Demon's Night
Titre original: Evils of the Night
Genre: Science fiction , Erotique , Horreur
Année: 1985
Pays d'origine: États-Unis
Casting:
Neville Brand, Aldo Ray, John Carradine, Tina Louise, Julie Newmar, Amber Lynn, Karrie Emerson...
Aka: Muerte en la noche
 

Mohammed "Mardi" Rustam ne compte peut-être pas parmi les personnalités les plus connues dans le cinéma d'exploitation, et pourtant il possède une carte de visite plus qu'honorable dans ce domaine, notamment en qualité de producteur. Rustam a commencé à produire des films au tout début des seventies, et les trois premiers longs métrages le concernant ont comme point commun d'avoir été réalisés par Al Adamson. Il s'agit respectivement de "The Female Bunch" (Les Amazones du désir), Dracula contre Frankenstein et "Lash of Lust". Mais on lui doit également d'autres "perles", parmi lesquelles l'excellent Pets (La Fille en laisse), "Psychic Killer" (Le Tueur démoniaque), sans oublier ce classique de Tobe Hooper qu'est "Le crocodile de la mort".

 

 

Et puis, en 1985, il produit, scénarise et réalise ce fameux Evils of the Night qui, s'il n'est pas exploité en France au cinéma, sortira peu de temps après chez nous grâce au support VHS, par le biais de l'éditeur Scherzo (sous le titre Demon's Night).

Le film repose autour d'un scénario basique et essentiellement trois décors : une plage au bord d'un lac, un garage et une clinique. La plage est un lieu de prédilection pour les teen-agers en goguette souhaitant tirer un coup (voire plus si affinités). Le garage est tenu par deux types patibulaires particulièrement louches, Kurt et Fred, qui servent de rabatteurs à des extra-terrestres ! Enfin, les créatures de l'espace en question ont pris leur quartier général dans une clinique où les sbires mécanos amènent des jeunes gens kidnappés aux abords du lac, de préférence la nuit.

 

 

Pourquoi, me direz-vous ? Tout simplement parce nos E.T. ont besoin du sang de jeunes Terriens afin de prolonger leur existence et assurer ainsi la survie de leur espèce. Une soucoupe volante de marque SEB a de ce fait atterri non loin dans une forêt, avec à son bord un scientifique flanqué de deux adjointes plus une demi-douzaine de gardes du corps exclusivement féminines (Kadhafi a-t-il participé au financement du film ?).
Evils of the Night est donc un film d'horreur mélangeant allègrement le beach movie, le slasher et l'abduction. Le tout dans un chaos ambiant et des personnages foutraques au sein desquels John Carradine, quasi-octogénaire à l'époque, demeure imperturbable dans la défroque du Docteur Kozmar, chef de l'expédition. Inutile de préciser que l'acteur légendaire force le respect pour son professionnalisme à toute épreuve.

 

 

En gros, on pourrait presque rapprocher Demon's Night d'une production TROMA, avec un budget plus conséquent mais surtout un casting misant sur quelques figures mythiques du grand écran. Par exemple, les deux garagistes fournissant nos aliens en chair fraîche sont interprétés par Aldo Ray (The Centerfold Girls, La Guerre des cerveaux) et Neville Brand (Le Crocodile de la mort, Terreur extraterrestre). Quant aux deux assistantes de l'éminent Docteur Kozmar, elles sont incarnées par Tina Louise (Les femmes de Stepford, Canicule) et Julie Newmar (la Catwoman de la série Batman, L'invasion des cocons).

Alors, face à ce quintet de méchants ayant aligné des dizaines de films durant leur carrière, il va sans dire que nos petits jeunes ne font pas le poids. Citons quand même Karrie Emerson ("Dressé pour tuer", Chopping Mall), mais notons que Mardi Rustam a fait ici appel à une demi-douzaine de vedettes du X dont Crystal Breeze (qui tourna avec Traci Lords en plusieurs occasions), Amber Lynn (l'une des trois Lynn porno stars dans les années '80 avec Ginger et Porsche) et Jerry Butler, stakhanoviste du hard ayant enquillé environ 400 tournages sur une quinzaine d'années.

 

 

Du coup, les plans nibards ne sont pas rares dans le film, ce qui assure un cocktail sex & blood durant une bonne partie du métrage. Si Demon's Night n'atteint pas des sommets niveau gore, on recensera néanmoins quelques passages gratinés, grâce notamment à Neville Brand qui possède des talents cachés dans l'usage de la perceuse. Enfin, les effets spéciaux sont à la limite du grotesque, mais cela contribue somme toute à donner un peu plus de charme à cette série B que des éditeurs comme MPI Home Video (2014) et Vinegar Syndrome (2016) ont eu la bonne idée de ressortir récemment.


Flint

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