Cercle noir, Le
Titre original: The stone killer
Genre: Polar , Vigilante
Année: 1973
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Michael Winner
Casting:
Charles Bronson, Martin Balsam, Ralph Waite, Norman Fell, David Sheiner...
 

L'inspecteur Torrey est exilé à Los Angeles en raison de ses méthodes trop brutales et expéditives (il a abattu un jeune porto ricain de 18 ans qui lui avait tiré dessus). Par le plus grand des hasards il arrête un tueur drogué qui prétend détenir une information explosive sur certains projets de la maffia. Lorsque le témoin est abattu, Torrey continue ses investigations et remonte doucement la filière.

 

 

Depuis 1972 Bronson est sous contrat avec le producteur Dino de Laurentiis, ce dernier sait qu'il tient un bon filon, malheureusement le public ne semble pas suivre. De Laurentiis décide alors de reformer le duo gagnant du "Flingueur", dernier gros succès du moustachu à l'époque. On le sait, De Laurentiis est un opportuniste qui sait surfer sur les succès du moment, ainsi après le "Parrain", "Star Wars" ou "Jaws" le producteur italien n'hésite pas à sortir dans la foulée "Cosa Nostra" "Flash Gordon" et un "Orca" des plus honnêtes. Cette fois le gros Dino lorgne vers le succès du "Dirty Harry" interprété par Eastwood sorti en 1971. Le prochain Bronson sera donc un polar violent (tient !) dans la lignée du film de Siegel !

Malheureusement du film de Siegel le scénariste ne semble avoir retenu que le côté extrême et violent du personnage. Or, si le public acceptait les méthodes limite de l'inspecteur Harry, c'est en grande partie parce qu'il était confronté à la pire des crapules. Scorpio était un personnage manipulateur, sadique et abject qui n'hésitait jamais à s'attaquer aux plus faibles (femmes et enfants) et qui exploitait toutes les failles du système judiciaire. Dans le film de Winner, Bronson doit affronter un vieux mafioso (Martin Balsam aussi terrifiant que Roger Hanin ) qui désire se venger d'un massacre perpétré il y a des années. Pour se faire il engage un groupe de mercenaires composé de vétérans du Vietnam afin de mener à bien la mission. En fait il n'y a aucun suspens puisque les victimes sont d'autre mafiosi. A la rigueur on se dit "laissons les faire et ramassons les morceaux". De plus le pauvre Bronson hérite peut être du rôle le plus basique de sa carrière : à part lors d'une conversation avec son ex femme au début du film, son personnage ne semble avoir aucune vie privée ou activité en dehors de massacrer des voyous et autres rebuts de la société.

 


Malgré la pauvreté de l'enjeu, il faut cependant tenir en haleine le public pendant 90 minutes. Michael Winner, qui est loin d'être un manchot, accumule donc les péripéties jusqu'au final digne d'un film de guerre. On peut ainsi suivre l'enquête mouvementée de l'inspecteur Torret / Bronson qui essaye d'assembler les morceaux du puzzle, ce qui devient de plus en plus compliqué car la plupart des témoins se retrouvent dans les tiroirs de la morgue. En effet c'est à un véritable carnage organisé auquel nous fait assister Winner, car ni Bronson, ni ses adversaires ne font dans la dentelle. Ainsi le brave inspecteur au volant d'une voiture n'hésite pas à poursuivre un motard en démolissant un maximum les décors aux alentours, le motard finissant dans une vitrine puis sous les roues du véhicule (étonnant quand on sait que ce dernier était un témoin capital). Mais tout cela ne constitue qu'un échauffement en vue du final qui verra les fameux mercenaires après leur massacre au prise avec les forces de l'ordre dans un parking souterrain. On se canarde sans hésitation, les voitures se tamponnent et les cadavres s'accumulent sur le sol à côté des douilles encore chaudes. Ajoutez à toutes ces scènes d'action la superbe et efficace partition de l'anglais Roy Budd ("Get Carter") et vous obtenez un Bronson des plus basique mais sûrement l'un des plus jouissif et jubilatoire.

Voilà le genre de film qui creusera encore plus le fossé entre les détracteurs du moustachu violent, qui se verront confortés dans leurs positions, et les fans, qui y verront l'un des meilleurs films de la star. Sans aller jusque là il faut cependant souligner l'excellent travail de Winner qui prouve toute la maîtrise, mais aussi les limites, de sa réalisation nerveuse et pleine d'efficacité. Mais surtout il prouve qu'il est l'un des rares réalisateurs qui parvient à "utiliser" au mieux un Bronson des plus monolithique.

 

 

L'année suivante le trio De Laurentiis-Winner-Bronson se reformera et décochera enfin le pactole avec le mythique "Death Wish – Un Justicier dans la Ville" qui marquera à jamais le duo Bronson / Winner jusqu'à leur séparation suite à la soit-disante trahison de Winner sur "Le Justicier de New York". Mais comme disait l'autre, ceci est une autre histoire !

 

The Omega Man
 
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