Island of Death
Titre original: Ta Paidia tou Diabolou
Genre: Horreur , Thriller
Année: 1975
Pays d'origine: Grèce
Réalisateur: Nico Mastorakis
Casting:
Robert Behling, Jane Lyle, Jessica Dublin, Gerard Gonalons et Jannice McConnell...
Aka: Island of Perversion / A Craving for Lust / Devils in Mykonos
 

Un jeune couple d'apparence tranquille, Christopher et Celia, arrive sur l'île de Mykonos, en Grèce. Il fait connaissance avec la population locale, tout en flânant dans les magnifiques paysages grecs, cependant...

 


La Grèce est plus connue pour son ouzo, son sirtaki, ses ruines et ses chanteuses poilues, que pour son patrimoine cinématographique souvent synonyme de film d'auteur genre Théo Angelopoulos et ses plans séquences interminables et chiants. Avec une telle morosité, difficile, quand on veut réaliser autre chose et qu'on n'a pas beaucoup de talent, de se faire remarquer. Au début des années septante, en sortant de la projection de "Massacre à la tronçonneuse", un certain Nico Mastorakis, réalisateur à la télévision grecque, se dit qu'il pourrait aller plus loin que Hooper, en réalisant un film qui serait un véritable catalogue de perversions en tous genres (il ne manque que la nécrophilie). Il écrit donc cette histoire de touristes anglais en vadrouille dont le séjour dérape doucement mais sûrement vers l'horreur. Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce ne sont pas les autochtones qui représentent ici le danger. En effet, au fur et à mesure que nous faisons connaissance avec nos deux tourtereaux, leur comportement devient de plus en plus étrange. Alors qu'il téléphone à la maman de l'un d'eux, le couple se met à copuler frénétiquement dans la cabine téléphonique. Mais ce n'est rien comparé à la suite. Par exemple, se réveillant avec le gourdin du matin, l'homme essaye une approche sur sa compagne qui refuse catégoriquement. Dépité, il réussit à satisfaire son besoin sur un pauvre chevreau qui passait par là (heureusement que ce n'était pas un hamster !). Un peu gêné, il égorge la pauvre bête et la jette dans un puits. Autant dire qu'à ce moment là, on se doute qu'il ne s'agit pas de simples touristes. En fait, nous avons affaire à un tueur psychopathe et à sa dominée et blonde compagne, qui compte bien ramener l'ordre et la morale dans l'île, car notre tueur possède une étrange notion de la moralité qu'il applique volontiers aux autres mais pas à lui.

 


Un prédateur moralisateur et libidineux qui aura fort à faire sur cette île où la débauche et l'immoralité semblent de rigueur : lesbienne droguée, couple homosexuel, obsédé sexuel, vieille nymphomane à la recherche de plaisir... Le carnage peut commencer, et le réalisateur semble vouloir ne rien épargner au spectateur. Utilisant volontiers sa femme (pas toujours consentante semble-t- il !) comme appât, notre monsieur "propre" commence par un peintre queutard qui, après une étreinte sauvage dans l'herbe, se retrouve crucifié au sol, puis étouffé par de la peinture. La suite reste dans le même esprit ; la lesbienne sera droguée puis le visage brulé avec un spray, les homosexuels seront impitoyablement exterminés, l'un éventré, l'autre recevra une balle après avoir pratiqué une fellation à un revolver, un policier trop curieux finira pendu à un avion et précipité dans le vide. Mais à force de défier toute logique et prudence, en continuant inlassablement de tuer au lieu de se faire oublier, notre duo diabolique finira par attirer la police locale et anglaise. Intervient alors la meilleure scène du film, où le tueur essaye de violer une pauvre victime qui prenait sa douche. Celle-ci s'échappe, et le psychopathe essaye de la retrouver, tout en essayant d'échapper à la police. Finalement, obligé de fuir, le couple trouvera refuge dans la grange d'un berger simplet et obsédé sexuel qui les sodomisera tous les deux promptement et à sec. Comprenant qu'il serait temps de changer de compagnon, la belle initiera alors le berger à des positions plus conventionnelles et moins douloureuses, tandis que son ex agonise dans un puits.

 


Nico Mastorakis voulait se faire remarquer, autant dire qu'il a atteint son objectif puisque son film n'est pas passé inaperçu. Il fut en effet interdit ou censuré dans plusieurs pays. Aujourd'hui encore, une aura de déviance plane autour de cette petite production extrême mais maladroite, où les magnifiques paysages grecs et la musique sont en total décalage avec la sauvagerie du couple. Le film démarre par une première demi-heure réussie, qui fait monter la tension graduellement en suivant le couple dont les actes sont de plus en plus étranges. Cependant, une fois les premiers meurtres passés, le film tombe dans la morosité et la répétition. Une accumulation de scènes chocs parfois scabreuses (le tueur se masturbant en regardant les photos de ses méfaits, sous l'œil dégouté de sa compagne, ou urinant sur la vieille nymphomane), qui ne suffit pas toujours à convaincre entièrement.

Il faut cependant souligner la performance de Jane Lyle ("La secte des morts vivants"), qui passe de l'appétence au dégoût aussi vite qu'elle tue, à la fois fragile et manipulatrice (voir comment elle réussit à convaincre le berger), elle est peut-être la plus dangereuse des deux. Car son compagnon, lui, reste prisonnier de ses pulsions et de ses fantasmes (il prend des photos pendant que sa compagne se fait violée). Persuadé du bien fondé de ses actes, il restera fidèle à lui-même, pour enfin tomber sur plus basique et dangereux que lui (le berger). Avec un scénario "prétexte" qui tient sur un ticket de caisse, une carence technique évidente et des moyens limités (30.000 dollars de budget) Mastorakis réalise une œuvre typique des années septante par la gratuité (qui rappelle certains Rape and Revenge) et le jusqu'auboutisme qui caractérisait le cinéma d'exploitation (Grindhouse) de l'époque. Assez en tout cas pour que Mastorakis parte aux Etats-Unis, pour y faire une jolie petite carrière dans la série B ("Blind Date", "Vent de folie", "Zéro Boys", "Nigthmare at Moon", "Bloodstone"...). Dans ce sens, le film remplit pleinement son objectif, et reste une curiosité à découvrir pour son côté répétitif et immoral totalement assumé.

 

 

The Omega Man
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