Variola vera
Genre: Drame , Catastrophe
Année: 1982
Pays d'origine: Yougoslavie
Réalisateur: Goran Markovic
Casting:
Rade Serbedzija, Erland Josephson, Dusica Zegarac, Varja Djukic, Rade Markovic...
 

En 1972, un musulman albanais du Kosovo est infecté par la variole durant un pèlerinage au Moyen-Orient. À son retour en Serbie, il cause une épidémie à l'hôpital de Belgrade. L'hôpital est immédiatement mis en quarantaine une fois la variole identifiée. Les personnages totalement isolés du monde extérieur apparaissent peu à peu sous leur vrai jour, tandis qu'au-dehors, les autorités s'efforcent de cacher la vérité et de minimiser le danger.

 

 

Après avoir réalisé plus d'une cinquantaine de documentaires pour la télévision, le réalisateur serbe militant Goran Marković se lance dans le cinéma avec "Education spéciale", film qui traite de la délinquance juvénile et qui fût très favorablement accueilli par la critique et le public. Si d'autres de ses oeuvres comme "Déjà vu, "Tragédie burlesque" ou "Tito et moi" ont acquis la même reconnaissance, d'autres demeurent relativement méconnues à ce jour, notamment Variola vera, production dont il est question ici. Entre drame et horreur, au travers de ce film catastrophe épidémique Goran Marković propose une relecture libre de l'épidémie de variole qui a frappé la Yougoslavie en 1972, focalisant essentiellement son récit autour des faits qui se déroulent dans l'enceinte de l'hôpital central de Belgrade et de la micro-société ainsi créée, que le réalisateur exploite comme métaphore politique des événements qui secouent alors la Yougoslavie.

 

 

La menace s'installe insidieusement, en grande partie à cause de l'incompétence et des négligences du personnel hospitalier, en particulier des médecins, qui prennent à la légère l'arrivée du premier malade et l'apparition de ses symptômes. Au moment où la présence du virus de la variole est suspecté, il est déjà trop tard... les cas se multiplient et la situation devient explosive. La quarantaine est instaurée par les autorités, qui ordonnent de trouver toutes les personnes ayant été en contact avec la première victime, puis de les isoler. Bien entendu, toutes ces actions doivent demeurer discrètes, afin de ne pas créer de panique générale à Belgrade. Si la gestion de la crise semble maîtrisée à l'extérieur, dans l'hôpital, les "prisonniers" doivent s'organiser au mieux.
Bardé d'un costume particulièrement inquiétant qui le fait ressembler à un croisement entre un fantôme et un boucher, un épidémiologiste est le seul lien entre l'hôpital et le monde extérieur. Des équipes de désinfection se relaient, obligeant sans cesse les 150 personnes à se déplacer, comme un troupeau que l'on souhaiterait le plus calme possible. Mais rapidement, chacun apparaît alors sous son vrai jour. Des conflits éclatent entre certains protagonistes, alors que d'autres agissent de manière irraisonnée, risquant à tout moment de faire basculer une situation déjà critique en une catastrophe de grande ampleur.

 

 

Outre la maladie, qui frappe soudainement sans distinction d'âge ou de sexe et dont les effets terrifiants sont représentés par des maquillages purulents et sanguinolents des plus réussis, quelques séquences marquantes ponctuent une œuvre à l'atmosphère volontairement austère. Pour éviter toute évasion, les fenêtres des bas étages sont barricadées de l'extérieur à l'aide de planches et de clous, alors que sur les parkings des flammes réduisent à néant ce qui a été en contact avec la souche fatale de variole et que des véhicules chargés de cadavres prennent la route pour une destination inconnue...


Malgré un traitement des événements assez classique pour les spectateurs rompus aux scénarios de catastrophes épidémiques (La Peste, La Maladie de Hambourg, "L'Année de la peste", etc.), Variola vera ne s'avère jamais ennuyeux, en partie grâce au cynisme ambiant qui règne tout au long du film et à une caractérisation des personnages qui s'éloigne des clichés du genre.

 

 

Nicolas

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