Tout en soignant le côté performance visuelle dans la mise en scène, pour que les fans du giallo redécouvrent ces moments forts, ces figures de style qu'ils n'avaient plus vu depuis longtemps et nous manquaient à nous aussi.

Comment avez-vous écrit AMER ?

Hélène : A quatre mains, en essayant de se surprendre. Ce qu'on voulait, c'était que l'histoire soit racontée au travers des sensations éprouvées par le personnage principal. On a essayé d'immerger totalement le spectateur dans la peau de notre personnage. C'était le pari.


Bruno : Et on a joué avec notre subconscient aussi. Quand j'ai rencontré Dario Argento, il m'a dit avoir écrit Inferno, qui est à mes yeux son film le plus terrifiant, en faisant appel à son inconscient, aux associations d'idées. Son histoire était comme sortie d'un rêve. Nous avons essayé de procéder de la même façon. Sans jamais brider notre imagination.


Hélène : On ne voulait pas imposer une seule vision du film, mais créer plusieurs niveaux de lecture, essayer de retranscrire toutes les pistes qui s'étaient ouvertes à nous pendant l'écriture. Réduire l'intrigue à une seule ligne directrice aurait été trop didactique.  "Amer" est le portrait d'une fille dans sa découverte et sa quête du désir charnel. Il était indispensable d'explorer tous ses errements intimes, de rendre compte de toutes ses épreuves complexes et contradictoires.

Comment s'est passé le tournage ?
Bruno : Très bien. Nous avons tourné  en majorité dans une vieille villa Riviera, très vétuste, située quasiment dans le centre de Menton. Je passais devant quand j'étais ado et elle me fascinait... Elle me faisait penser aux maisons des films de Dario Argento. C'était assez troublant de s'y retrouver 20 ans plus tard avec notre équipe pour AMER. Nous avions peu de jours de tournage vu le nombre de plans à mettre en boîte. Il fallait tenir un rythme infernal pour s'en sortir. Mais nous avions découpé et répété l'intégralité du film avant le tournage, avec une mini-DV, parfois sur certains décors du film, parfois dans notre appartement. On jouait tous les personnages ! Cette préparation minutieuse était indispensable car on a beaucoup triché en termes de lieux. Il y avait parfois 6 lieux différents pour reconstituer un seul décor. On voulait être sûrs que tout raccorde bien.


Hélène : Nos courts-métrages nous ont beaucoup appris en termes d'efficacité et d'économie. Par exemple en tournant beaucoup de plans fixes. Pour faire autant de plans par jour, on ne peut pas se permettre d'utiliser de la machinerie trop lourde, des travellings, des grues, etc. Il faut faire des petits plans brefs, très cadrés, très découpés. C'est la meilleure façon  d'obtenir une matière riche à l'arrivée. Nous travaillons avec la même équipe depuis nos premiers courts-métrages. Manu Dacosse à la photo. Daniel Bruylandt et Bernard Beets au montage son et montage image. On se connaît. Ca nous permet d'être précis et rapides. On a shooté environ 900 plans pour AMER. Il y a 2200 plans montés à l'arrivée. On n'a quasiment rien jeté ! Autre technique pour gagner du temps : on a très peu travaillé en son direct pendant le tournage. Mais ensuite, il a fallu recréer tout l'univers sonore du film  en post-production, ce qui n'était pas une mince affaire.

Comment avez-vous choisi vos trois actrices, qui jouent un seul personnage, Ana ?

Hélène : On a d'abord choisi l'actrice qui joue Ana adulte après l'avoir vue au théâtre, à Bruxelles. Ensuite, nous avons cherché une Ana adolescente puis une Ana enfant. Il fallait non seulement qu'il y ait des similitudes physiques, mais aussi que toutes les comédiennes aient une vie intérieure très forte. Comme il y a très peu de dialogues dans le film et que tout passe par l'intériorité, on recherchait des filles avec un univers proche de celui des personnages. Et puis elles ont dû s'adapter à notre mise en scène, à des cadrages très particuliers, très exigeants.

Justement, pourquoi si peu de dialogues dans "Amer" ?
Bruno : Parce que pour nous, les plus grands moments du cinéma, notamment dans le cinéma bis italien, sont de séquences sans dialogues. Tout passe par la mise en scène. C'était le cas chez Sergio Leone. Et chez Hitchcock aussi bien-sûr. Avec "Amer", on voulait retrouver l'essence visuelle du giallo et non pas reproduire les intrigues policières inhérentes au genre. Pas besoin de dialogues pour donner l'impression qu'il se passe beaucoup de choses. Et c'est amusant, car ça nous permet de toucher un public international. La langue n'est plus un handicap.

Pourquoi ce choix de musiques déjà existantes ?
Bruno : On a une grosse collection de bandes originales italiennes à la maison. Et quand on écrit, ce sont des musiques qu'on écoute tous les jours. Mais après on n'arrive plus à imaginer la séquence sans tel ou tel morceau ! D'ailleurs, la connexion n'était pas toujours évidente : c'était marrant de prendre des musiques originales de polars italiens pour parler de l'éveil du désir chez une jeune fille ! On a pu également réutiliser un très beau morceau de Morricone extrait d'un giallo de Paolo Cavara, La Tarentule au ventre noir. Ennio Morricone est célèbre pour ses musiques de westerns pour Leone, mais il a aussi composé des centaines de morceaux magnifiques pour des petits films bien moins connus. C'est une façon de les sortir de l'oubli.

Faut-il prendre des psychotropes avant de voir AMER ?

Hélène : Apparemment oui ! C'est un critique anglo-saxon qui a préconisé ça !! Non, ce n'est pas nécessaire. Quel est l'état idéal pour voir le film ? Disons qu'il faut se laisser aller, ne pas se cramponner aux règles habituelles, aux idées préconçues. Il ne faudrait pas que les fans de giallo ou de Dario Argento arrivent avec leur bagage, leurs références et se mettent à comparer, à confronter. Ce n'est pas la bonne méthode. Dans AMER, ce qu'on propose de partager, c'est la manière dont on a reçu émotionnellement ces films-là. Ce n'est pas un film-hommage. C'est une réappropriation subjective et ludique.


Bruno : D'ailleurs notre mémoire de ces films n'est pas toujours fiable. Il y a dans AMER une séquence de meurtre qui dure deux minutes et trente secondes parce que, pour moi, les séquences de meurtre étaient toujours très étirées dans les gialli. Alors que c'est très souvent le contraire. Quand on revoit les films, on se rend compte  qu'elles sont hyper courtes ! Mais c'est cette vision déformée de ce cinéma, qui n'appartient qu'à nous, que nous avons voulu retranscrire. Parfois, des séquences dont on croyait s'inspirer n'existaient en fait que dans notre imagination !

Vos projets ?
Hélène : Un giallo à Bruxelles. C'est une ville de l'Art Nouveau. Nous aimerions utiliser l'architecture. Ce sera le pendant masculin d'"Amer". Avec une intrigue plus "giallesque". "Amer" était une quête. Ce film-là sera plus une enquête !


LE GIALLO : LA PULSION DE MORT DU CINEMA ITALIEN

En France, il y a la Série Noire. La Noire pour les affranchis. En Italie, on dit "giallo" car telle est la couleur des couvertures des romans policiers : jaune ! Et ce depuis  1929 lorsque l'éditeur milanais Mondadori lança la publication  de ces récits de mystères et d'investigations dans la foulée d'écrivains anglo-saxons héritiers d'Edgar Poe et d'Arthur Conan Doyle.
Dans le cinéma d'exploitation  italien, le giallo est une émanation du genre policier, à la mise en scène stylisée, voire opératique. Il maestro Mario Bava verse le premier sang dans La Fille qui en savait trop"  (1963) puis éclairages diaprés, meurtres hyperboliques : les dés sont jetés. Dès lors, le giallo va divulguer son venin durant une quinzaine d'années. Des cinéastes comme Dario Argento. Sergio Martino ou Lucio Fulci rivalisent d'audaces visuelles et soumettent le public à une série d'électrochocs cruels ou sensuels. Les titres de leurs films. L'oiseau au plumage de cristal. Ton vice est une porte close dont moi seule possède la clef. Un lézard à la peau de femme.

Le giallo résiste à la conformité et contamine d'autres genres comme le mélo, le fantastique gothique, voire le drame social. Ses armes ? Tranchantes. Ses intrigues ? Tortueuses. Son design ? Souvent pop, époque oblige. Et sa botte secrète ? Freud ! La grande spécificité du giallo est de servir de réceptacle aux plus troublantes pulsions de l'inconscient : voyeurisme, sado-masochisme, fétichisme, exhibitionnisme. Pendant une large décennie, le cinéma italien va donc se livrer à une séance de psychanalyse impudique qui débute par des soupirs et se clôt dans un râle ultime.

 

 

* La database complète du giallo sur Psychovision