Brides of Blood
Genre: Horreur , Exotisme
Année: 1968
Pays d'origine: Philippine / Etats-Unis
Réalisateur: Gerarado de Leon, Eddie Romero
Casting:
Kent Taylor, Beverly Hills, John Ashley, Mario Montenegro...
Aka: Brides of Blood Island / Brides of Death / Brides of the Beast / Grave Desires / Island of the Living Horror / Orgy of Blood / Terror on Blood Island
 

Le Dr Henderson, sa femme Carla et le jeune Jim Farell, un agent du gouvernement, sont envoyés sur Blood Island afin d'enquêter sur les effets des radiations causées par l'explosion expérimentale de bombes atomiques non loin de l'île. Estaban Power, un riche propriétaire vivant dans la jungle, leur assure que rien d'extraordinaire ne se passe sur l'île, pourtant le comportement des insulaires et certains faits semblent indiquer le contraire.
Depuis la nuit des temps le thème de l'île maudite et mystérieuse n'a cessé d'enflammer l'imagination, évidemment le cinéma ne pouvait rester insensible à un tel concept. Bien vite ces petits morceaux de terre entourés d'eau vont constituer un cadre idéal pour le cinéma fantastique qui va y trouver un terreau fertile à ces multiples délires. Tourné aux Philippines, "Brides of Blood" est le premier opus d'une trilogie, les Blood Island, qui connut un petit succès dans les pays anglo-saxons. Ces petites productions réalisées avec la participation active de la population locale, dans de magnifiques décors naturels étaient agrémentées de quelques saynètes sanglantes ou / et légèrement érotiques. La série créée par le duo Romero et De Leon est fondée sur des règles de base quasi immuables (quelques acteurs américains de passage, un belle blonde, un ou plusieurs monstre, ...) qui garantissaient aux spectateurs frissons et dépaysement. Le succès fut tel que la même année le deuxième épisode de la saga fut tourné : le fameux "Mad Doctor of Blood Island" ("Le Médecin Dément de l'île de Sang") qui fut le seul distribué chez nous. En 1970 Eddie Romero en solo réalisera le dernier épisode intitulé "Beast of Blood".
Eddie Romero (aucun rapport avec George) est aujourd'hui un réalisateur reconnu aux Philippines, il fera une très belle carrière dans le film fantastique et le film d'exploitation ("The Twilight People", "Beyond Atlantis", "Sudden Death"...). Il sera souvent associé à son maître spirituel Gerardo de Leon qui lui donna sa chance en lui commandant un scénario alors qu'Eddie n'avait que 16 ans. Depuis les deux hommes n'ont cessé de collaborer, si "Brides of Blood" est le premier film fantastique de Romero, De Leon est un vétéran qui a déjà tourné en 1959 une version personnelle du Dr Moreau "Terror is a Man" et d'autres productions fantastiques à base de vampires comme "Curse of the Vampires" (1966) ou "The Blood Drinkers" (1964).

 

 

Comme toute bonne série B qui se respecte le script enfile les clichés comme des perles (à défaut d'autre chose), le vieux professeur et sa jeune épouse blonde et légèrement nymphomane, le jeune premier héroïque, le riche et mystérieux hidalgo local, la belle indigène peu farouche et tout un village de ces congénères effrayés. Tout ce beau monde se retrouve donc sur la paradisiaque mais inquiétante "Blood Island". A peine débarqué notre trio, le couple Anderson et le jeune Farell, assistent à des funérailles dont les défunts semblent avoir été démembrés. En faits ils vont vite découvrir qu'en plus des diverses mutations subies par la faune et la flore locale, les habitants de l'île doivent faire face à une étrange créature qu'ils appellent "The Evil One". Pour apaiser le monstre les indigènes n'hésitent pas à lui sacrifier de jeunes vierges (à défaut de vieilles biques) et la prochaine victime désignée sera la belle Alma, la petite fille du grand chef, qui entre temps est tombée amoureuse du bellâtre Jim Farell. Evidemment notre jeune et fougueux héros ne se fait pas prier et va affronter l'infâme "The Evil One" et surtout libérer la sauvageonne. C'est lors de cette scène de sauvetage que nous faisons la connaissance du fameux "The Evil One", un bon gros monstre mutant tout vert qui ressemble a un bibendum mazouté et purulent (en fait un figurant dans un costume en caoutchouc). Un monstre kitch et sympathique qui semble particulièrement attiré par la gent féminine et qui finira comme la plupart de ses congénères de cinéma par périr dans les flammes purificatrices.
Si les effets spéciaux sont plutôt rudimentaires et artisanaux, surtout notre ami le monstre, cela n'empêche pas certains de faire mouche. Notamment ces plantes carnivores qui n'hésitent pas à démembrer un autochtone trop audacieux ou les morceaux de cadavres qui s'éparpillent sur le sol lors d'une cérémonie funéraire. De petits effets simples mais toujours efficaces, comme cette demeure coloniale perdue au coeur de la jungle où réside le beau et riche Esteban. Entouré de son fidèle et pas très beau serviteur et de toute une horde de nains. Une maison que n'aurait pas reniée un certain Dr Moreau et qui ressemble au décor utilisé dans le sympathique "Dance of the Dwarfs". C'est là que nos héros vont élire domicile au grand bonheur de madame Anderson qui n'est pas insensible au charme de son hôte. Comme le montre cette scène inénarrable où l'on voit la pauvre, sûrement sevrée, se pâmer d'extase devant le corps poilu du beau Esteban. La belle est tellement émoustillée que malgré le danger elle décide de le suivre dans la jungle profonde en pleine nuit vêtue de sa nuisette la plus affriolante. Elle y fera une rencontre inattendue et toute verte qui nous dévoilera son entremichon avant de la violer (ou de la dévorer ou les deux !) hors champs évidemment (dommage).

 

 

Etre un gros monstre moche et purulent n'empêche pas d'avoir du goût, notamment en matière de femmes. Ainsi notre gros pervers aime-t-il les jeunes vierges en sacrifice et de préférence attachées et nues, ce qui nous vaut une petite touche d'érotisme bienvenue. Un érotisme très soft renforcé par la présence de la délicieuse Miss Bervelly Hills (quelle beau pseudo) qui interprète avec talent la blonde typique des séries B, à la fois émoustillante, pulpeuse, un peu catin, mais jamais vulgaire. Et surtout qui n'oublie jamais de s'habiller avec goût quel que soit l'endroit ou les circonstances, mini short, robe de nuit décolletée, petit pull moulant, le tout scientifiquement étudié pour mettre en valeur ses formes appétissantes.
Miss Beverly que l'on retrouvera dans diverses séries télé, mais aussi dans "A Plein Tube" un film d'Elvis et l'inénarrable "Invasion of the Bee Girls", aujourd'hui elle est devenue révérend de l'église du Christ et organise des mariages sur l'île de Maui (Hawaï). A ses côtés on trouve Kent Taylor, ex jeune premier des années 30-40 qui, dans les années 60, trouvera une deuxième carrière à la télévision et finira comme acteur fétiche d'Al Adamson (de "Satan's Sadist" 1969 à "Girls for Rent" 1972), et John Ashley un acteur américain spécialisé à l'époque dans les films de plages ("Beach Party", "Muscle Beach Party", ...). Suite à son expérience sur "Brides of Blood", il décide de rester aux philippines et devient entre autres la vedette de la trilogie des "Blood Island", il jouera et produira une dizaine d'autres co-productions dont la plupart sera réalisée par Eddie Romero.
Ce film fait penser à ces vieux 33t de musiques exotiques, dont la pochette toujours très rococo était généralement illustrée par une photo mettant en scène de jeunes indigènes dans des décors kitsch et colorés. A cet exotisme suranné ajoutez un gros monstre caoutchouteux, un zeste de violence et une lichette d'érotisme et vous obtenez un cocktail à déguster sans modération au coin du feu une belle soirée d'hiver.

 

 

The Omega Man
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