Contes du cimetière, Les - Gobelins, fantômes et esprits
Titre original: The Orchard Book of Goblins, Ghouls and Ghosts, and other magical stories
Genre: Livres Illustrés , Littérature Jeunesse , Contes et Légendes
Année: 2007
Pays d'origine: Angleterre
Editeur: Gautier – Languereau
Auteur: Martin Wadell
Traducteur:
Françoise Varillon
Illustrateur: Tony Ross
 

Il est de ces livres qui vous sont comme destinés : vous chinez dans une librairie, sans trop savoir ce que vous cherchez, guettant une bonne occasion, quand tout à coup, voilà que votre œil est accroché par une couleur, une texture ou un mot. Et là, bien souvent, c’est LA rencontre ! Voilà comment j’ai découvert ce recueil de contes… En l'occurrence, c’est « cimetière » qui m’a fait les yeux doux… Alors vous pourriez penser que c’est un peu morbide d’avoir le cerveau attiré par le mot « cimetière »  et vous auriez sans doute raison… Mais je suis de nature curieuse et j’avoue que de voir ce nom commun parmi les contes pour enfants a plus que titillé mon attention. Et lorsqu’en plus, en extirpant le livre de son rayonnage et en regardant la couverture, je m’aperçois que c’est Tony Ross qui est à l’œuvre alors mon cœur d’enfant bondit et là je me dis : « Ouh celui-là ma grande, il est fait pour toi ! » Pour plus d’explications, Tony Ross est un des illustrateurs qui a bercé mon enfance, avec le mythique « Je veux mon p’tit pot ! ». Retrouver ses dessins à la Quentin Blake dans recueil de contes de fantômes était inespéré et j’eus l’agréable sensation de revenir à mes toutes jeunes années en dévorant cet ouvrage. (Je découvris plus tard en faisant des recherches sur Martin Waddell, qu’il était l’auteur de la série des Petit Ours (« Tu ne dors pas Petit Ours ? », « Il faut rentrer Petit Ours »), série que je suivais assidûment à cette même période de ma vie)

Vous aurez donc compris que ce livre a une valeur affective pour moi… Mais en dehors de cela, c’est une vrai réussite ! Les contes narrés par Martin Waddell sont issus du folklore celte et l’on y retrouve toute la magie inhérente à cette culture, depuis longtemps passée maîtresse dans l’art de raconter les histoires.
Si le titre peut laisser penser à quelque chose de macabre, il n’en est rien. Au contraire, le recueil est très varié. Alors bien sûr, il est constitué en majorité d’histoires qui font peur, peuplées de méchants gobelins et d’esprits farceurs. Mais on y trouve aussi quelques bons génies et même des histoires d’amour qui se terminent plus ou moins bien. Le trait simple mais expressif de Tony Ross illustre à merveille la plume parfois drôle mais toujours touchante de Martin Waddell. Ainsi, les deux compères nous entraînent tantôt en Irlande, tantôt au Pays de Galles, traversant landes, collines et lacs, à la rencontre de personnages rusés, affreux ou tristes, selon les contes. On compatit alors avec le Fantôme de Porlock qui erre sans parvenir à ses fins ; on se réjouit avec les Quinn de leurs retrouvailles avec Tom Coquin ; on pleure avec Aénor la perte de son Fanch ; et on se ravit avec Petit Pat de l’arrivée de Jouan le Froid chez Mériadec le Mauvais. Vous l’aurez donc compris, il y en a pour tous les goûts !
Je suppose qu’il s’agit à la base d’un livre pour enfants mais franchement, les adultes peuvent aussi se régaler, pour peu que vous ayez le goût des contes et des créatures étranges qui peuplent le folklore celte. En tout cas, je ne sais pas si on aurait pu trouver meilleurs narrateurs que Martin Wandell et Tony Ross car tous deux réunis nous offrent les meilleurs ingrédients qui font de bons contes : une touche d’espièglerie, une bonne dose d’émotions diverses et variées, une grosse pincée d’humour et un soupçon d’effroi pour relever le tout !
Pour terminer cette chronique, je m’en vais vous conter une des histoires de ce fabuleux recueil (ma préférée forcément…)

Le fantôme du bois des Goules:
Petit Mathurin se promenait tout seul à minuit dans le bois des Goules. La nuit était d’un noir d’encre, car il n’y avait ni lune ni étoiles pour faire un peu de lumière.
Le fantôme du bois des Goules jaillit de l’obscurité et se dressa devant Petit Mathurin pour lui bloquer le chemin. C’était une horrible créature avec des yeux d’un rouge brûlant et de longs cheveux gras qui descendaient en maigres filaments jusqu’à ses genoux cagneux. Les ongles de ses doigts se retournaient comme des hameçons. Des gouttes de sang suintèrent de ses lèvres violettes lorsqu’il grimaça en direction de Petit Mathurin, dénudant ses crocs pointus.
« Je je n’ai p-p-pas p-peur de v-vous, bégaya Petit Mathurin.
- Eh bien, tu devrais, Petit Mathurin », répliqua la chose.
Et elle le mangea.


Excellente lecture !

 

Note : 10/10

 

La Dame à la Licorne

 

A propos de ce livre :


- Site de l'éditeur : http://www.gautier-languereau.fr

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