Aventuriers de la 4e dimension, Les
Titre original: My Science Project
Genre: Science fiction , Comédie , Fantastique
Année: 1985
Pays d'origine: États-Unis
Réalisateur: Jonathan R. Betuel
Casting:
John Stockwell, Danielle Von Zerneck, Fisher Stevens, Richard Masure, Dennis Hopper, Barry Corbin, Ann Wedgeworth...
 

Deux amis lycéens, Michael Harlan et Vince Latello n'ont que deux semaines pour élaborer un projet scientifique en vue d'obtenir leur diplôme. Alors que l'échéance approche à grands pas, Michael organise une visite dans un dépotoir de l'armée de l'air américaine et découvre un mystérieux engin ayant la capacité de provoquer une distorsion spatio-temporelle. Michael et ses amis vont dès lors essayer de stopper le maudit appareil... en combattant des hommes de Neandertal, des mutants, des gladiateurs, une reine égyptienne, des soldats vietnamiens ainsi qu'un tyrannosaure !

 

 

Dans les années 80, en plein néolibéralisme reaganien, la mode est aux films d'action réactionnaires ("L'Aube Rouge", "Rambo 2", "Portés Disparus", Le Justicier de New York, ...) et aux slashers puritains (Vendredi 13, "Carnage", Le Bal de l'horreur, Rosemary's Killer, Meurtres à la Saint Valentin, ...). Mais la comédie fantastique décomplexée n'est pas en reste et rencontre ses premiers gros succès. "SOS Fantômes" et surtout "Gremlins" (véritable film prototype du genre) entraînent une vague de films dont les plus connus (et prestigieux) sont probablement "Retour vers le Futur" et "Les Goonies". Il ne faut cependant pas oublier que des œuvres empreintes de mauvais goût assumé, voire totalement régressives comme Une Créature de rêve, apportent leur (modeste) contribution à ce succès. Les Aventuriers de la 4e dimension fait partie de ces films potaches, dignes héritiers des "Porky's", qui tentent de profiter de l'engouement pour le genre. Pas de chance pour Les Aventuriers de la 4e dimension, celui-ci se vautre lamentablement au box-office !

 

 

John Stockwell appartient au vivier d'acteurs qui apparaissent alors (Michael Paré, Ken Wahl, ...) mais dont la petite notoriété acquise ne perdurera guère. À l'époque, on peut le voir dans "Christine", "Campus", "Top Gun", "City Limits", "Radioactive Dream". Dans les années 90 on le retrouve aussi au générique de La Nurse ou de "Nixon", mais c'est comme réalisateur que Stockwell se fait remarquer : amateur de plongée, il se spécialise dès lors dans le film d'aventures en décors exotiques avec successivement "Blue Crush" (2002) et ses surfeuses baraquées, "Into the Blue" (2005), sorte de chasse au trésor aquatique avec le regretté Paul Walker, "Turistas" (2006), cauchemar sur pellicule dans lequel des touristes servent de donneurs d'organes non consentants, puis "Dark Tide" (2010), film quelconque mettant en scène l'aérodynamique Halle Berry et un pathétique requin.

Qui se rappelle de Danielle von Zerneck, blonde lambda, qui tente une carrière comme actrice (et comme vedette de la série "General Hospital") avant de passer avec plus de succès à la production ? En revanche, le stakhanoviste Fisher Steven peut se targuer d'une belle carrière en tant qu'acteur (théâtre, cinéma et télévision) mais aussi comme scénariste, réalisateur (films, documentaires, vidéoclips et publicités) et musicien (l'homme est harmoniciste).

 

 

À cette époque, Dennis Hopper est déjà fort d'une belle carrière avec, derrière lui, des classiques avec notamment son ami James Dean à qui il donne la réplique dans "La Fureur de vivre" (1955) et "Géant" (1956). Il est apparu également dans "Règlements de comptes à O.K. Corral" (1957), "Johnny Guitar" (1954) et bien d'autres films de légende, avant que son sale caractère l'éloigne des plateaux et qu'il ne survive uniquement grâce à la télévision ("Bonanza", "La quatrième dimension", "Gunsmoke", "Rawhide"). Grande gueule, paillard notoire, consommateur d'alcool et de drogues, il doit se contenter longtemps de jouer les seconds couteaux (voire les troisième ou quatrième) sur des films comme "Pendez- les haut et court", "100 dollars pour un Shérif". Mais vient entre-temps son moment de gloire lorsqu'il réalise, avec Peter Fonda, "Easy Rider" (1969), succès surprise dont l'acteur ne se remet ensuite pas tout à fait... On le retrouve même nu et amnésique sur une plage du Mexique, déboire de trop qui lui fait décider de mettre enfin un terme à son addiction. Au milieu des années 80, il tente un retour difficile avec des titres comme "The Osterman Week-end", ce Les Aventuriers de la 4e dimension qui nous préoccupe, "American Way", Massacre à la tronçonneuse 2 ainsi que "Blue Velvet" que réalise David Lynch et qui le réhabilite auprès de Hollywood et de la profession. En 1988, il repasse derrière la caméra et réalise "Colors", qui relance sa carrière jusqu'à sa mort en 2010.


Dans des petits rôles on retrouve aussi l'excellent Richard Masur ("The Thing"), le pain de sucre Michael Berryman ("Amazonia la jungle blanche", La Colline a des yeux), l'androgyne Pamela Springsteen (sœur du Boss et vedette de Sleepaway Camp II & III), Al Leong (second rôle et cascadeur – "L'Arme Fatale", "Piège de Cristal", "Jack Burton") ainsi que Dawna Lee Heisling ("Robowoman", "Samurai Cop 2"," Nemesis 5"), actrice, miss, modèle et, accessoirement, blondasse customisée à la mode californienne.

 

 

Touchstone Pictures est un label créé à la base pour remplacer le nom de Walt Disney sur certains films pour une audience plus mature ; les adolescents ou les jeunes adultes (public lui-même classifié PG ou Restricted). La comédie SF de Jonathan R. Betuel avec son script potache, spectaculaire mais sans prétention était donc le projet idéal pour ce nouveau label. Malheureusement, le studio semble avoir généreusement charcuté la pellicule. On devait à l'origine apercevoir un extraterrestre dans le préambule (dessiné par Ron Cobb), tandis que le générique final nous montre aussi pas mal de scènes de comédie absentes du film qu'on vient de voir !
Bien avant que cela ne devienne la mode, Betuel signe pourtant un vrai film de geek, bourré de références aussi multiples que variées ("Star Wars", "Easy Rider", ...), notamment à cette sous-culture alors en plein essor à la télévision (Internet n'est encore que local). Nous sommes encore en pleine ère des séries diffusées à tire-larigot sur toutes les chaînes américaines et les protagonistes du film (le personnage de Fisher Stevens en premier lieu) n'arrête pas de citer, en vrac, "Star Trek" (l'épisode "The Doomsday Machine"), "Kojak", "Magnum" ou encore "Mannix".

 

Ce genre de production aura par la suite un rôle prépondérant dans le développement des studios de SFX de l'époque, et certaines productions n'hésiteront plus à faire appel à plusieurs d'entre eux en même temps. À ce sujet encore, signalons que le travail effectué sur My Science Project est remarquable : la scène du tyrannosaure demeure une référence dans le domaine de l'animation "live" et ne se fera pas détrôner avant un certain "Jurassic Park". La bête du film est une marionnette grandeur nature réalisée par Doug Beswixks, spécialiste en la matière ("Hurlement", "Terminator", "Aliens") et plus encore en stop motion. Le générique fait défiler les noms de techniciens réputés comme ceux de Alan Howard (collaborateur de John Carpenter), Rick Baker ("Le Loup-garou de Londres") ou Ron Cobb (Alien, Conan) en plus de la firme Apogee, dirigée par John Dykstra.

 

 

Jonathan R. Betuel peut se vanter d'avoir écrit, produit et réalisé deux films complètement décalés : My Science Project et "Theodore Rex". Deux superbes échecs financiers qui n'ont pas trouvé leur public, les condamnant ainsi à l'oubli. Aucun engouement n'est semble-t-il apparu au cours du temps pour réhabiliter l'œuvre de Jonathan qui n'en méritait pas tant, ou si peu.
Le seul aspect positif est que le film est depuis resté dans le catalogue du studio Disney, lequel compte une belle série de succès, mais aussi de joyeux naufrages. Certains ont, le temps passant, acquis un statut un peu culte, c'est le cas de "Tron", "Le Trou Noir", "Le Dragon du lac de feu" ou "Condorman", mais qui se souvient encore de "La Foire des Ténèbres", "Un Homme parmi les loups" ou "The Wiz", nouvelle version du magicien d'Oz ?

Pour ma part, j'ai découvert ce film dans ma période "Vidéoclub", après avoir été aguiché par de superbes photos dans la revue l'Écran Fantastique, et le souvenir que j'en gardais était bon. L'ayant donc revu récemment, pour le plaisir et pour vous en rendre compte, malgré une impression de déjà-vu, les effets tiennent toujours la route. Les Aventuriers de la 4e dimension n'est certes pas une réussite totale et nombre de ses sous-intrigues sont inutiles, mais il n'est pas interdit de se délecter du spectacle d'un Dennis Hopper en roue libre (sans substance illicite s'il vous plaît !) et d'être touché par l'incroyable générosité d'un réalisateur qui ne se prend pas le chou et n'y va pas par quatre chemins multidirectionnels.
"That's Entertainment!" American Rules !

 

 

 

The Omega Man

Vote:
 
0/10 ( 0 Votes )
Clics: 302
0
Écrire un commentaire pour ce film Écrire un commentaire pour ce film
Les utilisateurs non-enregistrés ne peuvent pas poster des commentaires. Veuillez vous enregistrer...

Autres films Au hasard...