Aventurière de Hong Kong, L'
Titre original: Golden Needles
Genre: Thriller , Action , Aventures , Arts Martiaux
Année: 1974
Pays d'origine: Etats-Unis
Réalisateur: Robert Clouse
Casting:
Joe Don Baker, Elizabeth Ashley, Jim Kelly, Burgess Meredith, Ann Sothern, Roy Chiao, Frances Fong...
Aka: Les 7 aiguilles d'or (France VHS) / The Chase for the Golden Needles (USA - retitrage)
 

Préambule : En Chine, à l'époque de la dynastie Song, une statue d'or avait été sculptée à l'usage exclusif de l'empereur. Elle indiquait sept points d'acupuncture proscrits. Utilisés dans un ordre exact, elles provoquaient un regain de vigueur sexuelle et de jeunesse. Mal utilisés, ils provoquaient la mort instantanée dans d'affreuses souffrances. Volée, cachée puis redécouverte au cours des siècles, la statue était connue sous le nom de "Les aiguilles d'or de la volupté".




Quand l'action démarre, rentrant dans le vif du sujet, l'on s'aperçoit que plusieurs factions se disputent plusieurs siècles après et de façon violente, la possession de cette fameuse statue. Pour se l'approprier, Winters, un riche collectionneur à forte tendance mafieuse (Burgess Meredith) use des services d'une intermédiaire, sorte d'espionne et mercenaire du nom de Félicity (Elizabeth Ashley), prête semble t-il à tout pour l'argent. Lin Toa (Roy Chiao), propriétaire et vendeur de la statuette, se montre à ses yeux bien trop gourmand, tant et si bien que Félicity charge Dan (Joe Don Baker) de voler l'objet précieux contre la modique somme de trente mille dollars. Trop convoité, l'objet volé une première fois sera ensuite spolié une seconde fois à son ravisseur. Dan fait alors appel à Jeff (Jim Kelly) pour l'aider à la récupérer, ce avec chantage à l'appui de la part de Winters, mettant alors leur vie en gage : ils n'ont que 24h pour récupérer la statuette et ses si précieuses aiguilles...

 

 

Produit par Fred Weintraub, L'Aventurière de Hong Kong est plus connu en France des amateurs de VHS sous le titre Les 7 aiguilles d'or. Il s'agit d'une des multiples associations entre le producteur et le réalisateur Robert Clouse. Une association qui accouchera à la fois du meilleur ("Opération Dragon", The Pack ou du plus discuté New York ne répond plus dont certains ici-même, sur le cultissime et choquant forum de Psychovision, prétendent que même son réalisateur ne répondait plus présent. Une honte messieurs-dames !) mais aussi de bobines parfois médiocres ou bénignes, surestimées ou bien encore auréolées d'un culte outrancier pour des raisons autres que leur qualité intrinsèque ("La Ceinture noire", "Force 5"). Entre les deux, on trouve aussi une petite poignée de films d'action moyens. Ni mémorables, ni déshonorants. Ainsi peut-on citer "Le Chinois", à la fois sympathique mais un peu vain. Quant à d'autres livraisons de Clouse, dues à d'autres producteurs, elles sont tout aussi inégales et passent du meilleur (La Loi du talion) au moyen (De la neige sur les tulipes, ou "Le Jeu de la mort", quant à lui rafistolé) en passant par le pas terrible ("Les Rats attaquent", "China O'Brien", "China O'Brien II"). S'il fallait le situer, ceci en toute subjectivité (à l'instar des films énumérés ci-avant), "Golden Needles" ferait partie de la catégorie "poids moyen" ou plus précisément de ses pellicules inégales...

 

 

Mélange improbable d'aventures exotiques, de film d'action s'inspirant autant d'autres bobines que de bandes dessinées (on peut facilement y voir le jumeau sérieux et musclé de "L'Homme de Rio" autant que de l'inspiration principale de ce dernier : Les Aventures de Tintin), le tout mâtiné de Kung-fu (un trait quasi indissociable de l'oeuvre du réalisateur), voire même d'un zeste de Blaxploitation (on rappelle également que Weintraub fut derrière "Truck Turner" et "Hot Potato"), Les 7 aiguilles d'or (le titre de la VHS est tout de même plus fidèle au titre original en plus d'être plus représentatif et plus sympa) pâtit d'un scénario trop décousu tandis que sa mise en scène se montre tour à tour inspirée puis nonchalante, parfois jusqu'à l'anémie.

On doit ce script embrouillé en diable et surtout totalement invraisemblable à S. Lee Pogostin, assisté de Sylvia Schneble (déjà consultante sur "Invasion of the Bee Girls"). Un scénariste pas toujours inspiré comme en témoigne, entre autres, son adaptation de Lawrence Block, "Nightmare Honeymoon", pourtant réalisé - mais du coup non transformé - par un metteur en scène de talent, Elliot Silverstein. A ce titre, le scénario est ici un peu à l'image de Joe Don Baker : en surcharge pondérale.

 

 

L'acteur n'est lui-même pas vraiment à remettre en cause, les spectateurs viennent juste de le quitter, crédible en frangin de Steve McQueen dans le "Junior Bonner" de Peckinpah et l'ont vu passer dans deux incontournables du polar américain estampillés 73 : Tuez Charley Varrick ! et Echec à l'organisation. Juste après Golden Needles, on le verra, doté d'une forte présence dans l'excellent The Pack et dans le non moins excellent La Trahison se paie cash. Quoi qu'il en soit, ce dernier a toujours eu une légère tendance - laquelle se confirmera plus tard - à empâter et L'Aventurière de Hong kong, outre ses pugilats, est doté de courses-poursuites, dont une, logiquement échevelée sur le port de Hong Kong. Difficile alors, à voir l'acteur secouer sa graisse ainsi qu'un estomac proéminent mal caché par une chemise laissée pendante, de croire qu'il ne soit pas rattrapé par une foule déchainée, convaincue qu'il est le meurtrier d'un enfant. Toujours est-il que son jeu est ici parfois un peu trop nonchalant pour convaincre et nous embarquer avec lui. Les intermèdes sensuels, dont une scène qu'on qualifiera de "moment d'égarement", au lit avec Elizabeth Ashley qui, alors qu'il se tient nu, debout, lui demande (hors-champ) de se retourner vers elle, avec cette sentence : "Tu es magnifique !". Dès lors, comment voulez-vous faire confiance à cette donzelle ?

 

 

A propos d'Elizabeth Ashley, figure télévisuelle avant tout, elle est ici et contre toute attente, le personnage le plus convaincant. En femme fatale dans la plus pure tradition des films noirs d'antan, qui plus est capable de distance et d'humour (la fin et son acceptation à toucher moins que prévu est un moment sympathique), elle est l'intermédiaire qui, si je puis dire, fait la passerelle entre les personnages en plus de servir de bouche-trous à un script-gruyère.
Ailleurs hélas, Jim Kelly qui, pour une fois est convaincant, est vite sacrifié au sein d'un scénario aussi riche qu'expéditif à d'autres moments. L'ex-starlette Ann Sothern, également présente, ici en mère-maquerelle, y laisse un doigt de manière tout à fait digne et crédible tandis que Burgess Meredith tombe outrageusement dans la caricature : méchant de pacotille à la logorrhée insupportable, il plombe trop de fois ce qui logiquement ne devrait être qu'un pur film d'action en terrain exotique, un thriller rempli d'adrénaline, de bruit et de fureur.

Dommage que la partition des acteurs soit si inégale, mais il faut bien admettre qu'elle est au diapason d'une action distillée par à-coups. Evidemment, dopée par une superbe musique du grand Lalo Schifrin, les échanges de coups et les rixes y sont suffisamment nombreux et variés pour faire de l'ensemble un spectacle honnête, de ceux où l'on ne s'ennuie pas ; certaines séquences savent également se faire nerveuses, tranchantes et même ultra-violentes (l'assassinat collectif au lance-flamme du début fait son effet), quitte à casser la baraque et tout ce qu'il y a dedans, avec, en bonus, une propension à sortir de manière brutale et involontaire par les fenêtres.

 

 

Du coup, L'Aventurière de Hong Kong, bien que globalement plaisant, et sur un registre assez similaire à La Loi du talion (action, thriller et film noir en point de mire), n'atteint pas l'équilibre et l'intensité de son prédécesseur.
Ceci étant, on aurait tort de le bouder plus que cela dans la mesure où les errances de son scénario lui donnent de manière paradoxale, un aspect foutraque qui peut tout compte fait, et selon l'humeur, sembler bienvenu.


Mallox

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