Cellar Dweller
Genre: Horreur , Comics / Mangas
Année: 1988
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: John Carl Buechler
Casting:
Debrah Farentino, Brian Robbins, Vince Edwards, Jeffrey Combs, Pamela Bellwood, Yvonne De Carlo...
 

À la fin des années 50, un dessinateur de comics voit ses créations prendre vie et le tuer. Avant de se faire bouffer tout cru, il aura en revanche la chance de connaître la raison de sa funeste destinée : dessiner les démons ne peut se faire sans les invoquer. Pas de bol !

Trente ans après, une nouvelle dessinatrice vient emménager dans sa maison. Par malchance et sans connaître précisément le passé des lieux, elle fait elle aussi revivre les mêmes créatures, par planches interposées...

 

 

Cellar Dweller, c'est avant tout un scénario de Don Mancini, le papa de Chucky, dont deux films de la série réalisés par ses soins ("Le fils de Chucky" et La malédiction de Chucky, bientôt "Cult of Chucky" semble-t-il en post-production à l'heure qu'il est). On lui doit aussi d'avoir écrit le script d'un autre petit classique signé Tom Holland : "Jeu d'enfant" (Child's Play, 1988). L'histoire de Cellar Dweller est à la fois classique et astucieuse. Elle lorgne beaucoup vers les récits de H. P. Lovecraft, notamment le mythe de Cthulhu, mais se garde d'être sérieuse. On reste avant tout dans l'hommage aux EC Comics et ma foi, en cette période maussade où Bernie Wrightson vient de casser sa pipe, c'est bienvenu !

 

 

À la mise en scène, John Carl Buechler est surtout connu pour avoir réalisé Troll en 1986 puis Vendredi 13, chapitre 7 : Un nouveau défi (1988) ou "Ghoulies III" (1991) ainsi qu'une suite tardive de Watchers, "Watchers Reborn" en 1998. Mais il est avant tout un petit maitre es maquillage (Mausoleum, From Beyond, Prison, "La fiancée de Re-Animator", la série des Hatchet, "Carnosaur"...), ceci même s'il se contente parfois de faire l'acteur et des apparitions dans des petites productions telles que Le wagon-lit de la mort. Du reste, la mise en scène de Cellar Dweller demeure son point faible et celle-ci manque de dynamisme et de personnalité. On eut aimé qu'elle ressemble à l'énorme créature démoniaque qui donne au film ses meilleurs moments, une sorte de gigantesque cousin consanguin des Ghoulies ou des Hobgoblins qui auraient partouzé avec King Kong sans se protéger.

 

 

Le préambule mettant en scène Jeffrey Combs possède plus de vitalité que tout ce qui suit. Un fait dommageable renforcé par une interprétation inégale avec des premiers rôles plus faibles que les seconds. Outre la présence de Combs, ce sont les vétérans Yvonne De Carlo ("L'esclave libre" de Raoul Walsh, mais aussi "La guerre des cerveaux", la série The Munsters ou le Psychopoubellesque Nocturna en 1979), talonnée par Vince Edwards ("L'ultime razzia", "Meurtre sous contrat", "La cité de la peur"...) qui s'y montrent les plus crédibles et sans complexes. Hélas, les jeunes recrues ne se montrent pas tout à fait au niveau, atteintes du syndrome de la transparence, voire de l'invisibilité : Debrah Farentino n'y montre que trop peu de caractère, sinon aucun, au point d'atteindre l'insipide ; idem pour sa comparse de la série "Capitol", Miranda Wilson. Quant à Brian Robbins, future vedette, si je puis dire, de "C.H.U.D. II: Bud the Chud", avant d'entamer une carrière de producteur suce-toutes-boules façon Valls à trois temps et dont le principal titre de gloire reste la série "Smallville", il ne se démarque pas plus. Seule Pamela Bellwood, déjà plus affutée et rescapée d'"Un tueur dans la foule" et de "Les naufragés du 747", se sort honorablement des compositions limite catastrophiques de la jeunesse.

 

 

Cellar Dweller est, soit, un film moyen du point de vue de sa réalisation, mais il n'en demeure pas moins un bel hommage aux EC comics. Une petite chose sympathique de par son espièglerie, sa volonté de rester fidèle à l'esprit des Creepy et autres Eery et qui, somme toute, n'est pas loin de faire partie du haut du panier des productions de la Empire Pictures. John Carl Buechler avait d'ailleurs débuté sa collaboration pour Charles Band en réalisant l'un des segments de l'anthologie "Ragewar" en 1984, aux côtés de David Allen (Puppet Master II), Peter Manoogian ("Decapitron", "Demonic Toys"...) ou Ted Nicolaou ("TerrorVision"). Sa force et sa faiblesse sont issues de la même source et en font à la fois une œuvre d'une modestie appréciable mais pâtissant a contrario d'un manque d'ambition. Celler Dweller existe avant tout en rendant hommage, en clignant de l’œil et en pratiquant la citation. Il est extrêmement généreux de ce point de vue et l'on y croisera, en vrac, les posters de "Re-Animator", de Troll ou de "Ghost Town", un numéro de Fangoria posé sur une table et laissant apparaître des photos de Vendredi 13, chapitre 7: Un nouveau défi, ainsi même que la partition signée Carl Dante et composée pour "The Occultist", tourné la même année par le producteur-réalisateur Tim Kincaid ("Breeders", "Robot Holocaust", Necropolis...).

Bref, gavé de références, Cellar Dweller est à voir comme appartenant à une famille bien précise, celle de Charles Band, mais aussi comme le généreux garant de toute une sous-culture qui mérite qu'on lui rende ainsi hommage. Pour finir, il convient de mentionner la présence du chef-opérateur Sergio Salvatti, célèbre pour ses heureuses collaborations avec Lucio Fulci avant d'amorcer une sorte de reconversion au sein de la Empire International Pictures ("Fou à tuer", "Catacombs", Puppet Master...).

 

 

Mallox



En rapport avec le film :


# Il a été dessiné exprès pour le film deux couvertures portant son titre, dans l'esprit de celles des Weird Tiki Comics, et censées être les ouvrages déclenchant l'apparition du démon.

 

 

# Le numéro de Fangoria rendant hommage à "Cellar Dweller" tandis que ce dernier en cite un autre numéro :

 

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