Messaline, impératrice et putain
Titre original: Messalina, Messalina !
Genre: Erotique , Peplum
Année: 1977
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Bruno Corbucci
Casting:
Anneka Di Lorenzo, Vittorio Caprioli, Giancarlo Prete, Lori Wagner, Tomas Milian...
Aka: Mesalina, Mesalina / Caligula II : Messalina, Messalina / Caligula Part II :Messalina Empress of Love / Caligula: Sins of Rome/Messalina – Kaiserin und Hure
 

Messaline (Anneka Di Lorenzo), épouse de l’Empereur Claude, profite de son statut pour laisser libre cours à son insatiable appétit sexuel.

 

 

Décembre 1976 - Tinto Brass donne le dernier tour de manivelle à son tout nouveau projet intitulé "Caligula", mais la sortie du film prend du retard. C'est alors qu'une idée va germer dans la tête de l'un des producteurs :utiliser les décors et les costumes disponibles pour réaliser un autre péplum. D'ailleurs, un encart dans le générique indique que le film a emprunté les décors de "Caligula", avertissement qui disparaît dans la version française. La réelle motivation de ce projet a toujours été obscure, et la seule chose dont on peut être certain c'est qu'il s'agit bien du producteur Franco Rossellini, neveu de Roberto et cousin d'Isabella qui, prenant peur, aurait financé cette comédie érotique (à la mode à l'époque) pour rentabiliser son investissement.
Mais une autre raison a aussi été évoquée. Rossellini (grand séducteur et amateur de jolies filles) serait tombé amoureux de l'actrice Anneka Di Lorenzo. Il décide donc qu'elle tiendra le rôle principal dans son prochain film (qui sortirait seulement en Italie) parce que Bob Guccione et Tinto Brass l'auraient sous employée dans "Caligula". Il propose le projet à la maison de production Medusa et offre aux patrons Felice Colaiacomo et Franco Poccioni d'utiliser les décors de "Caligula" ! Ne sachant pas ce que Brass avait réellement réalisé, les producteurs demandent à Bruno Corbucci (frère de Sergio et réalisateur de "Aladin" version Bud Spencer) et son complice, le scénariste Mario Amendola, de rédiger une intrigue qui tienne plus ou moins la route.
Heureusement, Messaline étant un personnage historique, les deux hommes peuvent se baser sur quelques faits (Claude l'Empereur était vraiment bègue !) dont le fameux double mariage de l'impératrice, qui va entraîner sa mort ! Pour le reste, le réalisateur se contente de suivre la vie de débauche de son Impératrice, en la pimentant d'un sens de l'humour typiquement transalpin (mais pas toujours du meilleur goût !). Ainsi on découvre qu'une partie de la garde rapprochée de l'impératrice est chargée de trouver les Romains qui ont la plus grande queue. Pour ce faire, ils utilisent le bitomètre, un instrument avec lequel ils mesurent le sexe des hommes afin de les classer par taille. Messalina Messalina (1977) est un curieux mélange de comédie paillarde, de gags scabreux et de péplum, inspiré du "Satyricon" de Federico Fellini (1969). Le film aurait pu n'être qu'une pitrerie de plus s'il ne se clôturait pas par un incroyable carnage avec décapitations, démembrements, éventrements, éviscérations et autres joyeusetés, même si le burlesque reprend vite ses droits, avec ces têtes tranchées qui continuent de parler ou ces bustes à avancer, alors que les survivants glissent sur le sang qui recouvre le sol !

 

 

Comment Corbucci et son scénariste se sont-ils retrouvé sur ce film ? On peut supposer qu’il s’agit d’une faveur envers Rossellini, qui connaissait bien les frères Corbucci pour avoir participé financièrement au fameux Django, sans toutefois en être crédité. Bruno Corbucci (1931-1996), en tant que réalisateur, est surtout connu en Italie pour sa série de films policiers mettant en scène l'inspecteur Nico Giraldi, incarné à onze reprises par l'acteur cubain Tomas Milian. Certains films de la série sont sortis chez nous, comme "Flics en jeans", "Nico l'arnaqueur", "Brigade anti-mafia", "Brigade anti-gangsters", "Pas folle le flic". Les autres sont resté inédits, soit "Squadra antifurto", "Delitto a porta Romana", "Delitto al ristorante cinese", "Delitto sull'autostrada", "Delitto in Formula uno". Le réalisateur peut aussi compter sur une autre collaboration fructueuse avec Bud Spencer, dans "Escroc macho et gigolo", "Les Superflics de Miami" ou "Aladin" !
Pour sa distribution, Corbucci n'a pas trop le choix et doit utiliser les deux Penthouse girls de Caligula : Anneka Di Lorenzo (Messaline) et Lori Wagner (Agrippine), qui tiennent les mêmes rôles dans les deux films, ce qui nous vaut une scène de papouille torride entre Messaline et sa cousine Agrippine (la seule séquence érotique du film qui en vaille la peine !). En contrepartie, le réalisateur peut engager son acteur fétiche Tomas Milian dans le rôle d'un clochard pouilleux, grossier et grande gueule amateur de prostituées plutôt girondes, un rôle des plus caricaturaux que l'acteur, en complète roue libre, interprète de façon plutôt pittoresque (voire grotesque, mais toujours professionnelle), laissant libre cours à de douteux phantasmes (zoophiles ?)

 

 

Voilà donc un vrai film de commande, qui n'a plus rien d'artistique. Le producteur Franco Rossellini l'aurait initié pensant que le "Caligula" de Tinto Brass ne sortirait jamais. Rossellini voulait-il rentabiliser une partie de son investissement ou simplement se taper l'actrice Anneka di Lorenzo en lui offrant un premier rôle ? On ne le saura peut-être jamais, en tout cas le film sortira en Italie avant "Caligula" et avec une certaine bonne fortune.
Finalement, en 1979 le film de Brass sortit et connut son petit succès (attisé par les rumeurs de scandales entourant le film) dont profitera le producteur italien pour ressortir une deuxième fois son film dans la foulée (entre Les orgies de Caligula, Les nuits de Caligula...). Il trouvera même son petit succès en Allemagne. Par contre le choix de Corbucci (Bruno), plus habitué aux comédies, notamment avec le duo Spencer/Hill, ou à diriger Tomas Milian est des plus discutables. On ne pouvait s'attendre à un déferlement de finesse et de bon goût. Les rôts, les pets et la nudité seront donc sa sainte-trinité. De ce point de vue le réalisateur reste en adéquation avec sa filmographie et réalise une comédie paillarde peu originale et surtout moyennement érotique (je soupçonne même la version française d'avoir subi quelque caviardage érotique pour épicer un peu l'ensemble !). On retiendra néanmoins les tenues et les prestations érotiques d'Anneka Di Lorenzo (piètre actrice mais au corps superbe), dont une danse lascive qui aura fait de l'effet sur au moins une personne !

 

 

The Omega Man

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