Meilleur des mondes, Le
Titre original: Brave New World
Genre: Dystopie , Anticipation , Classiques
Année: 1932
Pays d'origine: Angleterre
Editeur: Press Pocket
Auteur: Aldous Huxley
Traducteur:
Jules Castier
 

Imaginez une société où, dès votre naissance, vous savez ce qu'il adviendra de vous, vous saurez d'avance ce que sera votre vie. Il n'y a pas de chômage, on ne vieillit pas vraiment et même quand on meurt, on est encore jeune. On ne s'ennuie pas à se poser des questions quant à l'amour, au pourquoi et au comment, on peut voyager, pas partout mais presque, on fait l'amour mais pas de bébés donc pas besoin de s'ennuyer avec des problèmes d'éducations, de couche culotte etc... Si vous allez mal, un petit coup de déprime, car même dans le meilleur des mondes possibles ça arrive, un petit cachet de soma et voilà ...
Un monde parfait, rendu possible grâce à l'utilisation contrôlée de la génétique, grâce à des techniques de conditionnement et grâce à une religion, le Fordisme, c'est-à -dire le travail à la chaîne et le capitalisme.
Je vais en choquer plus d'un si je dis que je trouve que ce système propose quand même des avantages et que tout n'est pas mauvais. Après tout, ce n'est pas vraiment le fascisme, c'est juste toute une population mondiale tenue dans l'obscurantisme, la non connaissance. Et si le savoir nous rendait malheureux ?
Huxley démontre pourtant que ce système n'est pas bon et c'est là que ça se gâte. Car les arguments d'Huxley sont simples, le mythe du bon sauvage fait ici son apparition, lorsqu'un certain Bernard s'en va visiter une réserve, on notera ici l'allusion aux indiens d'Amériques, et qu'il découvre ces brave "sauvageons" qui après tout ne vivent pas si mal. Ils sont quand même bien gentils, ils sont libres d'avoir des enfants et les femmes accouchent dans la douleur. Car il faut vous le dire, dans le monde d'où vient Bernard, les femmes ne sont pas mère et n'accouchent pas, ce sont les généticiens qui s'occupent de tout cela.

Ce mythe du bon sauvage est pour moi un véritable problème dans l'oeuvre d'Huxley, et je n'arrive pas à savoir si cela vient du fait que le livre a mal vieilli ou bien si c'est tout simplement que les arguments qu'emploie l'auteur sont niais. Niais, ce sauvage ramené à la "ville", niaises ses réactions qui sont celles d'un enfant, un peu niais ce livre. Pour qui connaît un peu Rousseau, il y a un peu de cette philosophie dans Le meilleur des mondes. On est bons, dès notre naissance, c'est la société qui va nous corrompre. C'est bien de vieillir, de devenir laid et c'est bien d'avoir des peines de coeur, ça te fait un homme comme dirait l'autre.
Les idées d'Huxley sont celles du siècle des lumières, comme "le meilleur des mondes" est une formule de Protagoras dans le Candide de Voltaire. Candide, tiens voilà un mot qui collerait parfaitement à ce livre. Oui, on le sait, la société est dégueulasse et par la même corrompt l'Homme et si vous y rajoutiez des "néo-technologies" tel que la génétique poussée dans ses plus hauts retranchements, vous obtiendriez une société qui doit avoir la même odeur que les couloirs d'un hôpital. Mais je crois qu'à l'heure actuelle, nous nous devons de tempérer le propos d'Huxley. Le clonage tel qu'il le voyait est aujourd'hui possible et pourtant il n'a pas encore vraiment eu lieu. Par contre la thérapie génique, pour simplifier le moyen de soigner des cancers par exemple par l'utilisation de la génétique, a bien lieu. Par contre la télé, l'Internet et toute les technologies de communication sont un problème et tendent, peut-être pas à abêtir l'homme, mais pourraient l'entraîner dans une mauvaise direction. Qui maîtrise le flux des communications, maîtrise le monde.
Bref, nous nous éloignons ici du Meilleur des mondes, mais le Meilleur des mondes est aussi éloigné de nous. On comprend où Huxley veut en venir mais je trouve que ses arguments ne font pas poids et que l'histoire devient presque ennuyeuse à lire.
Il faut pourtant lire ce livre, le découvrir jeune si possible, le lire une fois et savoir ce qu'il en est. Car Huxley est loin d'être un mauvais écrivain, il se permet même des prouesses originales comme quand ces dialogues s'entrecroisent, quand le livre alors se brouille comme des ondes radiophoniques parasitées.
Je pense donc pour conclure que c'est un livre simple, comme les contes philosophiques de Voltaire, qu'il est même bon de le lire, que c'est un classique mais que ce n'est pas raffiné du tout et que si plus jeune ce livre m'avait surpris et fasciné ce n'est plus du tout le cas aujourd'hui, même si je reconnais dans Le meilleur des mondes un ouvrage important de la science-fiction. Je ne saurais que conseiller sa lecture et surtout, conseiller une autre oeuvre de Huxley, au combien plus fascinante : Les portes de la perception, expérimentation du LSD et découverte de Bouddhisme, vague résurgence de la beat generation et juste un peu moins niais que Le meilleur des mondes.

Note : 6,5/10

Le Cimmerien

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