Museo del horror
Genre: Horreur , Thriller , Epouvante
Année: 1964
Pays d'origine: Mexique
Réalisateur: Rafael Baledón
Casting:
Julio Alemán, Patricia Conde, Joaquín Cordero, Olivia Michel, Carlos López Moctezuma, David Reynoso...
Aka: Le musée de l'horreur (trad littérale)
 

Plusieurs femmes disparaissent dans des circonstances mystérieuses, provoquant la panique dans la ville de Mexico. Après quelques balbutiements dans l'enquête (trois meurtres, trois assassins ?), très vite l'attention se porte sur un médecin devenu fou, et qui désormais pratique des opérations interdites sur des jeunes femmes qu'il enlève en pleine rue. Les indices pointent également vers le musée de cire au sein duquel ce dernier exerce ses talents...

 

 

Basé sur une histoire écrite par José María Fernández Unsáin ("Creature of the Walking Dead", la série des "Doctor Satán" avec aussi "Dr. Satán y la magia negra"...), qui se fera lui-même réalisateur dès la fin des années 60 et pour une vingtaine de films ("La noche violenta" en 1970), Museo del horror est réalisé par Rafael Baledón dont on connait hélas peu de films mais que l'on peut soupçonner de posséder du talent. En témoigne par exemple l'un de ses précédents films, "Les Larmes de la malédiction" (La maldición de la Llorona), somme toute supérieur à La Llorona de René Cardona.

Tout comme la plupart de ses homologues (Fernando Méndez, René Cardona, Benito Alazraki, Alfonso Corona Blake, Federico Curiel, Chano Urueta, Luz Maria Aguilar, Joselito Rodríguez...), Rafael Baledón a pâti de sa nationalité et très peu de ses oeuvres furent distribuées en France ("Le monstre du marécage" et "L'homme et le monstre" ont toutefois été édités chez Bach Films). Il est temps aujourd'hui de leur rendre quelque peu justice, ce dans la mesure où l'on peut se procurer leurs films (parfois devenus très rares et dont les seules copies valables circulant sont issues de rares diffusions télé dans leur pays natal).

 

 

Museo del horror... ou comment l'épouvante mexicaine, depuis les succès nationaux de "La Bruja" et "El Monstruo resucitado", dix ans avant, se nourrit sans complexe des classiques européens (accessoirement américains) pour se les réapproprier, les refaisant le plus souvent mijoter à la sauce pico de gallo. C'est bien entendu le cas de celui-ci, qui puise sans état-d'âmericano particulier dans "Masques de cire" de Michael Curtiz et son presque remake en 3D tourné vingt ans plus tard par André de Toth. Mais le cinéma mexicain ayant plus d'un taco volé dans sa recette, la particularité de ce "Musée de l'horreur" est, outre de faire ressembler notre serial-cireur au Lon Chaney du "Fantôme de l'Opéra", le tout sur les bases d'un pitch qui lui ressemble singulièrement, outre de convoquer aussi une atmosphère très proche des horrifiques de la Universal des années 30, d'aller en plus touiller dans tout un pan du cinéma gothique italien.
On se retrouve alors, trait caractéristique de ce même cinéma, et quitte à trop épicer le plat, avec un mélange où tout est fait pour assurer le spectacle et son efficacité. A ce niveau, signalons que l'excès de trop n'est ici pas tant dans ce qui touche à l'épouvante pure mais dans un ton mélodramatique exacerbé, rendant par moments la bobine légèrement indigeste. A ce sujet encore, et pour un plus de précisions sans trop vouloir en dévoiler : on assiste à une enquête de police qui, comme souvent, patine laborieusement, pour se finir comme la queue d'un scorpion sur une baudruche faite de jalousie entre deux hommes aimant la même femme... Bref, rien de bien original à ce niveau.

 

 

Malgré son aspect parfois fauché, des maquillages et effets spéciaux rudimentaires (chaque apparition de notre kidnappeur montre, tel un stock-shot, le même plan figé sur son horrible faciès), le tour de force de Museo del horror est de réussir à exister pleinement le long de ses 76 minutes. Il n'y a que très peu de temps morts, l'aspect mélo, bien qu'outré, fait partie intégrante de l'histoire (ce qui est loin d'être toujours le cas), et l'ensemble est servi par des acteurs tout à fait crédibles. Parmi eux et en tête d'affiche, on retrouve Julio Alemán ("La venganza del resucitado", "La sangre de Nostradamus" et toute une série de Nostradamus signée Curiel), Joaquín Cordero, aperçu dans les années 50 chez Luis Buñuel dans une adaptation de Maupassant sortie chez Sidonis ("Pierre et Jean") et qui tournera ensuite, outre quelques lucha libre, pas mal de petits films d'épouvante tels que celui-ci. Viennent compléter de façon avantageuse le casting Carlos López Moctezuma (La horripilante bestia humana - voir critique), la jolie screaming-girl Olivia Michel ("Matrimonios juveniles"), jamais vue pour ma part jusque là, ainsi que Patricia Conde. A noter, outre cette dernière qui cessera ses activités au cinéma dès 1965 pour ne les reprendre qu'en 2010, que tout ce petit monde est plutôt populaire au pays du sombre héros qui fait peur.

 

 

Quant aux qualités graphiques de Museo del horror, déjà évoquées ci-dessus, elles font remporter tranquillement la partie à son réalisateur et l'on n'est pas prêt d'oublier, après vision, les déambulations magnifiques de l'assassin, nocturnes et nappées d'un bien chouette brouillard expressionniste. Pour finir, et le situer qualitativement : meilleur que La Llorona mais moins bon et moins original qu'un Muñecos infernales, Museo del horror est presqu'au niveau de "Les Larmes de la malédiction", ce qui, entre nous, fait qu'on aimerait bien avoir accès à d'autres films du sieur Baledón. Allo ? Bach Films ? Te reste-t-il un peu de cactus à fumer dans tes réserves ?
Quoi qu'il en soit, Pupillo, Bava, Freda, Mastrocinque ou Antonio Margheriti n'ont qu'à bien se tenir... car il n'est pas impossible, à découvrir tout un pan de l'horreur à la mexicaine, qu'on relativise certains de leurs hits, en les remettant dans un contexte bien plus large et en tout cas bien plus riche qu'on ne pense régulièrement. En tout cas ce film de Rafael Baledón est assurément à découvrir !

 

 

Mallox

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