Sunshine
Genre: Science fiction
Année: 2007
Pays d'origine: Angleterre
Réalisateur: Danny Boyle
Casting:
Rose Byrne, Cliff Curtis, Chris Evans, Troy Garity, Cillian Murphy, Hiroyuki Sanada, Mark Strong, Benedict Wong, Michelle Yeoh...
 

2057, le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l'extinction de l'espèce humaine. Le Capitaine Kaneda embarque à bord du vaisseau ICARUS II en compagnie de 7 autres personnes afin de faire exploser une ogive nucléaire près de sa surface pour relancer son activité. Rien ne se passe comme prévu, puisqu'à l'approche de leur destination, l'équipage, pourtant privé de tout contact radio avec la Terre, perçoit un signal de détresse en provenance d'ICARUS I, son prédécesseur parti 7 ans auparavant et porté disparu depuis lors...

 

Peut-être qu'un jour j'aimerai un film de Danny Boyle, en tout cas j'avoue tenter d'enfouir mes préjugés chaque fois, et ce n'est encore pas pour cette fois-ci. Le problème ? ou les problèmes, devrais-je dire, sont à mon sens une approche du cinéma totalement paradoxale, à la fois humble et naïve, en même temps qu'absolument prétentieuse dans sa volonté de retrouver une naïveté enfantine à jamais perdue. On retrouve ici tous le défauts des films précédents de son réalisateur, à la fois un trop grand respect pour les pères auxquels il ne cesse de cligner de l'oeil dans des influences pas très bien digérées mais aussi dans son approche propre au conte de fée dans lequel Danny Boyle nous convoquerait afin de nous demander de participer à son jeu, comme si nous, allant au cinéma, allions avoir envie de jouer à la marelle ou à la corde à sauter. On aimerait bien retrouver cette part d'enfance, mais faudrait-il au préalable que son metteur en scène la retrouve quelque peu.


En plaçant dans un contexte quasi-actuel, cette histoire de soleil qui s'éteint, ce dernier, d'entrée se trompe de chemin et nous égare en même temps. Encore l'aurait-il déplacé dans un contexte post-apocalyptique proche au cinéma d'exploitation italien du début des années 80, cela aurait peut-être pu fonctionner, en plus de rendre hommage à ce cinéma, comme je soupçonne pourtant Danny Boyle d'avoir voulu le faire. Il faut dire combien la première demie heure du film est laborieuse à cet égard, et si je me suis bien malgré moi surpris à rire dans la salle, je n'étais pas le seul. Pas de haine ni de trop grands reproches dans mon propos, mais simplement, ses personnages sont tellement mal exposés (tout comme l'histoire) que d'entrée de jeu le réalisateur se sabote tout seul, ce qui est réellement dommage car son film est loin d'être mauvais à tous le niveaux et s'il trouve son salut quelque part, c'est au niveau sensoriel.

 

 

Le travail sur l'image est souvent remarquable et les Boyle multiplient les cadrages les plus serrés possibles afin de nous faire ressentir l'oppression claustrophobe de ses héros de l'impossible, enfermés depuis trop longtemps dans leur vaisseau spatial. De ce côté-là, le film est une vraie réussite et l'on ressent bien ce danger qui peut survenir à tout moment, réussissant presque à amener le spectateur dans la paranoïa escomptée, dans un climat angoissant de chaque instant. De même, le film regorge de plans interstellaires assez splendides. Mais aurait-il fallu pour que cela fonctionne qu'il s'attarde davantage sur ses personnages pour lesquels on ne ressentira absolument rien tant ils prennent une place secondaire et quasi-fantomatique au sein du film, faisant qu'il tue en même temps un climax pourtant brillamment distillé, en nous écartant en même temps de tous les enjeux dramatiques dont ils sont victimes. Il est vraiment dommage de voir errer des acteurs, il est vrai déjà sans grand charisme à la base, mais qui plus est abandonnés dans un espace qu'il ne comble jamais. Comment dès lors, même si les intentions de base sont louables, s'intéresser entièrement au trip proposé ?


De même si l'on peut selon, trouver la bande son un tant soit peu racoleuse, ce qui n'est pas nouveau chez le réalisateur, on remarque ailleurs que le travail sur le son du semble-t-il à Tim Fraser, est en revanche totalement remarquable, et rarement des sons aussi subliminaux ont été aussi bien rendus au cinéma. Bref, le film est du côté sensoriel, à savoir graphique et auditif, une vraie réussite.
On en arrive même à se dire que c'est du talent quelque peu gâché ici, et même si Danny Boyle semble avoir laissé de côté l'aspect d'un tout "tape à l'oeil" inhérent à ses premiers films, il tombe parfois dans le pêché inverse, et finalement reprend ici à la fois le côté hommage au genre présent dans son 28 jours plus tard en même temps que son conte naïf pour enfant de son film précédent, à savoir "Millions", tombant alors dans le mal digéré en même temps que dans une certaine cucuterie, en lieu et place d'humilité naïve.
Que dire aussi d'un film qui convoque en à peine 100 minutes autant de grosses références comme "2001, Space odyssey", "Alien", "Solaris", "Silent Running", ce qui n'est déjà pas d'une originalité suprême, mais sans jamais réussir à se les réapproprier, emmenant son film vers son propre imaginaire, sa propre sensibilité, ne livrant au final que peu ou pas de fond, et qui fait que les pères convoqués viennent hanter tout le film en le rabaissant à son niveau de petit "à la matière de…", contraignant en même temps le spectateur, à des comparaisons pour le moins peu avantageuses dont il est impossible de se dégager.

 

 

Autre gros défaut du film, mais j'éviterai de trop en dire pour laisser leur chance à d'autres amateurs qui voudraient aller se perdre dans cette aventure assez stagnante pour ma part, c'est la multiplication d'intrigues secondaires qui dévoilent au grand jour l'incapacité du réalisateur à jouer ou jongler avec le genre dans une imagination tellement limitée parfois, qu'on le sent embarrassé par son histoire. Après s'être tapé une exploration du vaisseau de la première équipe bien trop longuette, voire soporifique, le film prend soudainement un virage à 180 degrés, tombant alors dans une espèce de thriller slasher horrifique de l'espace mille fois vu, et en mieux. Dès que le film tombe de plein pied dans ce postulat éculé, il perd alors la petite crédibilité qu'on pouvait encore lui accorder au préalable, tout en se faisant plomber sans mal par des références convoquées bien trop lourdes pour ses petites épaules.


Bref, le film trouvera sans doute ses défenseurs, mais il serait temps que Danny Boyle mûrisse enfin, afin de se dégager de ses influences et de fouiller bien plus profond dans les thèmes qu'il nous amène comme de simples gros titres propres aux quotidiens, et qui font ressembler ses films davantage à des pensums et autres digests qu'à de la réflexion personnelle bien assimilée. Et puis cet homme torche franchement… Dommage.

 

Note : 4/10

 

Mallox
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