Nuit des damnés, La
Titre original: La notte dei dannati
Genre: Erotique , Horreur , Gothique
Année: 1971
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Filippo Walter Ratti (Sous le pseudo de Peter Rush)
Casting:
Pierre Brice, Patrizia Viotti, Angela De Leo, Mario Cana, Carla Mancini...
Aka: Les nuits sexuelles / Femmes Vampires (vhs eagle video production) / Night of the Damned / Night of the sexual Demons
 

Jean Duprey est un journaliste renommé, doté d'un flair équivalent à celui des plus grands détectives. Sa réputation est telle que même le ministre de l'intérieur connaît son numéro de téléphone. Cependant, Duprey est un individualiste assez frondeur. Plutôt que de répondre aux sollicitations de personnalités influentes évoluant dans les hautes sphères, le journaliste préfère la quiétude de sa demeure, dégustant un alcool en compagnie de sa ravissante femme Caroline (Patrizia Viotti), fumant la pipe et se plongeant même dans la lecture d'un vieux Mickey. Mais ce "repos du guerrier" est bientôt perturbé à cause d'une lettre envoyée par un très vieil ami : le Prince Guillaume de Saint-Lambert. A mots couverts, les phrases contenues dans ce courrier sont en réalité un appel au secours. Duprey n'a pas revu Guillaume depuis une dizaine d'années, mais il se rappelle que ce nobliau un peu fantasque vit dans un sinistre château. Jean et Caroline décident de lui rendre visite.

A leur arrivée, ils apprennent que Saint-Lambert est marié à Rita, une femme étrange, et qu'il est atteint d'une maladie incurable apparemment héréditaire. Un médecin aux allures de croque-mort veille au chevet de Guillaume, et Maria, la gouvernante silencieuse (Carla Mancini), assiste Rita.

Etroitement surveillé par son entourage, Guillaume parvient néanmoins à se retrouver seul à seul avec Jean. Il confie à son ami journaliste que cette maladie héréditaire remonte à trois siècles, et qu'il s'agit en réalité d'une forme de malédiction. Le seul moyen de vaincre celle-ci passe par la lecture d'un vieux grimoire qui se trouve dans la bibliothèque.

 


Le cinéma gothique italien des années 70 s'est fortement démarqué de sa "décade prodigieuse" qui la précédait. Des réalisateurs au style inimitable tels Luigi Batzella ou Renato Polselli laissèrent leur empreinte avec des œuvres incroyables comme "Nude for Satan", "Les Vierges de la Pleine Lune" et "The Reincarnation of Isabel". Juste avant, la même année que le trop sage "Byleth" de Leopoldo Savona, sortit donc "La Nuit des Damnés" de Filippo Walter Ratti. Ce metteur en scène relativement obscur n'a vu que très peu de ses films passer les frontières, à l'exception d'un "AD3 Opération Requin Blanc" loin d'être mémorable. La finalité de ces films était de proposer une ambiance gothique parsemée d'érotisme. Sexe et Magie Noire allant de pair, cette formule semblait naturelle à une époque où la révolution sexuelle allait jusqu'à atteindre la prude Albion et de ce fait les films de la Hammer. Ce n'est pas un hasard si "La Nuit des Damnés" fut exploitée sous un autre titre : "Les Nuits sexuelles". En effet, l'histoire se concentre sur un château isolé dans lequel une sorcière âgée de trois siècles se livre à des messes noires au sein d'un culte matriarcal.

 


Meurtres rituels et partouzes saphiques constituent l'essentiel des "réjouissances", ce qui nous permet d'apprécier en maintes occasions l'anatomie des deux actrices principales : la très belle et regrettée Patrizia Viotti, qui était l'amie disparue de Barbara Bouchet dans "Amuck" ; et Angela De Leo, dont la filmographie est assez mince, mais que l'on peut redécouvrir dans "Zorro au Service de la Reine", récemment sorti en DVD en double programme avec "Maciste contre Zorro" (avec Pierre Brice incarnant Zorro). Les scènes de sabbat ressemblent à celles que l'on verra peu après dans les œuvres de Batzella et Polselli, avec une poignée de figurantes dénudées simulant l'acte sexuel sans grande conviction. On remarquera au passage que l'une de ces figurantes, vaguement ligotée, a du mal à contenir un fou rire.

Entre deux orgies lesbiennes l'intrépide et valeureux Pierre Brice demeure imperturbable, concentré sur sa mission, jouant les rats de bibliothèque, jusqu'à l'épuisement total (ce qui lui vaut de fumer sa pipe à l'envers). L'acteur français, en dehors de son rôle mémorable de Winnetou qui fit de lui une vedette en Allemagne, est également réputé pour son interprétation dans un autre film gothique (plus sérieux), le superbe "Moulin des Supplices".

 


Vous l'aurez compris, "La Nuit des Damnés" n'est pas un chef d'œuvre. Il souffre aussi d'un manque de rythme évident, et même la musique de Carlo Savina est loin d'être emballante. Le compositeur en profite d'ailleurs pour recaser l'un de ses morceaux issus de "Malenka la Vampire". Mais malgré tout, le film vaut largement le détour pour tout amateur de cinéma bis, car la photographie est particulièrement soignée, et la qualité des décors du château donne un réel cachet à cette œuvre. Couloirs obscurs, vieux grimoires… chaque élément du décor participe à créer une ambiance fantastique attirant l'attention du spectateur, le détournant ainsi de l'ennui engendré par la succession de scènes qui se ressemblent (orgies, recherches dans la bibliothèque…).

Finalement, on peut prendre un certain plaisir à suivre l'enquête du journaliste/détective Pierre Brice, sorte de Sherlock Holmes qui se rapprocherait en fait un peu du personnage créé au début du XXème siècle par William Hope Hodgson : Carnacki, le chasseur de fantômes.

 


Note : 6,5/10

 

Flint
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