J'aurai ta peau
Titre original: I, the jury
Genre: Polar
Année: 1982
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Richard T. Heffron
Casting:
Armand Assante, Barbara Carrera, Laurene Landon, Alan King, Geoffrey Lewis, Paul Sorvino, Judson Earney Scott,Barry Snider, Julia Barr, Jessica James, Frederic Downs, Lee Anne Harris, Lynette Harris...
 

Jack, le meilleur ami de Mike Hammer, a été assassiné. Ce dernier a juré de le venger. Assisté de sa secrétaire Velda, Mike se retrouve mêlé à une affaire ultra dangereuse qui va le mener dans une clinique de thérapie sexuelle contrôlée par la CIA, et sur la piste d'un dangereux tueur !

 

 

Au départ, il y a le roman de Michael Spillane "I, the Jury", publié en 1947 (dont Ian Fleming se serait beaucoup inspiré paraît-il !) et déjà adapté plusieurs fois à l'écran, dont l'excellent Kiss Me Deadly de Robert Aldrich en 1956. Des années plus tard, le réalisateur-scénariste Larry Cohen se penche à nouveau sur l’œuvre de Spillane ; son but est de réactualiser le personnage et d'en faire une sorte de James Bond pour adultes. Il écrit un scénario, réunit des fonds et débute le tournage.
Malheureusement, après une semaine le pauvre se fait virer par ses producteurs pour cause d'extrême lenteur, il est remplacé par le consensuel Richard T. Heffron, téléaste sans génie mais qui a du métier. Contre tout attente, Heffron réussit à livrer un polar urbain noir et violent, comme on osait encore en rêver dans les années 80. Filmé sans génie mais boosté au sexe et à l'adrénaline (voir le meurtre très "giallo" des jumelles), I, the Jury est un pur bonheur !
Il faut dire que le script très bondien de Cohen y est pour beaucoup. En effet, celui-ci accumule les poursuites, fusillades et coups de théâtre, laissant au spectateur peu de répit, Cohen n'hésitant jamais à "assaisonner" la trame du roman à sa manière : témoin égorgé en plein restaurant chinois, torture à l'électricité, poursuite en voiture, partouze dans une clinique sexuelle, tueur psychopathe qui "fonctionne aux rousses", assaut final du QG du méchant...

 

 

Le personnage de Hammer est ici transposé à notre époque et subit un petit lifting : plus de chapeau (une trahison pour certains !), devenu vétéran du Vietnam, mal rasé, violent, agressif, amateur de friandises (il faut le voir se jeter sur le pot de miel offert par sa secrétaire !) et de jolies filles ; il traverse le film comme un pitbull dans un jardin d'enfants. Il faut reconnaître que le pauvre doit affronter un sacré ramassis de salopards et de malades en tous genres : mafieux, tueur psychopathe, CIA, Viet Vet... Autant vous dire que le brave Hammer en prend plein les dents. Mais il sait rendre les coups et cela fait très mal, d'autant plus que l'homme est des plus motivé car il doit retrouver l'assassin de son pote et rien ne l'arrêtera !

Prévu à l'origine pour Clint Eastwood, c'est Armand Assante (le frère de Stallone au cinéma !) qui héritera du rôle de Mike Hammer. Un choix judicieux tant l'acteur habite son personnage. Pour le seconder, il peut compter sur sa fidèle et amoureuse secrétaire Velda interprétée par la blonde Laurene Landon (Maniac Cop, Hundra, 2 filles au tapis...). Face à eux, on a droit à un beau parterre de second couteaux avec, en tête, la belle Barbara Carrera ("Jamais plus Jamais"), que certains soupçonnent d'être une des causes du réchauffement de la planète. Le tueur psychopathe manipulé est interprété par Judson Earney Scott, acteur à la "gueule d'ange" vu dans "Star Trek 2". Au passage, on reconnaîtra aussi Geoffrey Lewis (Quelques Clint et près de 200 rôles dont Sella d'argento) et Paul Sorvino (la papa de Mira, apparu dans nombre de films dont Léon et Le retour du Chinois).

 

 

Les mélomanes sont aussi servis. Ceci grâce à l'excellente partition de Bill Conty ("Rocky"), pleine de punch avec notamment un générique dont l'introduction n'est autre que le cliquetis du chargement d'un automatique, un régal.

I, the Jury est donc une agréable surprise, a fortiori car c'est le genre de film dont on n'attend rien et qui, en fin de compte, s'avère des plus intéressant. Une œuvre mineure, certes, mais qui possède du punch ; excessive par certains aspects mais qui ne s'embarrasse pas de fioritures. C'est une série B en noir et rouge pour un bon polar "harboiled", à défaut d'être un grand film, ce qui n'est déjà pas si mal ! Notez qu'une fois n'est pas coutume, le titre français est loin d'être stupide et résume même mieux le film que l'original (qui fait référence au roman).
Alors, si vous aimez les jolies filles, les fusillades, les rousses et les poursuites en voitures, vous savez ce qui vous reste à faire.

 

 

 

The Omega Man
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