Nuit fantastique des morts vivants, La
Titre original: Le notti erotiche dei morti viventi
Genre: Erotique , Porno , Zombie , Horreur
Année: 1980
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Joe D'Amato
Casting:
Laura Gemser, George Eastman, Dirce Funari, Mark Shannon, Lucia Ramirez...
Aka: La nuit fantastique des morts-vivants / Erotic Night of the Living Dead / Sexy Nights of the Living Dead / Demonia (titre français vidéo canadien)
 

Un promoteur immobilier part en bateau avec sa petite amie et un marin, le ténébreux et robuste Larry. Alors que le sexe rythme leur petite croisière, ils arrivent à leur destination D une île mystérieuse que le promoteur en question veut plus ou moins changer en espace touristique. Le lieu est uniquement habité par une jeune femme et un vieil homme, qui ne tarderont pas à ressusciter les morts du coin pour faire fuir le petit groupe...

 

 

Joe D'Amato, alias Aristide Massaccesi, est l'un des rares cinéastes européens qui puisse se vanter d'avoir réalisé plus de films que Jess Franco : 194 pour l'italien contre 191 pour l'espagnol. Spécialiste du cinéma de genre, D'Amato commence par réaliser des westerns spaghetti, puis enchaîne sur des films érotiques, notamment la reprise en main de la série Black Emanuelle, dont l'actrice principale Laura Gemser devient une fidèle du réalisateur. Mais ce qui fera la réputation de Joe, c'est son goût de la provocation et de la viande rouge. Deux films vont contribuer à en faire le maître du cinéma vomitif : Blue Holocaust et surtout Anthropophagous, interprété avec une conviction inquiétante par son copain et binôme George Eastman.


La nuit fantastique des morts vivants réunit donc le trio infernal du cinéma d'exploitation italien : le réalisateur Joe D'Amato, l'acteur/scénariste George Eastman (alias Luigi Montefiori) et la sublime Laura Gemser, inoubliable Black Emanuelle. Le film fut tourné en République Dominicaine, dans la foulée de "Orgasmo Nero", "Sesso Nero", "Porno Exotic Love" et Porno Holocaust, et toujours sponsorisé par l'office du tourisme du coin (?). Côté scénario, il faut bien avouer que le brave Eastman ne s'est pas trop foulé, car il pompe allègrement L'enfer des zombies de Fulci (lui-même inspiré par Romero), auquel le réalisateur ajoute une bonne dose de sexe, la seule touche d'originalité étant la petite pirouette finale (genre L'avion de l'apocalypse). Pendant les trois premiers quarts d'heure, nous assistons à divers ébats dont la vedette reste le moustachu Mark Shannon, la queue toujours à l'air et le brushing impeccable, ce qui ne lui portera pas chance car il se fera castrer par une Laura Gemser un peu trop goulue. On retrouve aussi avec plaisir la sympathique Dirce Funari, dont la fameuse fellation de Porno Holocaust est encore dans toutes les mémoires, et Lucia Ramirez, clone de Laura Gemser, qui la remplace pour les scènes hard. Le film démarre vraiment lorsque les protagonistes (Shannon, Eastman, Funari et Ramirez) arrivent sur l'île maudite habitée par Laura Gemser et son grand père, ces derniers voyant d'un très mauvais oeil l'arrivée d'un promoteur, au point de réveiller un groupe de morts vivants histoire de s'en débarrasser.

 

 

Moins fainéant (ou fatigué) que sur son précédent film, Porno Holocaust, Joe fait preuve cette fois d'un minimum de professionnalisme, et réussit même quelques scènes érotiques mémorables, comme celle où Dirce Funari se caresse face à un George Eastman qui n'en demandait pas tant (comme le spectateur), ou Laura Gemser et de nouveau Dirce dans une scène de lesbianisme particulièrement chaude. Plus tard, Joe en état de grâce signera la meilleure scène du film, empreinte d'une certaine poésie macabre : un groupe de morts vivants regarde, figé sur la plage, Eastman faire l'amour avec Laura Gemser. En fait, toutes les scènes avec les morts vivants se déroulant la nuit sont réussies, notamment grâce à une image bleutée magnifique qui démontre le talent de D'Amato comme directeur de la photographie.
Les érotomanes noteront que la version longue du film comporte une scène incroyable de gratuité, où une danseuses exotique débouche une bouteille de champagne avec son sexe. Evidemment, rien n'est suggéré, c'est ultra déviant et totalement dans l'esprit D'Amato.

 

 

Joe aime les amalgames, en associant notamment les genres ("Emanuelle et les derniers cannibales", Black Emanuelle en Amérique, Caligula 2), mais aussi en utilisant un casting hétéroclite d'acteurs dit traditionnels (Eastman, Gemser, Funari) qui ne tournent pas de scènes hard (voir Eastman qui garde son pantalon pendant l'acte), et des acteurs pornos (Shannon, Ramirez et quelques actrices plus coquines) qui réalisent les fameuses scènes "hard". Les deux se mélangent de temps à autres, donnant au film une atmosphère décadente, voire malsaine, qui convient parfaitement au style du réalisateur.


Comme souvent chez D'Amato, il existe plusieurs versions du film, une "uncut", c'est-à-dire avec quelques scènes "hard" ; et une "soft", plus érotique. Ici, la version "uncut" la plus complète atteint les 112 minutes, contre 93 pour certaines versions.
En résumé, ce n'est sûrement pas le meilleur D'Amato, mais pas le pire non plus. Et si le film n'évite pas quelques longueurs, surtout au début avec ces scènes de baise sur fond de carte postale, le final (plus horrifique) rattrape honorablement l'ensemble, notamment grâce au travail de D'Amato en tant que directeur artistique, ce qui est plutôt rare.

 

 

The Omega Man

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