Snake (Le Serpent)
Genre: Horreur , Arts Martiaux
Année: 1988
Pays d'origine: Hong Kong
Réalisateur: Godfrey Ho
Casting:
Richard Harrison, Juliet Chan (Li-Yun Chen), Nancy Lim, Shou-Ping Tsui, Cynthia Ku, Maura Pong, Samson Kim...
Aka: Scorpion Thunderbolt / Das Schlangen Monster
 

Un énorme monstre mi-serpent, mi-scorpion, contrôlé grâce à un joueur de flûte par une mystérieuse sorcière, sème la terreur et massacre hommes et femmes en les vidant de leur sang ! La police enquête et tous les moyens sont mis en œuvre pour tenter de détruire ce monstre que rien ne semble pouvoir arrêter...

 

 

Pour ceux qui ne s'en souviennent pas (ou bien préfèrent ne plus s'en souvenir), durant les années quatre-vingt, les films d'arts martiaux bénéficient d'une forte présence "Ninja". Découvert par la Cannon, l'espion furtif japonais devient alors une figure à la mode, qui peut même revendiquer sa star-maison attitrée : Shô Kosugi. Ce que personne ne pouvait cependant prévoir, c'est qu'un tsunami dénommé Godfrey Ho s'apprêtait à noyer le marché sous une ribambelle de pâles imitations aux titres prometteurs mais inversement proportionnels à la qualité des œuvres : "Ninja Terminator", "The Ninja Squad", "Magnum Thunderbolt", "Ninja Thunderbolt", "Full Metal Ninja", "Ninja Fury", "Black Ninja"...
Précisons que ces films sont entrés dans l'histoire grâce à une pratique des plus discutables : le "2 en 1". La recette est simple puisqu'il s'agit de prendre un vieux film méconnu (sud-coréen ou taïwanais de préférence) puis de le caviarder de nouvelles scènes, tournées pour l'occasion, avec des acteurs occidentaux égarés dans un autre espace-temps. Les films de Ninja signés Godfrey Ho sont déjà, en temps normal, des aberrations réjouissantes, mais quand celui-ci décide de varier les genres et les plaisirs, on frémit d'avance...
Ainsi, entre deux Ninjas bariolés, Godfrey Ho sort quelques titres comme "Zombie vs Ninja" et "Robo Vampire". Pour Scorpion Thunderbolt, il pioche dans sa collection de vieux films un certain "Mongnyeo Han" (alias "Grudge of the Snake Woman"), une version reptilienne de La Féline tournée en 1984. Pof, ni une ni deux, il récupère donc des scènes de l'un de ses films, "Majestic Thunderbolt", et shoote quelques scènes en complément, histoire de lier le tout (de manière approximative, il va sans dire).

 

 

Comme dans de nombreuses productions signées Godfrey Ho à l'époque, c'est Richard Harrison qui se retrouve en tête d'affiche. L'acteur américain, véritable icône de la série B européenne des années 60 et 70, a pratiqué quasiment tous les genres en vogue : péplum, western, film d'espionnage, polar, film de guerre, film de pirates... Citons quelques titres comme "Les Géants de Rome", "Hercule contre les mercenaires", "Avec Django, la mort est là", "On m'appelle King", "Le Colt du révérend", "A 077 défie les tueurs" ou bien encore "Les Tigres du désert".
C'est au milieu des années 70 que Richard Harrison, alors en Asie, rencontre le sieur Geoffrey Ho. Une rencontre qui ne laissera pas que de bons souvenirs à l'acteur qui se retrouve alors au générique de films qu'il n'a jamais tournés ! Il devient donc l'une des victimes collatérales du "système Ho" et lorsque Richard Harrison tourne une bobine telle que "Majestic Thunderbolt", trois autres sortent dans la foulée : "Ninja Thunderbolt", Scorpion Thunderbolt et "Inferno Thunderbolt".

 

 

Pour celui-ci, Godfrey Ho nous concocte un véritable maelstrom de déviances, avec sang à gogo, sexe sordide, combat de kung-fu, serpents et autres créatures en caoutchouc. Il convient néanmoins de préciser que le matériel de base semble déjà assez folklorique. Pour preuve, il n'y a qu'à regarder la séquence d'ouverture, totalement décalée, dans laquelle une jeune fille est poursuivie par un gaillard patibulaire tandis qu'un aveugle joue de la flûte : l'assaillant (garni d'une fleur sur la tête) s'avère inoffensif mais bel et bien dérangé, la jeune fille, soulagée, regarde l'homme s'éloigner et c'est seulement alors que le monstre intervient !
Le reste du métrage est du même acabit puisqu'on a droit, pêle-mêle, à un fou qui jette les morceaux d'un chat mort, à une agression au domicile d'un inspecteur de police par un malfaiteur qui, bien décidé à se venger, s'acharne sur la femme dudit policier en lui arrachant ses vêtements puis en se frottant contre elle comme un lombric au soleil... Plus loin, ce sera un bargeot de première jouant au billard qui envoie l'une des boules entre les jambes d'une pauvre fille attachée au fauteuil du salon… Bref, le brave Godfrey Ho semble avoir déniché une petite perle atypique puisque ces scènes ne sont pas les siennes !

 

 

Quoi qu'il en soit, lorsque celui-ci insère les séquences avec Richard Harrison, on entre carrément dans une autre dimension. D'une manière générale, lorsque le réalisateur essaye de coller plus ou moins à l'intrigue (déjà plus que nébuleuse à la base), le film tout comme le spectateur partent complètement en vrille.
Citons la scène de l'auto-stoppeuse qui demeure une petite merveille : racolant le long d'une route, la fille n'hésite pas à exhiber sa poitrine pour appâter notre moustachu de service. Ce bon samaritain de Harrison embarque illico la gueuse qui lui propose de venir admirer son travail d'actrice dans une salle de cinéma avant de se lancer dans un striptease torride avec, comme bande son, "Oxygène" de Jean Michel Jarre ! Chauffé à bloc, "moustacheman" entreprend de s'occuper de la belle qui tente de l'occire au couteau. Notre ninja désarme alors la brave demoiselle qui se met à baver une substance orange non identifiée !

 

 

Pour être honnête, visionner un film de Godfrey Ho est une expérience qui défie la logique. En effet, qui pourrait visionner un film presque entièrement déstructuré, tout fait de bric et de broc ? Assurément quelqu'un qui ne serait pas normalement constitué, à l'instar du chroniqueur caché derrière ces modestes lignes... Et pourtant, le brave Godfrey Ho aura vendu des centaines de métrages du même tonneau !
Le but était bien entendu d'approvisionner un marché de plus en plus avide d'inédits en recyclant d'anciennes bobines (Godfrey Ho serait-il un éco-responsable avant l'heure ?). Évidemment, à force de faire un peu n'importe quoi en tâtonnant, on finit parfois par trouver la bonne recette, ce qui est le cas de Snake. Certes, techniquement cet opus ressemble aux autres pellicules du bonhomme et, comme indiqué plus haut, les notions de continuité et de fluidité sont absentes. Le résultat est bien entendu méga nul, supra con, en plus d'être absolument incompréhensible mais certaines saynètes sont tellement insolites et déconcertantes qu'elles finissent par donner une certaine idée du bonheur.

 

 

 

The Omega Man

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