Bandidos
Genre: Western spaghetti
Année: 1967
Pays d'origine: Italie / Espagne
Réalisateur: Massimo Dallamano (sous le pseudo de Max Dillman)
Casting:
Enrico Maria Salerno, Terry Jenkins, Cris Huerta, Venantino Venantini...
Aka: Crepa tu... che vivo io / You die... but I live
 

Richard Martin est un tireur d'élite exceptionnel, à la quarantaine bien tassée, qui a gagné sa vie en participant à de nombreux concours, et en les gagnant non seulement grâce à son adresse, mais aussi son intelligence. Lors d'un voyage en train, il se retrouve mêlé à une attaque menée par une bande de hors-la-loi alliée à des guerilleros mexicains dont le leader a pour nom Vigonza. Ironie du sort, les hors-la-loi sont aux ordres d'un pistolero notoire qui terrorise la région : Billy Kane, un homme qui manie fort bien le revolver pour la bonne raison qu'il a eu dans le passé Martin en tant que professeur. Mais si le prof est resté dans le droit chemin, l'élève s'est laissé quant à lui entraîner du "côté obscur", pour devenir le tueur impitoyable qu'il est à présent. L'attaque du train finit en véritable boucherie, car les bandits ne veulent laisser aucun témoin vivant. Un massacre auquel seul Richard Martin va réchapper, Kane signifiant ainsi qu'il a effacé sa "dette" en l'épargnant. Cela dit, le desperado prend soin d'éviter tout risque de vengeance ultérieure en tirant une balle dans chacune des mains de Richard Martin.

 

 

On retrouve l'ancien tireur d'élite, plus tard, dans un village. A présent infirme, Martin est devenu alcoolique. Autrefois tiré à quatre épingles, la moustache fine élégante, il est désormais sale, débraillé, le cheveu hirsute et la barbe non taillée. Bien que ne pouvant plus se servir de ses mains, Martin n'a pas pourtant renoncé à sa vengeance. Comme il n'est plus en mesure d'assumer une confrontation directe avec Billy Kane, il a décidé de former un nouvel élève. Pour cela, il organise un spectacle itinérant mettant en lice "Ricky Shot", un tireur de foire. Le but étant de trouver un élève suffisamment doué pour être capable d'affronter Billy Kane le moment venu. Il croit avoir trouvé cette fameuse personne, un beau jour. Un jeune homme mystérieux, affable, mais peu désireux de parler de lui. Lui demandant son nom, il répond : Ricky Shot. Les deux hommes finissent par sympathiser, et ainsi vont-ils aller de ville en ville proposer leur numéro de saltimbanques. Ricky a l'air de s'intéresser lui aussi à Billy Kane, pas pour les mêmes raisons que Martin, bien que la fameuse attaque du train semble avoir un rapport avec les motivations du jeune homme...

 

 

Bandidos est le premier film réalisé par Massimo Dallamano, un metteur en scène connu pour les excellents Mais qu'avez-vous fait à Solange ? et L'Ame Infernale, sans oublier "Emilie l'Enfant des Ténèbres", sympathique mais peu captivant. A l'époque de Bandidos, Dallamano est loin d'être un débutant, puisqu'il a tout juste cinquante ans. Il a derrière lui une longue carrière de directeur de la photographie, un domaine dans lequel il jouit d'une fameuse réputation, si bien qu'il a exercé notamment ces fonctions dans Pour une Poignée de Dollars et "Pour quelques Dollars de Plus". Cette expérience se retrouve dans ce premier long-métrage à la photo hyper-léchée, avec un sens du cadrage remarquable, et une variation habile entre les gros plans et les plans larges.

 

 

Bandidos est donc un western-spaghetti typique, dans lesquelles les thèmes de la vengeance, de l'amitié et de la trahison sont bel et bien présents. L'originalité du film tient à la fois dans le traitement apporté au genre par Dallamano, et dans le choix des interprètes. Le metteur en scène a choisi de raconter une histoire dans laquelle le héros doit utiliser la ruse et non la force pour arriver à ses fins. Une thématique ressemblant parfois à une tragédie grecque dans la mesure où celui qui enseigne "manipule" en quelque sorte la personne qu'il forme, tout en s'attachant à elle. Une amitié réciproque et ambiguë, puisque l'élève, tout en respectant le maître, va être aussi confronté à un cruel dilemme : choisir entre défendre son honneur bafoué ou celui de la personne l'ayant pris sous son aile, l'ironie du sort voulant que l'accomplissement de l'un se fera au détriment de l'autre. Cornélien, assurément...

Le casting, ensuite. Lorsque l'on voit la prestation d'Enrico Maria Salerno (Richard Martin) et de Venantino Venantini (Billy Kane), on se prend à regretter que ces deux là n'aient pas joué plus souvent dans le western spaghetti, tant ils se montrent particulièrement à l'aise dans ce genre cinématographique. Dommage aussi que Terry Jenkins (Ricky Shot) n'ait pas eu la carrière d'acteur méritée, tant il fait preuve ici d'un talent indéniable.

Lorque Bandidos est sorti sur les écrans, il est passé relativement inaperçu, noyé dans la masse des westerns spaghetti tournés à l'époque, aux alentours de soixante-dix. C'est dommage, car le film recèle bien des qualités, et le fait qu'il y ait peu d'acteurs principaux a permis au réalisateur de donner à chacun d'entre eux beaucoup de profondeur. Voilà encore un film qui mériterait une "renaissance" par le biais du dvd.

 

 

Note : 7/10

 

* A noter que cette critique a été rédigée en 2007. Un dvd est sorti depuis, en septembre 2013, chez l'éditeur Artus Films. (voir ci-dessous).

 

Flint

 

En rapport avec le film :

 

# La fiche dvd Artus Films de Bandidos

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