Passion hantée
Titre original: The Haunting Passion
Genre: Thriller , Fantastique , Drame , Esprits
Année: 1983
Pays d'origine: États-Unis / Canada / Royaume-Uni
Réalisateur: John Korty
Casting:
Jane Seymour, Gerald McRaney, Millie Perkins, Ruth Nelson, Paul Rossilli, Ivan Bonar, Lisa Britt...
Aka: La maison sur la falaise / Passion d'outre-tombe / Vengeance d'outre-tombe
 

Un jeune couple décide d'habiter une superbe maison au bord de la mer. Julie reste souvent seule pour gérer cette maison qu'elle adore. Déjà intriguée par la méfiance des autres habitants à leur égard, elle découvre des objets ayant appartenu aux anciens habitants. La nuit, elle sent une présence qui ne fait que s'accentuer. Des événements surnaturels se produisent, la plongeant dans une atmosphère de mystère jusqu'au moment où, pendant son sommeil, elle sent une personne qui abuse d'elle. Très vite, elle s'aperçoit qu'un spectre charmeur prend possession non seulement de son corps mais aussi gouverne ses envies sexuelles pour l'attirer à lui...

 

 

Les films où des couples emménagent dans des demeures où des drames ont jadis eu lieu sont légion. Soit-dit en passant, les films de maris moustachus, aussi. C'est Dan (Gerald McRaney) qui nous préoccupe en début de bobine. Dan a quelques problèmes de libido dont se plaint Julie, son épouse (Jane Seymour). Faut dire que l'homme a subi un énorme trauma. Sa souffrance ? Avoir été la coqueluche des femmes parce que excellent footballeur, mais pas pour lui, pas pour ce qu'il est vraiment humainement parlant. Un homme-gode en quelque sorte ! Mais quand il a atteint la limite d'âge, ses conquêtes se sont faites plus rares. Bref, il lui faut du temps pour digérer tout ça, même si, semble-t-il en pleine crise de quarantaine, sa moustache est plus fournie que son crâne, guetté par une calvitie naissante. M'enfin... Jane se débrouille et se doigte la chatte dans son sommeil au son de "Ne t'arrête pas mon amourahhhhhh...".
Dan est donc frustré. Jane aussi. Ô surprise, là où l'on croyait à un rêve, on s'aperçoit que non ! Jane, à demi-consciente, pensait que Dan la touchait. Sauf que Dan, lui, se fait du coup réveiller et l'envoie paître. Jane prend donc conscience que son Tarzan moustachu n'a rien branlé du tout. Mais alors, qui donc pénètre ainsi dans son corps ?

 

 

Sorte d'extension sexuée venue de l'au-delà et en version "Prise de minou" du "Quelque part dans le temps" de Jeannot Szwarc, The Haunting Passion n'est certes pas bien novateur, et la présence de Jane Seymour, probablement pas le fruit du hasard non plus. Il réserve cependant de bons moments : un tableau d'une jeune fille en train d'être peint et dont la main de Jane semble s'emballer pour dresser le portrait d'un homme inconnu. Des frissons dus à de brusques bourrasques surgissant de nulle part, n'importe où n'importe comment. Le sentiment d'une présence, en toute logique mi-attirante, mi-répulsive, a fortiori accru par la frustration sexuelle de Jane. Des situations gênantes avec Dan rentrant chez lui et trouvant Jane nue à la maison, une photo qui prend feu, un prénom (Jonathan) qui s'inscrit sur la buée d'une cabine de douche...
Tout cela finit par installer une véritable atmosphère, plutôt bien orchestrée par le réalisateur John Korty. Avec l'aide, il faut bien le dire, de Paul Chihara qui assure une partition efficace, lente, stridente et hypnotique. À noter que le compositeur, collaborateur de Sidney Lumet ("Le Prince de New York ", "Le Lendemain du crime") semble coutumier du film d'épouvante ou du thriller fantastico-horrifique (La course à la mort de l'an 2000, "Dr. Strange", "Impulse" de Graham Baker, "L'ange du mal" de Paul Wendkos). Il est en tout cas très à son aise ici et apporte plus qu'il n'y paraît de prime abord à l'illustration un peu sage du réalisateur.

 

 

À l'heure où l'on a une fâcheuse tendance à qualifier de façon péjorative les films de téléfilms pour critiquer leur platitude, Passion hantée fait partie de ces téléfilms qui pourraient se sentir insultés par la comparaison. Bien entendu, Passion d'outre-tombe n'est pas sans rappeler également The Entity et ses agressions sexuelles subconscientes. Mais on aura le droit de le trouver plus malicieux, plus finaud, mieux maîtrisé et, somme toute, plus réussi. Dans le registre des similarités et pour assoir le fait que ce téléfilm plus qu'estimable n'a pas vieilli d'un poil de cul, on pourrait même établir un lien thématique ténu entre The Haunting Passion et le récent "Elle" de Paul Verhoeven. Quoi qu'il en soit, Passion hantée est une petite réussite de fantastique romantique sournoisement transformé en conte pervers.

John Korty est un metteur en scène peu connu. Ses quelques films pour le cinéma sont le plus souvent tombés dans les oubliettes et le réalisateur est ce qu'on appelle un faiseur pour la télévision. Pas étonnant qu'il y a un manque de personnalité qui, comme suggéré avant, transparaît ici. Cependant, un film est aussi et avant tout une question d'alchimie. Autant dire qu'elle se fait. Avec l'aide des acteurs, car il convient de souligner l'impeccable prestation de Jane Seymour (Sinbad et l’œil du tigre, le "Jack L’Éventreur" de 1988) et celles, plus en retrait, de Millie Perkins (The Shooting) et de Gerald McRaney, dont la carrière débuta chez un certain Joy N. Houck Jr. avec successivement Night of Bloody Horror et Elle ne pense qu'à ça...

 

 

Mallox

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