Earth dies screaming, The
Genre: Fantastique
Année: 1964
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: Terence Fisher
Casting:
Willard Parker, Virginia Field, Dennis Price, Vanda Godsell, Thorley Walters, Anna Palk...
 

"The Earth dies screaming" est le premier d'un trio de films de science-fiction à petit budget que Terence Fisher tourna en marge de la Hammer. Les suivants seront "Island of Terror" et "Night of the Big Heat", et il faut bien admettre qu'on est assez loin des plus belles réussites de son auteur. Il est clair qu'on ne trouvera pas la flamboyance de "La Nuit du loup-garou" ou du "Cauchemar de Dracula", mais malgré sa mauvaise réputation, cette production offrira malgré tout un spectacle sympathique avec même quelques fulgurances formelles, et l'on aura tort à mon sens, de bouder son plaisir, de ne pas saisir les qualités intrinsèques qui nous sont généreusement tendues ici, et quand bien même le scénario se montre squelettique et trop manifestement sous influence de quelques standards de l'époque, il n'en reste pas moins un bon petit film fantastique, dans lequel subsistent tout de même de bien bonnes et bien belles choses.

 

 

Un astronaute revient sur Terre, et rentrant en Angleterre, il retrouve un pays dévasté dans lequel les cadavres jonchent rues et trottoirs. Personne ne semble avoir survécu à ce qu'il apprendra être le fait d'une attaque chimique. La civilisation semble avoir été balayée et comble du tout, la terre semble être dorénavant contrôlée par des robots. Il rencontre bientôt quelques rescapés de cette extermination en bonne et due forme, qui ont survécus parce qu'ils ne respiraient pas, au moment du largage de gaz mortels, l'oxygène ambiant. L'une d'entre-elle était même à ce moment là en pleine intervention chirurgicale, sous oxygène médical. Nos protagonistes vont alors se regrouper afin de mieux se protéger contre les assauts de robots errants, qui s'avéreront contrôlés par l'être humain. Petit détail, une blessure de robot peut vous contaminer et vous transformer en zombie capable de transmettre ce virus de mort.

L'entame du film est excellente. Les gens se mettent à tomber le long de voies ferrées, les avions s'écrasent, les trains déraillent... générique. "The earth die screaming". Un homme arrive dans un petit village d'Angleterre qui semble complètement déserté. Peu à peu il ne retrouve que cadavres avant de se faire attaquer par ce qui ressemble à un robot. On est très proche alors de "Je suis une légende" de Matheson, mâtiné du "Jour où la Terre s'arrêta", ce n'est pas les pires références qui soient. Le film change de cap dès lors qu'on apprend le pourquoi du comment et que les personnages apparaissent pour se regrouper et la majeure partie du film se situera ensuite entre un "Village des damnés" et une "Nuit des morts vivants" à venir. Pour en revenir à la dernière comparaison, c'est un peu là que le bât blesse, puisqu'à l'instar du film de Romero, les protagonistes seront le plus souvent contraints de rester cloîtrés, occupés à repousser les assauts externes. Malheureusement ils ne feront pas que ça et auront beaucoup trop le loisir de parler entre eux. Les dialogues se feront lourds, théâtraux, et la mise en scène sera bien trop statique, manquant d'âme, semblant peu convaincue de la forme à donner à tout ceci, restant alors en retrait, peut-être sur le qui-vive.

 

 

C'est le gros hic du film de Terence Fisher que de se montrer incapable de donner vie et dimension à des personnages somme toute très creux, et campés par des acteurs assez peu inspirés, sinon inexpressifs. Dommage car lorsque ça bouge, et ça bouge tout de même assez souvent pour renouveler l'intérêt entre deux bavardages ineptes, Fisher se montre dans les scènes d'action très généreux. Entre les attaques de ces robots, il faut le dire, un brin singuliers, et les assauts d'être humains fraîchement zombifiés, la magie de la mise en scène opère, et Terence Fisher retrouve toute son inspiration, dotant alors sa mise en scène d'une photographie somptueuse, jouant remarquablement sur les contrastes, jonglant dans un même temps magnifiquement avec les cadres. Alors oui, l'action est dans le film distillée de manière un peu trop régulière et répétitive, mais force est d'admettre qu'un talent éclate. Un spectre aux yeux blancs, un beau cadre et une somptueuse photographie, quitte à paraître peu exigeant, personnellement, ça me ravit. Quand en fond la partition de Elisabeth Lutyens dirigée par Phillip Martell élève encore d'un cran par une belle efficacité, notamment dans l'utilisation des cymbales, moi que voulez-vous, ça m'emballe.

 

 

Alors on pourra ergoter, comme je l'ai fait moi-même plus haut, sur tous les manquements de ce film, qui pour ma part reste malgré tout globalement assez jouissif. L'on va dire que ça dépendra de l'addition que l'on fera soi-même, et si l'on décide de mettre les défauts du film en avant, ou bien les qualités de ce mal aimé Fisherien qui selon moi n'en mérite pas tant. Arriver avec un budget très limité à élever ce qui semble être un nanar de base à la Ed Wood, au rang de magnificence, et combien même ce n'est peut-être que par éclairs, prouve encore une fois le talent immense de son metteur en scène, et son apport considérablement inventif auquel il a très hautement contribué au sein du genre. Petit film certes, mais grand metteur en scène. De plus, ça dure à peine plus d'une heure, si j'étais vous et si l'occasion se présente, je me laisserai tenter...

 

Note : 6/10

 

Mallox
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