Tonnerre
Titre original: Thunder
Genre: Action
Année: 1983
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Fabrizio De Angelis (alias Larry Ludman)
Casting:
Mark Gregory (Marco di Gregario), Bo Svenson, Valeria Ross, Raimund Harmstorf, Giovanni Vettorazzo, Bruno Corazzari, Antonio Sabato...
Aka: Thunder Warrior
 

Tonnerre, petit fils d'un grand chef indien, revient dans sa région natale. Il va vite s'apercevoir que des promoteurs immobiliers sont en train de saccager les terres sacrées de son peuple. Tonnerre se rend chez le shérif dans l'espoir d'arrêter ces agissements. Considéré comme un agitateur, il est tabassé et expulsé de la ville. Mais il n'a pas l'intention de se laisser faire !

 


En sortant de la projection de "Rambo", le producteur Fabrizio De Angelis fut tellement impressionné par la qualité du scénario qu'il décida illico de réaliser sa propre version, sans y changer grand chose, à part quelques détails anecdotiques. Le héros devient ainsi un brave indien qui rentre chez lui pour épouser sa promise, les montagnes du Nord laissent place au désert et aux incroyables décors naturels de l'Arizona. Pour le reste, on garde le shérif hargneux et son adjoint idiot, les habitants pas très sympathiques, la traque en décors naturels. Rien ne manque à l'appel, sauf un peu d'originalité et de créativité (notons que la version française en rajoute une couche en doublant Marc Gregory avec la voix française de Stallone, et l'adjoint du shérif avec celle de Brian Dennehy). Pour faire oublier cette gênante similitude, le réalisateur multiplie les scènes d'actions spectaculaires : poursuites en voitures (on se croirait dans "Cours après moi Shérif"), chasse à l'homme, et démolition d'une banque au bulldozer. Evidemment, les invraisemblances et les raccourcis hasardeux pullulent, (voir comment les péquenauds du coin planquent un bazooka dans le désert, ou le héros qui arrive à être toujours au bon endroit au bon moment), mais tout cela s'oublie vite devant l'efficacité de la chose, et quelques idées bien bis (le héros qui scalpe quelques ouvriers du chantier, l'utilisation de l'arc et des flèches). En un mot, ça castagne et ça tiraille dans tous les sens, sous une musique très western et mélancolique de Franscesco de Masi, le tout filmé dans un magnifique cinémascope qui restitue en partie la beauté des décors rocailleux de l'ouest américain.

 


Touche à tout du cinéma italien, Fabrizio De Angelis (alias Larry Ludman) est à la fois producteur, réalisateur et scénariste. Il produisit plusieurs Fulci de la grande époque : "L'enfer des zombies", "L'au-delà", "La maison près du cimetière", "L'éventreur de New York", mais aussi quelques joyeusetés bien Z comme "Zombie Holocaust". "Thunder" est sa première réalisation. Il récidivera ensuite sur les deux suites, puis des perles comme "Killer Crocodile", "Karaté Warrior", "The Iron Girl".... Mark Gregory, alias Marco di Gregario, était marchand de chaussures avant d'être découvert dans une salle de sports de Rome par le réalisateur Enzo G. Castellari, qui l'engagea sur "Les guerriers du Bronx", justement une production Fabrizio De Angelis. Il fera une petite carrière dans la série B italienne en promenant son regard bovin et sa crinière dans des chefs-d'oeuvre comme "Les guerriers du Bronx 2", "Warbus" ou les trois "Thunder". A ses côtés, et en premier au générique, l'américain Bo Svenson, spécialiste des rôles de dur et de militaire, il deviendra célèbre en prenant la relève de Joe Don Baker dans les deux suites de "Justice Sauvage / Walking Tall", suivies de la série télé. Par la suite, il enchaînera des séries B, se partageant entre l'Italie et les Etats-Unis. Il fut notamment la vedette d'"Une poignée de salopards", le film d'Enzo Castellari dont Quentin Tarrantino vient de réaliser un remake. Depuis, on a pu le croiser dans "Delta Force", "Le maître de guerre", "Speed 2" ou "Kill Bill 2".

 


Fabrizio De Angelis n'a jamais fait preuve d'originalité, toujours à l'affut d'une bonne franchise à exploiter : "Thunder" (3), "Killer Crocodile" (2) ou "Karaté Warrior" (5)". Il profite d'un succès quelconque ("L'enfer des zombies" est exploité à l'étranger sous le titre "Zombie 2", histoire de profiter du film de Romero) pour lancer des projets à la limite du plagiat (juste assez originaux pour éviter les poursuites judiciaires). Ces films sont tournés en générae sur place, avec une équipe italienne réduite et des techniciens locaux, ce qui permet de faire passer plus facilement l'oeuvre pour une production américaine. "Thunder" est donc une opportunité de plus pour le producteur de se remplir facilement les poches, opération réussie puisque le film fut un confortable succès vidéo (notamment en Allemagne) qui engendra deux suites. Il faut cependant reconnaître que l'ami Fabrizio nous en donne pour notre argent et n'hésite pas à multiplier les péripéties et les cascades, ce qui donne un pur produit de consommation bourrin et racoleur, idéal pour les soirées de déprime.

 

The Omega Man
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