Mort au Large, La
Titre original: L'Ultimo Squalo
Genre: Horreur , Agressions animales
Année: 1981
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Enzo G. Castellari
Casting:
James Franciscus, Vic Morrow, Micaela Pignatelli, Joshua Sinclair...
 

Trois ans après Les Dents de la Mer 2, la mode des requins n'était toujours pas passée. C'est ainsi qu'Enzo G. Castellari se retrouva aux commandes de cette Mort au Large qui, ne s'intéressant pas tellement au film de Jeannot Szwarc, va directement reprendre des pans entiers des Dents de la Mer version Spielberg.
Une ville côtière a la malchance de voir débarquer près de ses plages un requin glouton, aimant à boulotter les baigneurs. Ce qui dérange un peu le politicien du coin, mais pas de quoi annuler la course de planches à voiles qui doit se dérouler prochainement. Mauvaise idée : il aurait fallu écouter ce sage écrivain spécialisé dans les requins (James Franciscus, dont le personnage se nomme Peter Benton, peut-être une référence à Peter Benchley, auteur du roman des Dents de la Mer) et son ami lui-même chasseur de requins (Vic Morrow, qui singe complètement le Quint des Dents de la Mer), désireux d'annuler la compétition pour éviter les ennuis. Mais une fois que le mal est fait, tant pis : il ne reste plus qu'à se débarrasser du grand requin blanc, quoi qu'il en coûte...

 

 

Si le film de Castellari pompe pas mal le film de Spielberg, il a au moins le mérite de ne pas le faire sur toute sa durée. Ainsi, tous les éléments repris des Dents de la Mer seront utilisés dans la première partie du film : l'arrivée imprévue du requin, le politicien qui ne veut pas fermer la plage, le drame qui en découle, le chasseur et son allié qui partent à la chasse... Ca va très vite, c'est assez convenu (euphémisme), et c'est il est vrai peu intéressant.
En revanche, ce qui suit, dans la deuxième moitié du film, l'est beaucoup plus. Se dégageant de toute l'intrigue "sur la terre ferme", le scénario, sans pour autant abandonner le ton résolument sérieux du film, se concentre sur toutes les tentatives de chasse au requin. Nombreuses, et forcément dramatiques (dans le choix des victimes, dans la façon dont celles-ci ressortent de leur duel avec le requin). Castellari maîtrise bien ses séquences sous-marines. Surtout celles qui viennent de stock shot, même si ceux ci sont plutôt bien utilisés. Son requin, quoiqu'un peu rigide, présente plutôt bien, d'autant plus qu'il n'est jamais révélé dans son ensemble.

 

 

Les spécialistes dont je ne suis pas vous diront que tous les stock shots ne présentent pas un requin blanc, mais que plusieurs variétés sont représentée... Pas très grave, en réalité. Contentons nous de savoir qu'il y a tout ce qu'il faut à Castellari pour livrer de bonnes scènes d'action, dynamiques, parfois bien sanglantes, et ponctuées par un suspense bien soutenu (le radeau à la dérive). Bien sûr, certains personnages ou situations se révèleront un peu débiles, mais il faut bien cela pour justifier les diverses attaques du requin.
L'impression finale de cette Mort au Large est donc positive. Malgré tout, le film ne fut pas au goût de la Universal, firme détentrice des droits des Dents de la Mer, qui, si à l'initiative de Spielberg elle laissa passer quelques années plus tôt le Piranhas de Joe Dante, ne rata pas cette fois son coup et réussit à bannir le film de Castellari des circuits de distribution, pour motif de plagiat. Si il est vrai que le pompage est avéré dans le postulat de départ et, avouons-le, jusqu'à la bonne moitié du film, au final en revanche les deux films ne tapent pas dans la même cible, l'un se voulant un film de suspense intense, tandis que l'autre se veut surtout un film d'action horrifique assez décomplexé (du moins dans sa seconde partie).

 

 

Note : 6/10

 

Walter Paisley
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