Eva Man
Titre original: Due sessi in uno
Genre: Porno , Comédie
Année: 1980
Pays d'origine: Italie
Réalisateur: Antonio D'Agostino
Casting:
Eva Robbins, Ajita Wilson, Ramon Centenero, Fabian Conde, Sara Mora, Annj Goren...
Aka: Ambi Sex / Evaman la maquina del amor
 

Un scientifique a conçu un stimulateur capable d'augmenter la vigueur sexuelle et d'accentuer la capacité de jouissance. Cet appareil, nommé sexmaker, se place dans le pénis. Curieusement, le choix de la personne chargée de tester l'invention s'est portée… sur une femme ! En l'occurrence sur Eva, une jolie brune qui travaille dans une agence de détectives en association avec Freddy, son petit ami. Ce dernier doit partir en Espagne pour affaires et ne sait pas que sa copine s'est fait greffer un sexe d'homme plus performant que le sien. En tous cas, s'il est une femme qui est heureuse de cette transformation, c'est Ajita, qui s'est portée volontaire afin que le professeur se rende compte si le sexmaker fait atteindre l'orgasme aux femmes et aux hommes avec la même intensité.
Apparemment oui, l'appareil est une petite merveille de technologie, qui plus est c'est la première étape avant l'étude d'un stimulateur encore plus perfectionné à énergie atomique. Malheureusement, des gens mal intentionnés ont eu vent de cette invention, et un malfrat souffrant d'impuissance s'est mis en tête de dérober le sexmaker afin de se le faire greffer, et redevenir l'amant exceptionnel qu'il était dans le passé. Ce projet déplait fortement à sa maîtresse, qui convole joyeusement avec le secrétaire et bras droit du mafieux, Terry. Celui-ci envisage donc de doubler son patron, en enlevant Eva pour lui retirer le sexmaker, puis vendre l'invention au plus offrant dans un pays étranger.
C'est ainsi qu'Eva finit par être kidnappée, et conduite dans un entrepôt.

 

 

"Eva Man" est un porno soft qui ne paraît avoir été conçu que pour réunir deux stars présentant une particularité : Eva Robbins qui est un hermaphrodite (cf la chronique de "Ténèbres" pour plus de détails), et Ajita Wilson en qualité de transsexuel. Sur de telles bases, on aurait pu craindre une œuvre racoleuse, sinon graveleuse, mais en fait il n'en est rien. Le film lorgne ouvertement vers la sexy-comédie, avec les ingrédients propres à ce genre : gags bien lourds (mais faisant mouche de temps à autres), actrices jolies et dévêtues la plupart du temps, et un casting masculin en majorité composé d'incapables et d'abrutis. On rajoute une composante fantastique purement théorique, (le sexmaker est en fait l'appareil génital d'Eva Robbins), et une note musicale disco reflétant l'époque du tournage. Pour un peu, on s'attendrait à voir débarquer Amanda Lear au milieu du film !
La sauce prend dans l'ensemble, même si les rares scènes pornographiques s'avèrent insipides, et du coup presque inutiles. Ajita Wilson et Eva Robbins se cantonnent dans le soft, et il faut se tourner vers Annj Goren (qui tourne à cette période dans les X de Joe D'Amato : "Hard Sensation", "Sesso Nero", "Porno Exotic Love"). Ici dans le rôle de Christine, la soubrette, elle a donc droit à un traitement de faveur. Kidnappée par erreur à la place d'Eva par deux bandits ringards, elle est violée dans leur voiture avant d'être ramenée chez elle. En fait, violée n'est pas le terme exact, quand on connaît le tempérament du personnage. Cela nous vaut une scène cocasse où le duo de loosers, ne pouvant plus attendre, gare le véhicule et se jette sur la victime. Un flic passe, regarde la scène, et dresse une contravention pour… stationnement gênant. "En plus vous avez les portes ouvertes, ça gêne la circulation", se justifie-t-il, alors qu'on est au beau milieu de la nuit et qu'il n'y a pas un pékin dehors !

 

 

Bon, ça ne vole pas très haut, dans l'ensemble, mais le ton est volontairement au n'importe quoi. Comme lorsque Terry, face à Eva ligotée, ne trouve qu'une hache comme solution pour récupérer le sexmaker. Et puis, il y a le gadget ultime que le scientifique a fabriqué pour son (sa) patient(e) : une bague avec commande électronique qui dirige le sexmaker à distance. La bague peut se positionner sur trois fréquences différenciées par des couleurs :
Blanc, la zone neutre, rien ne se produit. Bleu, Eva est une femme. Et rouge, Eva est un homme. Cela se traduit de façon hormonale, et le fait qu'Eva parvienne à manipuler sa bague alors qu'elle est attachée la permet de se libérer, de faire quelques passes ridicules de karaté, et mettre les bandits hors d'état de nuire.
Après, tout le monde saute à poil dans la piscine, et… DISCO !!! A ce propos, la musique n'a pas été composée par le premier inconnu, puisque c'est Alessandro Alessandroni qui s'y est collé, celui-là même à qui l'on doit les partitions de "La Nuit des Pétrifiés" et "L'Etrangleur de Vienne".
Quant au réalisateur, Antonio D'Agostino, il est l'auteur d'un premier film pour le moins singulier, "La Cérémonie des Sens", chroniqué sur ce forum. Par la suite, il se spécialisera dans le porno, parfois avec humour ("Bathman dal pianeta Eros"), mais souvent sans talent, dans des films où l'on retrouve régulièrement Karin Schubert et Marina Hedman.
Niveau casting, "Eva Man" n'aurait pas le moindre intérêt sans le duo de choc campé par Eva Robbins et Ajita Wilson, dont la bonne humeur est communicative. Notons quand même la présence de Ramon Centenero, visible dans "Human Beasts" et "Night of the Werewolf" de Paul Naschy. Encore un film avec des poils, en quelque sorte.

 

 

Note : 6/10

Flint
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