Commando Massacre
Titre original: No Dead Heroes
Genre: Guerre
Année: 1986
Pays d'origine: Etats-Unis / Philippines
Réalisateur: Junn P. Cabreira (J.C. Miller)
Casting:
Max Thayer, John Dresden, Nick Nicholson, David Anderson, Mike Monty,Toni Nero, Steve Rogers...
Aka: War Machine
 

Pendant la guerre du Viêt-Nam le capitaine Cotter et le lieutenant Sanders sont chargés de libérer un agent de la CIA fait prisonnier. Malheureusement, l’opération tourne court : seul Sanders en réchappe, laissant Cotter pour mort. Quelques années plus tard, Sanders apprend par un agent de la CIA que Cotter aurait été aperçu vivant et qu’il travaillerait à la solde du KGB, Sanders doit arrêter son ancien ami.

 

 

Les Philippines ont toujours compté une industrie cinématographique assez prolifique : vers les années septante, des réalisateurs locaux comme Eddie Romero (la série des Blood Island), Bobby A. Suarez (la série des "Cleopatra Wong") ou Cirio H. Santiago (qui deviendra le réalisateur attitré de Roger Corman sur place) réalisent quelques films d'exploitation qui s'exportent très bien. Après le passage de Francis Ford Coppola, un grand nombre de décors et de matériels restèrent sur place, ajoutez à cela une main d'oeuvre locale compétente, de très beaux décors naturels et de nombreuses facilités logistiques procurées par l'armée : il n'en faudra pas plus pour attirer quelques producteurs occidentaux. L'un des pionniers fut l'Italien Antonio Margheriti qui y tournera la majorité de ses films d'aventure et de guerre, les Américains ne seront pas en reste puisque après Roger Corman c'est la défunte Cannon qui va y tourner diverses productions ("American Warrior", "Portés disparus" 1 à 3, "Delta Force 2", "L'implacable Ninja", etc.) Evidemment, en parallèle, la production locale continue à réaliser ses propres films suivant les demandes : dans les années 80 les trois genres à la mode sont les sous-Indiana Jones, le post Nuke (spécialité de Cirio H. Santiago) et la "Vietsploitation".

 

 

Sur le papier, le script de Commando Massacre ne le différencie pas des milliers de productions tournées à l'époque dans la jungle, ce n'est d'ailleurs pas là que réside l'intérêt du film (même si celui-ci dérape au bout de vingt minutes), c'est plutôt la manière de traiter la chose qui change. Un commando doit libérer un agent de la CIA prisonnier dans un camp viet : rien ne semble jusqu'ici sortir de l'ordinaire sauf que la visite du camp prend bien vite des allures de cauchemar ! Un camp rempli de crânes où l'on entasse les cadavres à même le sol au point d'être plus crado que certains nazisploitations italiens, c'est tout dire... En effet les prisonniers ne sont pas tous enfermés dans des cages mais suspendus un peu partout comme des morceaux de viande (bien saignants) le tout supervisé par un officier russe sadique (Nicholson qui en fait des tonnes !) qui écrase son cigare sur la joue d'un prisonnier ou regarde avec un plaisir non dissimulé un autre prisonnier se faire arracher un ongle (séquence secouante car on ne s'y attend pas !).

 

 

La mission va évidemment tourner au fiasco et l'un des commandos restera sur le carreau, c'est là que le scénario s'emballe puisque l'on fait un bond de dix ans pour retrouver le pauvre survivant transformé en machine à tuer par le fameux officier russe ! En guise de démonstration, il va devoir éliminer sa famille, ce qui donne une autre scène surréaliste où le soldat débarque en pleine fête d'anniversaire... Après dix ans d'absence, sa femme à peine surprise s'écrie : "Regardez les enfants, je vous avais bien dit que votre père n'était pas mort !" et, pour fêter l'événement, notre bidasse massacre tout le monde à la mitrailleuse, youpi ! Le film aligne ce genre de scènes comme des perles mais celle qui restera sûrement dans les annales du genre, c'est une scène de viol anthologique pendant laquelle la victime attachée à un lit garde sa robe de soirée alors que son agresseur réussit l'exploit de lui arracher sa petite culotte... Elle subit alors les assauts sans doute sodomisateurs de son bourreau mais pendant quelques secondes, l'actrice se fend d'une expression qui fait presque douter que son partenaire est en train de simuler (petite précision : il ne s'agit nullement d'une actrice locale mais bien de Toni Nero, vedette de Douce Nuit, Sanglante Nuit... sans doute égarée).

A l'époque, aux Philippines, les réalisateurs (étranger ou locaux) pouvaient toujours compter sur un noyau d'acteurs occidentaux plus ou moins connus, ces acteurs exilés ou simplement de passage cherchaient à relancer leur carrière qui stagnait en Occident. Ainsi, aux côtés de "stars" comme Miles O'Keeffe, Richard Harrison, Gordon Mitchell, Christopher Mitchum, David Carradine ou Cynthia Rothrock (de passage via Hong Kong) on trouvait aussi des Romano Kristoff, Mike Cohen, Jim Gaines, Bruce Baron, Mike Monty ou Nick Nicholson. Les réalisateurs avaient ainsi un large choix et pouvaient, suivant leur budget, choisir ceux qui convenaient le mieux. Dans notre cas, c'est évidemment dans la deuxième catégorie que le réalisateur de Commando Massacre fit son choix et comme c'est un gourmand, il choisit Max Thayer, John Dresden et surtout Nick Nicholson et Mike Monty.

 

 

Max Thayer commence sa carrière en beauté dans Ilsa, Gardienne du harem. Après diverses productions comme "La Planète des dinosaures", le voilà qui débarque aux Philippines dans les années 80, histoire d'intégrer à sa filmographie quelques navets supplémentaires, ce qu'il fait prestement avec "Laser Force", Commando Massacre, "Phantom Soldier" et "Karaté Tiger 2". Son collègue John Dresden est un spécialiste des séries télé, vous l'avez sûrement croisé dans "Dynastie", "Police Story", "Barnaby Jones", "Mike Hammer", "Agence tous risques", etc. Entre ces rôles sur petit écran il apparaît dans quelques séries Z parfois tournées aux Philippines et il faut bien avouer que l'acteur a particulièrement bon goût : Raw Force, "Mission Finale", Commando Massacre, etc. Contrairement à ses deux camarades, Nick Nicholson habite les Philippines depuis les années septante, il a débuté dans le milieu du cinéma comme technicien en tournant avec Teddy Page ou Cirio H. Santiago, dans les années 80, il devient l'un des visages incontournables des productions locales et on l'aperçoit dans "Platoon" ou "American Warrior", mais aussi dans des perles comme "Slash", "Mission accomplie", "The Devastator", etc. On retrouve aussi dans un caméo un autre exilé : Mike Monty dont la filmographie est assez impressionnante, il faut dire que l'homme avait déjà derrière lui une belle petite carrière en Italie avant de débarquer aux Philippines. Il a travaillé avec Bruno Mattei, Godfrey Ho, Teddy Page ou Antonio Margheriti dans The Atlantis Interceptors, "Eliminator", "Intrusion Cambodia", "Slash", "Ninja's Force", "Ninja Warriors", "Captain Yankee", "Strike Commando", "Phantom Soldiers", "Black Cobra 2", "Zombi 3", "Dog Tags", "Mondo Cannibale" ou "The Tomb".

 

 

Aux Philippines, difficile de vraiment différencier le Z du B : c'est le cas de cette production où les acteurs sont indéniablement Z (le tout renforcé par une VF des plus terrifiantes) mais qui évolue dans des décors époustouflants comme le camp de prisonniers reconstitué, le camp d'entraînement dans les ruines d'un temple ou le quartier général du méchant pour le final. Mais le plus impressionnant, c'est le masochisme des techniciens locaux qui font tout exploser grâce à des effets pyrotechniques des plus impressionnants. Le charme totalement décalé de ce film opère parfaitement, c'est parfois ringard (la scène d'amour dans la jungle), d'un goût douteux (le salon du héros avec ces têtes d'animaux !), souvent drôle (Max Thayer est complètement hors sujet), spectaculaire à souhait (des explosions dans tous les sens), sanglant (la première partie est craignos à souhait) et totalement régressif (on mitraille à tout va). Bref du grand n'importe quoi... mais hautement jouissif !

The Omega Man

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