Rats, Les - L'intégrale
Titre original: The Rats
Genre: Horreur , Gore
Année: 2008
Pays d'origine: Angleterre
Editeur: Bragelonne
Collection: l'Ombre
Auteur: James Herbert
 

L'histoire est bien connue. De gentilles petites bêtes qui ne demandaient rien à personne, un sale type et des expériences qui font d'inoffensifs animaux des mutants tueurs. Jusqu'ici rien d'original si ce n'est le talent d'un auteur, James Herbert. L'intégrale de la Trilogie des Rats publiée par Bragelonne fait plus de six cents pages. Il y a de quoi effrayer n'importe quel lecteur ! Comment écrire trois romans avec ce même scénario : l'attaque de rats plus gros et plus féroces que nature ? Pourtant, James Herbert arrive à nous tenir en haleine d'un bout à l'autre, même si je ne conseille pas, malgré tout, de lire d'une seule traite cette trilogie.
Le premier roman, simplement intitulé Les rats, montre l'invasion de Londres par ces infâmes bêtes. Et dès les premières pages, c'est tout le talent de l'auteur qui fascine d'entrée de jeu. James Herbert nous décrit en quelques pages saisissantes l'itinéraire d'un homme qui a perdu son travail et qui est devenu SDF. Vue l'importance des détails, vu le ton formidable de la description, on croit tenir là notre héro, on est déjà attaché à ce personnage si paumé qui cherche juste un coin où dormir mais voilà , il n'était là que pour présenter les rats et leur sanglante attaque. Toute la force des romans de James Herbert est là : toujours placer l'Homme au centre de son oeuvre, les rats montrant la plupart du temps la faiblesse ou bien les travers des humains. Je crois que l'attaque d'une rame entière de métro restera pour moi un des plus grands moment de littérature horrifique. James Herbert utilise pour construire son récit la même stratégie : descriptions par touches de divers protagonistes qu'en quelques pages, il arrive à rendre passionnant et attachant, mais face à eux, des créatures sans noms qui attaquent par hordes... Le mal peut nous saisir partout. James Herbert nous plonge en plein coeur de l'action et de l'horreur. Sanglant, ce premier tome l'est assurément mais la suite l'est encore plus !

Effectivement, après avoir lu ça, on pourrait se dire que dès ce premier tome tout a été dit. Mais encore une fois, le romancier nous surprend et montre tout son talent. On croyait avoir tout vu. Comme Graham Masterton et sa quadrilogie du Manitou, James Herbert cherche d'un roman à l'autre à toujours aller plus loin. Mais là où Masterton se perd souvent dans le gore pour le gore, Herbert, lui, tient son propos et son sujet. Ce second tome se passe en majeure partie dans une paisible forêt où une population de fermiers et de scientifiques cohabitent, heureux de faire découvrir à des enfants ébahis les mystères de la nature. Mais voilà , tapie, la menace rôde et certains passages, l'attaque entière d'un village entre autres, sont d'une rare violence. Mais dans ce roman James Herbert n'oublie pas le principal, un propos et des personnages. Encore une fois, les rats sont une menace presque invisible, on leur devine une organisation, une certaine intelligence, mais ils sont une menace silencieuse, un des aspects de la nature prêt à se réveiller à chaque instant et bien sûr, comme dans toute bonne suite, on a pas retenu les expériences précédentes et l'invasion de Londres et puis ce centre de découverte de la nature est si lucratif... L'homme corrompt tout, tel semble être le message, certes un message facile, mais dit par James Herbert, on tient un très bon roman où se mélangent horreur et suspens même si le Repaire des Rats est à mon avis le moins bon de la trilogie... Attention les rats tombent des arbres, vous mangent le crâne mais ce n'est pas fini. Le pire reste à venir et le pire, c'est l'homme...
L'Empire des Rats fait partie des livres les plus violents, les plus viscéraux qu'il m'est été donné de lire. On marche sur des cadavres, on voit des corps pourrir, on échappe à un viol, on s'entretue etc... etc... Pourquoi ? Ils s'en allaient tranquilles, certains au travail, d'autres à l'école. Ils pensaient à ce qu'ils allaient faire dans leur journée, à la femme ou au mari qu'ils allaient retrouver le soir. Pourtant ils ne devaient, pour la plupart, ne jamais les revoir. Un fou a décidé d'appuyer sur le bouton rouge et un souffle destructeur rase Londres. Dans ce roman, dernier de la trilogie, James Herbert prend les rats comme prétexte mais le vrai thème, c'est la survie dans un monde post nucléaire, l'un des seuls post nuc qu'il m'est été donné de lire à ce jour. Le romancier évite avec subtilité le thème politique qui pourrait se dégager d'une telle histoire et l'on sait à peine qui à déclenché tout cela. Mais la question est : comment survivre quand l'homme est un rat pour l'homme ?
Aucun détail ne nous est épargné et le roman se veut volontairement violent et certains passages sont pour moi insoutenables et extrêmement gores. Comme "creuser" un tunnel à travers un amas de cadavre dans lequel se trouvent des enfants. Plus que les rats, c'est toute l'absurdité humaine qui saute aux yeux et qui est le principal moteur du roman. L'Empire des Rats - on comprend d'ailleurs vite que les rats sont les hommes - est un roman intense où tout le talent de James Herbert est exploité au maximum : un sens de la description, de la tension psychologique et cette notion d'écriture des personnages qui semblent être la marque de fabrique du romancier.
J'ai découvert James Herbert grâce au Le Secret de Crickley Hall, un livre parlant de fantômes, un roman habité et sombre, digne des meilleurs scénarii de films d'horreur. Je trouve ici James Herbert dans un nouveau registre et malgré quelques longueurs, je retrouve l'intelligence du propos et surtout je vois ce romancier que j'aime tant travailler sur un nouveau domaine, le sanglant, le gore. Mais attention, il ne faut pas ramener la trilogie des rats à cela uniquement... L'auteur n'a peur de rien et surtout ne recule devant rien pour dénoncer le genre humain. Et étrangement, même si les attaques des rats sont spectaculaires, c'est bien l'homme qui est au centre des romans et c'est ce qui rend cette trilogie si inintéressante et si prenante...
Alors voilà , c'est sorti chez Bragelonne et grâce à cet éditeur je découvre un auteur qui rejoint mon panthéon personnel et que je place à côté de King, Masterton ou bien Koontz. Une bien belle découverte !

Note : 8,5/10

Le Cimmerien

 

A propos de ce livre:

 

- Site de l'éditeur: http://www.bragelonne.fr/ 

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