Gang That Couldn't Shoot Straight, The
Genre: Comédie
Année: 1971
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: James Goldstone
Casting:
Jerry Orbach, Lionel Stander, Jo Van Fleet, Robert De Niro, Leigh Taylor-Young, Hervé Villechaize, Carmine Caridi, Irving Selbst, Joe Santos, Burt Young...
 

Anthony Pastrumo (Lionel Stander), un des cinq grands patrons de la Mafia de New York, est un bon père de famille, appelé Papa par les siens, et Baccala par la Mafia.

Baccala est connu comme le Grand Chef du crime à Brooklyn depuis que son meilleur ami a avalé une balle en dînant avec lui.

Les affaires de Papa Baccala semblent menacées, comme tant d'institutions américaines, par l'explosion des générations.

En lutte contre le crime à New York, dans une allocution télévisée, le procureur Goodman s'inquiète de l'imminence d'une guerre des gangs : "Je m'inquiète de l'imminence d'une guerre des gangs. S'il y en a une, elle sera provoquée par Kid Sally Palumbo (Jerry Orbach) et son gang de Brooklyn". Il est vrai qu'elle remettrait en question le statu quo de quarante ans en place depuis que Baccala a gagné la dernière guerre mafieuse. Il vit tranquillement parmi sa collection d'art à Long Island. Chaque jour, il quitte sa femme chérie pour retrouver le monde des affaires, risqué et concurrentiel. Le trajet entre sa maison et le bureau dure quarante minutes, mais ce sont deux mondes à part. Enregistré sous le nom de Joseph DeLauria, l'empire industriel de Baccala se trouve sur les quais de Brooklyn : les usines Lancer, l'imprimerie Lancer, les fourrures Lancer... Son sous-directeur n'est autre que le tireur d'élite des années 30, Francisco Santos, alias Kérabau.

 


De l'autre côté, le susnommé Kid Sally Palumbo dirige le district du Crochet Rouge pour son chef, Baccala. Ses acolytes sont Gros Lardon (Irving Selbst), Catalano, Tony l'Indien (Carmine Caridi), Ezmo le Chauffeur (Joe Santos) et un nain connu sous le nom de Beppo le nabot (Hervé Villechaize).

D'après la hiérarchie de la Mafia, le gang de Kid Sally ramasse l'argent pour Baccala. Mais il y a peu d'argent dans le Crochet Rouge. C'est pourquoi le procureur redoute une autre guerre des gangs.

Celui-ci ne croit pas si bien penser, puisque celle-ci se fait imminente. Kid Sally et son drôle de gang a décidé d'éliminer son supérieur... Là-dessus, les imbroglios et péripéties en tous genres vont se succéder. Il n'est pas si facile de prendre le pouvoir, surtout lorsque l'on est doté d'un Q.I. qui lorgne vers le zéro pointé, à l'instar d'une bande à l'imagination saugrenue et à l'efficacité pour le moins contestable...

 


Ce sont sur ces entrefaites que débute l'un des tous premiers films de James Goldstone (voir l'excellent Swashbuckler), réalisateur tout droit issu de la télévision. Il faut bien l'avouer, sa mise en scène montre rapidement ses limites et pêche le plus souvent par une certaine platitude ainsi qu'un manque de cohésion, qui font de ce The Gang That Couldn't Shoot Straight un drôle d'objet (mais un objet souvent drôle) très débridé. Sans doute lui manque-t-il encore une certaine science du dynamisme, dynamisme dont il fera preuve plus tard dans son Pirate des Caraïbes ; sinon quoi ce côté débridé aurait largement contribué à la folie démesurée qui règne au sein de cette comédie ironique, loufoque et le plus souvent complètement barrée, qui fait parfois même penser à ce que concocteront plus tard les Z.A.Z. (Top Secret !) ou ce qu'a parfois tourné Blake Edwards, avec le grand Peter Sellers notamment.

Entouré d'un casting pour le moins étonnant, le film lui doit beaucoup. Si les situations s'enchaînent à la vitesse grand V, et que les gags fusent à un rythme ininterrompu, l'investissement de chacun, jouant avec un sérieux imperturbable sa propre débilité cartoonesque, fait beaucoup, si ce n'est de la réussite du film, en tout cas du fait qu'il parvienne à emporter le morceau.

Que ce soit Lionel Stander, Jerry Orbach, Robert de Niro, Hervé Villechaize, Irving Selbst... tous sans exception se montrent dignes des meilleurs personnages de Tex Avery. Et si la réalisation n'est pas échevelée, eux, au contraire, le sont du début jusqu'à la fin. Et que dire de cette succession de gags et de scénettes toutes plus délirantes les unes que les autres ?

 

 

Un parrain local qui, chaque matin, fait démarrer sa voiture par sa femme, de peur qu'elle n'explose. Un chef de gang qui rate tout ce qu'il entreprend, jusqu'à se faire péter son arme dans la main alors qu'il tire à bout portant sur le dit parrain pour lui faire exploser la cervelle (les balles ne correspondant pas au bon calibre ont été au préalable forcées dans le barillet par Bepo le nain). Un lion kidnappé par le gang dans le zoo local, destiné à l'origine à manger leurs victimes, mais campant dans leur cave et dans sa propre puanteur (ce qui fera dire avec le plus grand sérieux à l'un des gangsters : "ça sent tellement mauvais que je n'y vois plus rien !"). Le même lion qui servira plus tard à racketter les magasins et bars du coin avec un pactole qu'on lui donnera même à manger, en confondant le butin avec un sachet contenant quatre kilos de viande. Un autre sbire qui, voulant espionner le grand ponte par la fenêtre de son immeuble, finit électrocuté en quelques secondes au poteau qui lui servait d'échelle pour y rester définitivement accroché, raide mort. Des courses cyclistes clandestines qui capotent lamentablement, leur poulain (De Niro) de compétition s'avérant être envoyé par un prêtre, et en même temps de vite se révéler être un cleptomane de sucreries (?!). Une vieille maman (celle d'Orbach) qui sort juron sur juron, toujours menaçante, sans cesse une arme à la main (couteau de boucher, pistolet...), exhortant son fils maladroit à butter tout ce qui se met sur son passage, et qui sera sans doute le personnage le plus dangereux du film. Des flics aussi stupides que ceux qu'ils traquent ; ainsi pour intervenir chez Kid Sally, s'armeront-ils tous de masques pour se protéger de l'odeur environnante (le lion dont ils n'ont pas connaissance qui leur sautera sur le râble), le chef de la police s'assommera presque avec son haut-parleur en voulant leur lancer un ultimatum qui du reste ne servira à rien... Bref, la liste de délires en tous genres serait encore bien longue à énumérer. Aussi, je propose au lecteur qui se serait égaré dans cette modeste chronique d'en rester là et d'aller découvrir lui-même cette bande dessinée, certes inégale (on a vu plus haut ses défauts) mais qui n'en demeure pas moins, somme toute, assez jouissive tout du long, et même encore après en y repensant. N'oublions pas non plus la présence de la très jolie Leigh Taylor-Young qui apporte un peu de romantisme dans ce monde de brutes folles et écervelées.

 


Le film se finira par où il a commencé, à savoir ses actualités locales : "Un jour typique à New York : un lion adulte en liberté, une rafle réussie par nos fins limiers, un jury d'accusation et l'expulsion d'un coureur cycliste italien. Ce matin, tout le gang de Palumbo a plaidé coupable pour avoir voulu assassiner la ville de Brooklyn. Ils ont été condamnés à un an de prison".

Une nouvelle journée commencera pour Anthony Pastrumo. Comme d'habitude, il s'abritera sous sa table de cuisine attendant que sa femme démarre sa voiture...

 

Mallox
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