Monstre du château, Le
Titre original: Ivanna
Genre: Horreur , Gothique
Année: 1971
Pays d'origine: Espagne / Italie
Réalisateur: José Luis Merino
Casting:
Erna Schürer, Carlos Quiney, Agostina Belli, Cristiana Galloni, Javier de Rivera, Christian Pathé, Enzo Fisichella...
Aka: Le château des damnés (Titre vidéo) / Scream of the Demon Lover (titre américain)
 

Que serait un village d'Europe de l'est au XIXème siècle sans une malédiction séculaire rampante et prête à s'abattre sur sa populace ? Je vous le demande... Celle frappant les habitants du bourg où se situe l'action de "Le monstre du château" semble étroitement liée au château du Baron Janos Dalmar (Carlos Quiney), une malédiction se caractérisant par une succession de morts inexpliquées. Des corps de villageoises sont retrouvés dévorés en partie. Après analyse de leur cadavre, il en résulte que chaque victime a eu un rapport amoureux peu de temps avant son décès. Une autre particularité lie ces femmes : chacune a été aperçue en compagnie du Baron Dalmar qui n'avait décidément pas besoin de ça pour espérer un regain d'estime dans le coeur de ses voisins, impliqué qu'il est dans des racontars sordides. On prétend notamment qu'il est responsable de la mort violente de l'ancien propriétaire du château, son frère Igor, carbonisé dans l'incendie de son laboratoire.
C'est en ces temps emplis d'effervescence et d'agitation que débarque Ivanna la citadine (Erna Schürer), embauchée par Janos pour l'assister dans ses expériences biochimiques. Le maître des lieux, décidément pas commode, conserve le corps calciné de son frère dans une cuve remplie aux deux tiers d'un liquide noirâtre de préservation. Coïncidence fortuite, les nuits d'Ivanna sont bientôt troublées par des hallucinations morbides où elle s'imagine attachée nue à une table, caressée par les mains brûlées d'une chose tapie dans l'ombre. Mais est-c'que d'abord, est-c'qu'il s'agit-il de cauchemars d'abord ?

 

 

A défaut d'être médiocre, voilà un film franchement ringard car parachuté après la bataille. L'épouvante gothique a beau ne plus faire recette depuis le milieu des années 60, certains cinéastes irréductibles espagnols et italiens s'en secouent le baobab et persévèrent dans cette voie. "Le monstre du château" appartient donc à cette seconde génération de films gothiques principalement composée de surgeons tardifs du genre (à cela près qu'ils se révèlent moins chastes qu'autrefois en matière de sexe et de sang), à l'instar de "Le château de Frankenstein" de Ramiro Oliveros ou encore de "L'horrible sexy vampire" de José Luis Madrid, tous deux chroniqués ici-même.
Toutefois, certaines de ces productions parviendront à tirer leur épingle du jeu, en ayant recours au choix à une mise en scène ingénieuse (c'est le cas de "Ceremonia sangrienta", le chef-d'oeuvre de Jorge Grau) ou bien à une telle surcharge de folie qui force le respect (là, on se tournera plutôt vers "Les vierges maudites de Dracula" de Luigi Batzella). Hélas, trente fois hélas, ce n'est pas le cas du film de José Luis Merino, qui se contente d'aligner sans aucune imagination les clichés de la vieille école, appuyé par une mise en scène dépassée.

 

 

Même la musique s'en mêle, obsolète, en retard d'au moins deux décennies. Reste que l'érotisme davantage prononcé sans pour autant franchir les frontières du soft est là pour nous rappeler les prémices de l'ère 70. La charmante Agostina Belli ébauchant à peine alors un début de carrière, ici dans les frusques d'une gouvernante du château Dalmar les fait même tomber (les frusques), le temps d'une trop courte scène.

Quid du scénario ? Là aussi, ça déconne sévère. La faute n'en incombe pourtant pas à l'intrigue principale, généreuse en retournements de situation jusqu'à l'ultime révélation où la vérité éclate enfin (encore que son côté cartésien risque d'en défriser plus d'un mais chuuuuut). Non, pointons plutôt du doigt les virées dans le romantisme de mes deux avec l'histoire d'amour barbante entre Ivanna et le Baron qui plombe à de trop nombreuses occasions le récit. "Angélique, marquise des glands" et "Sissi impératriqueuse" ne sont pas loin. Bref, érigeons le bilan : que nous reste-t-il, hormis une routine envahissante ? A vrai dire, une petite bande guère relevée certes mais à ne pas jeter aux orties pour autant. La routine du bissophile, quoi.

 

 

Throma
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