Tueur à l'Orchidée, Le
Titre original: Sette orchidee macchiate di rosso
Genre: Giallo
Année: 1972
Pays d'origine: Italie / R.F.A.
Réalisateur: Umberto Lenzi
Casting:
Antonio Sabato, Uschi Glass, Pier Paolo Capponi, Rossella Falk...
 

Giallo peu convaincant signé Umberto Lenzi, "Le Tueur à l'Orchidée" partait pourtant on ne peut mieux, avec un premier quart d'heure entièrement consacré aux meurtres de jeunes femmes courtement vêtues. Aucun lien entre elles à première vue, surtout qu'elles viennent d'horizons divers, et Lenzi se concentre uniquement sur une mise en scène maniérée de façon totalement "giallesque" (la prostituée topless assassinée de nuit au milieu d'une végétation abondante, avec vision subjective à la clef). Malheureusement, tout le reste du film se contentera principalement de donner une explication à tous ces meurtres, via une enquête principale menée par Mario et Giulia, un couple on ne peut plus classique qui va déterrer une histoire elle-même assez quelconque.

 

 

A savoir que toutes les victimes furent rassemblées en temps que clientes dans un même hôtel, il y a deux ans de ça. S'ensuivront des rebondissements assez vaseux qui mèneront nos deux héros dans des endroits parfois assez étranges (le repère à hippies), qui useront d'éléments assez tordus (le tueur qui confond sa future victime avec sa soeur jumelle) et qui incluront de nombreuses incohérences ou grossiers raccourcis (le porte-clef laissé par le tueur sur chaque victime, ou encore ce registre d'hôtel que le tueur - décidément très distrait - n'a pas eu le temps de détruire totalement).
Tout cela ne contribuera bien sûr jamais à redynamiser un film au potentiel très vite essoufflé. Car finalement, Lenzi, en mettant l'accent sur l'enquête, perd peu à peu le côté giallo du début du film pour venir se perdre dans un film policier somme toute assez classique, dont certains artifices de mise en scène (zooms ou jeux de montage) relèveront davantage de la gratuité et de l'emphase inutile que d'une vraie construction graphique. Pis : Lenzi, peu aidé par un scénario classique jusqu'à son terme et jusqu'à la révélation de l'identité du tueur, se plaît de temps à autres à taper sur les policiers, qui alignent les bourdes et les jugements hâtifs à chaque apparition à l'écran. Une façon pour le réalisateur de justifier l'importance de ses deux héros, certes banals, mais au moins ni bêtes (encore que...) ni antipathiques.

 

 

Heureusement, au milieu de tout cela, quelques scènes surnagent, principalement celles des quelques meurtres qui ont lieu après le premier quart d'heure. Assez différentes les unes des autres, elles permettent à Lenzi de se livrer à ce qu'il sait faire le mieux : filmer la violence et l'érotisme. On appréciera notamment le calvaire d'une paranoïaque internée dans un asile, persuadée que l'on veut intenter à sa vie. Ca sera bien le cas, et son meurtre, chargé d'une forte dose d'érotisme, sera sans doute le seul moment où Lenzi retrouvera son panache. Une autre scène de meurtre sera beaucoup moins travaillée, mais gagnera en violence et en gore ce qu'elle perdra en construction. Vraiment histoire de dire que l'on sort un peu des raisonnement foireux et que l'on peut classifier le film comme un giallo.
Tout ça aboutira à un final très décevant, voire carrément torché. En deux minutes montre en main, le tueur révèle son identité, tente de tuer Giulia (planquée jusqu'ici par la police) avant que justice ne soit rendue et que le mot "fin" ne s'affiche sur un plan illustrant de façon bien peu subtil l'apaisement général (ah tiens, le jour se lève, le tueur est mort, nous sommes en vie : ouf, ça fera une belle anecdote pour nos petits-enfants).

 

 

Si on ne peut dire que "Le Tueur à l'Orchidée" est un film totalement nul, on peut en revanche dire que c'est un giallo bien peu inspiré, où la platitude l'emporte sur le suspense et le maniérisme habituel des films du genre. Un peu à l'image de la bande originale de Riz Ortolani, elle-même plutôt inconstante (il faut dire qu'il n'y a pas non plus grand chose à illustrer). Lenzi lui-même a certainement dû copieusement s'ennuyer à tourner ses envahissantes scènes de dialogues. Ce qui expliquerait l'espèce de mini-incartade comique lorsque deux policiers trompent le temps à tenter de résoudre la seule chose qu'ils soient capable de résoudre : des mots croisés.

 

Note : 4/10

 

Walter Paisley
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