Children shouldn't play with dead things
Genre: Zombie , Horreur , Comédie
Année: 1972
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Bob Clark
Casting:
Alan Ormsby, Valerie Mamches, Jeff Gillen, Anya Ormsby, Paul Cronin, Jane Daly...
 

Un directeur de théâtre cabot et légèrement psychotique menace de lâcher sa troupe si elle n'accepte pas de l'accompagner sur une île abandonnée afin de venir se livrer en sa compagnie à quelques rituels sataniques. Les voici comme contraints d'accepter ce contrat peu catholique. Ajouté à cela, des esprits manipulateurs et surtout très farceurs au sein de la petite troupe puisqu'ils exhumeront bientôt un premier cadavre qui s'avérera être l'un deux. Dieu que c'est drôle ! Ainsi lorsqu'il exhumeront un second cadavre c'est avec le souvenir de cette première farce qu'ils le ramèneront dans leur cabane, s'amusant avec lui comme avec un vieux pote de régiment, le faisant même danser. Petit problème, nos comédiens en représentation contrainte ne savent pas encore qu'ils viennent de profaner l'endroit. D'ailleurs ils commencent à en avoir assez de cette mascarade, l'une d'entre-elles pète une durite et la plupart réclament à quitter l'île de ce pas ! Trop tard, voici qu'une flopée de morts revient à la vie, en même temps que leur petit protégé dans le cabanon.

 

 

Le film commence par un préambule assez réjouissant avec une espèce d'ancêtre de Dracula zombifié. Celui-ci se croque un bout de promeneur et le film annonce ainsi tout ce qu'il nous balancera dans ses géniales 20 dernières minutes. Petit préambule où l'on retrouve la patte de Bob Clark mais pas seulement. A n'en pas douter, il s'agit d'un film fait en "famille" et à moindre frais. On y retrouve donc devant et derrière la caméra tous les comparses des oeuvres à venir du bon Bob sans pour autant que le film ne tombe dans l'amateurisme à tout crin. Je mentionnerai en premier lieu ce bon Alan Ormsby ici omniprésent (avec sa femme Anya), derrière et devant l'objectif. Alan Ormsby qui non seulement joue dans le film mais s'occupe également des effets spéciaux ici comme il le fera à nouveau dans "Deranged" mais aussi pour "Shock Waves" de Ken Wiederhorn. Il jouera à nouveau dans le très bon "Mort-Vivant" deux ans plus tard et surtout co-réalisera l'excellent "Deranged" avec Jeff Gillen venu ici faire également l'acteur dans son propre rôle. Enfin presque puisque chacun à gardé son prénom à la ville comme à l'écran.

 

 

Les prémices du slasher dans sa forme actuelle sont déjà là, avec cette bande de jeunes (un peu décérébrée tout de même) et la menace d'une mort alentour. Pour dire que si "Black Christmas" affirmait la tendance et confirmait que Bob Clark avait contribué a l'extension du genre, ce fut déjà un peu le cas avec cette joyeuserie qu'est "Children shouldn't play with dead things". Mais pas seulement. Il sera même surprenant de voir tout ce que Sam Raimi et son "Evil Dead" est venu prendre là-dedans. Avec même quelques plans pas loin d'être calqués comme cette main érigée et sortant de sous terre, sans compter une bonne partie de la trame avec son réveil des morts. Exploité aux USA sous le titre peu inspiré de "Revenge of the Living Dead" il emprunte bien évidemment au classique de George Romero. Surtout dans sa dernière partie. Car pour le reste, pas grand-chose à voir et il est vrai qu'on pourra parfois trouver le temps long. Passé une première petite demi-heure très agréable, le film patine quelque peu et se perd trop longtemps en bavardages. Ce qui le sauve alors de l'ennui, c'est que les caractères y sont tout de même un peu plus fouillés que la moyenne ainsi que la présence d'un humour irrévérencieux et de bon aloi (mais pas toujours), avec Alan qui se plaît à jouer les médiums tandis que Bob Clark le tourne en ridicule. Et puis cette farce un peu grossière pour tout dire ne fonctionne que trop peu en plus d'être un peu lourdaude. Farce de potache pour un film qui frôle lui aussi le potache. Clark et ses compères sont capables de mieux et le prouvent ensuite. On pense un peu à un autre canadien par moment et notamment au Ivan Reitman des "Filles Cannibales". Même charme, même décalage, sauf qu'ici les registres se montrent plus variés. Et puis "Children..." possède d'autres atouts.
La photographie de Jack McGowan distille sa belle ambiance, avec ses brumes en pleine forêt nocturne, et l'on se croirait presque au sein du Londres de Jack l'éventreur décrit plus tard dans "Meurtres par décret", dont il n'assurera pourtant pas la photographie. Autant dire que sa contribution, lui aussi en vieux compère de Clark, contribue fortement à conférer du cachet au film ainsi que l'aider à parvenir à garder l'équilibre entre humour et terreur.

 

 

Un peu étiré donc, mais celui-ci se reprend de façon splendide dans sa dernière partie dans laquelle tout un savoir faire éclate. Les deux groupes sont divisés. Certains campent encore aux abords des tombes tandis que d'autres sont réfugiés dans le cabanon à jouer notamment avec ce sympathique et placide cadavre. Bien entendu, ceux de dehors auraient été mieux inspirés de rentrer puisqu'ils seront les premiers à se faire manger. A cet égard le look des zombies n'a rien à envier aux meilleurs représentants du genre et sont très crédibles. De même ce superbe plan large avec ces morts-vivants sortant de leur tombe dans un même timing. Soit, de près, on entrevoit bien qu'ils sortent également d'un sac 'Andibag', mais l'on s'en contrefout dans un même temps, tant c'est rondement mené, avec toujours de l'humour et même des instants de terreur fichtrement bien filmés et parfois même étonnamment beaux. Nous assisterons bien à une reprise de "La nuit des mort-vivants" avec le reste de la troupe resté cloisonnée, mais avec décomplexion et panache. D'ailleurs pour en dévoiler un peu, que le directeur pour sauver sa peau, balancera l'une des comédiennes aux mains avidement tendues des zombies en bas d'un escalier. Un peu après, quelques morts partiront sur un petit bateau, ce qui ne sera pas sans faire penser à "L'enfer des Zombies" de Fulci en plus d'offrir un moment discret mais fort drôle lors du générique final. La musique de Carl Zittrer (encore un indissociable de l'oeuvre de Clark) est quant à elle formidable. Elle semble reprendre les fréquences radios du classique de Romero pour en faire surgir une vraie partition, singulière et intrigante. Pour tout dire, je la trouve même géniale. Bref, peut-être pas le plus grand film de son auteur, mais un film qui mérite amplement d'être découvert pour ce qu'il recèle de charmes et trésors ainsi que d'influences passées ou à venir.

 

 

Note : 7/10

 

Mallox
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